Publié dans Politique

Hery Vaovaon’i Madagasikara - Un petit tour et puis s’en va

Publié le mardi, 13 août 2019

Il est sans doute le parti le plus éphémère que le pays ait jamais connu. Il a disparu des écrans radar aussi subitement qu’il est apparu, comme s’il n’avait jamais existé. Il, c’est l’ex-parti présidentiel « Hery Vaovaon’i Madagasikara » (HVM), dont on se demande à l’heure actuelle où sont passés ceux qui, il y a peu encore, étaient fiers d’en arborer la fameuse cravate bleue en signe de puissance.

 

C’était peu avant l’élection présidentielle de 2013 que l’on a entendu parler pour la première fois du HVM. Beaucoup croyaient à l’époque qu’il ne s’agissait que d’une structure mise sur pied pour les besoins de la propagande électorale du candidat Hery Rajaonarimampianina. A ce moment en effet, nul n’ignorait que ce dernier était soutenu par le MAPAR, en étant le candidat de substitution de Andry Rajoelina qui était empêché de se présenter par le concept « ni…ni » imposé par la communauté internationale. C’était d’ailleurs grâce à la casaque Orange -  et nullement à la cravate bleue -  que le candidat N°3 d’alors a pu renverser la vapeur au second tour de cette élection, face à un Jean-Louis Robinson crédité de 21,10% au premier round (contre 15,93%).

Le HVM était également absent lors de ce qui étaient les premières  législatives de la Quatrième République, lesquelles se sont tenues  simultanément avec la présidentielle. Comme on l’a dit plus haut, créée au pied levé pour servir de structure de base à la campagne de Hery Rajaonarimampianina, cette entité n’a aligné aucun candidat lors de la course aux sièges de l’Assemblée nationale. C’était donc dans l’ordre normal des choses que, aux premières sessions de  la Chambre basse, le HVM soit un parfait inconnu dans les registres cette dernière. Ce qui n’était pas le cas du MAPAR qui, en sus d’avoir fait élire le candidat N°3, s’est retrouvé être la formation politique totalisant le plus  grand nombre d’élus à Tsimbazaza. C’est dans cette configuration qu’interviendra la nomination du 1er Premier ministre du mandat de Hery Rajaonarimampianina. Et c’est aussi à partir de là que la magie va s’opérer…

« Soavaly be lohalika »

Ne voulant pas se plier aux dispositions de l’article 54 de la Constitution qui octroie au MAPAR la prérogative de proposer le Premier ministre, le HVM œuvra pour créer au sein de l’Assemblée nationale la PMP ou Plateforme pour la Majorité Présidentielle, une coalition recrutant à coups de mallettes auprès des formations politiques représentées à Tsimbazaza, y compris au sein du…MAPAR. Parallèlement, le paysage politique extra-parlementaire se teinta petit à petit en bleu, au point qu’à un moment, le HVM se targua d’être le premier parti politique du pays. Ce qui n’a pas empêché cependant celui qui a prêté son prénom à l’acronyme d’être l’objet de deux sérieuses menaces de destitution parties de la Chambre basse, là-même où il était pourtant détenir une écrasante majorité. La seconde, menée par une coalition de 73 députés, allait sonner le glas pour le HVM. En effet, acculée au pied du mur, la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) ordonna, entre autres, la tenue d’une élection présidentielle anticipée, laquelle se soldera par une défaite humiliante au premier tour du grand manitou du HVM.

C’était déjà bien avant, plus précisément dès que l’ombre de l’élection se profila à l’horizon, que le parti à la cravate bleue commença à donner les signes de son agonie. Bon nombre de ses ténors se sont en effet porté candidats à cette compétition où leur chef de file était pourtant en lice. C’était donc pratiquement en cavalier seul - dans le sens littéral du terme - et sur une monture aux pieds bots (« soavaly be lohalika ») que le Président sortant s’aligna au starting-block. Il n’était guère étonnant, dans ces conditions, s’il fut distancé dès le premier tour  de piste. L’élection législative, tenue 4 mois après le résultat de la présidentielle, confirma la disparition totale du HVM. Aucun candidat n’a en effet voulu présenter sous les couleurs de celui-ci, du jamais vu pour un parti censé être au pouvoir.

A l’heure actuelle, presque toutes les grandes figures de l’ex-parti présidentiel font tout pour disparaître de la mémoire collective. Si certains  ont tout bonnement pris la poudre d’escampette en s’envolant sous d’autres cieux, d’autres se font tout petit afin de ne pas attirer l’attention des allergiques à l’impunité. Comme un célèbre village gaulois cependant, un immeuble de verre situé à Anosikely, avec à sa tête un certain Rivo Rakotovao,  résiste encore et toujours pour essayer d’entretenir la flamme bleue, du moins ce qu’il en reste. Ce, jusqu’à ce que le tsunami d’une révision constitutionnelle ne le balaie pour de bon.

Hery Mampionona 

Fil infos

  • Intervention télévisée du Président Andry Rajoelina - Les dates des examens officiels fixées - Reprise du « Tosika fameno » - Poursuite du confinement dans la Région d'Analamanga
  • Entrées illicites des frontières malagasy - 3 boutres refoulés vers Mayotte
  • Centres de traitement du Covid-19 - Le Mining Business Center, le Palais des sports et le LTPA réquisitionnés
  • Bilan du premier semestre 2020 - Désespoirs et des espoirs !
  • Rapatriement des 193 millions de dollars - L’Etat malagasy sollicite la Banque mondiale
  • Prise en charge des malades du Covid-19 - L’Etat enclenche la vitesse supérieure !
  • Excès de zèle ou abus d’autorité ? - Des barrages tout aussi énervants qu’inutiles
  • Violations des droits de l'homme aux camps de Tindouf - Un organisme de l'ONU établit la responsabilité de l'Etat algérien
  • Etat de santé du Président malagasy - Andry Rajoelina va bien, merci !
  • Esclavagisme moderne, traite des personnes et travail des enfants - « Des pratiques inhumaines à éradiquer », dixit Andry Rajoelina

Editorial

  • Des actes de bravoure mais …
    Les Forces de la défense et de la sécurité impressionnent beaucoup ces derniers temps. L'Armée, à tout seigneur tout honneur, s'implique désormais dans l'œuvre de « pacification » du pays. La récente restructuration de fond touchant directement les trois unités qui la composent et la réorganisation générale des opérations sur terrain ainsi que les nouvelles dotations en appareils et en matériels de guerre sophistiqués propulse l'Armée vers des actes concrets. Dans le Sud et le Moyen-ouest, les soldats de l'Armée de terre et de l'air participent activement aux actions de ratissage des « dahalo » et cela grâce à la mise en œuvre de la Zone rurale prioritaire de sécurité (ZRPS).

A bout portant

AutoDiff