Publié dans Société

Béatification de Lucien Botovasoa - Des pèlerins aux artisans, chacun en tire profit

Publié le vendredi, 20 avril 2018

Lucien Botovasoa est un apôtre de la charité et de la vérité. Il avait vécu dans le village de Vohipeno. Témoin de la souffrance des habitants et de sa patrie durant l’insurrection de 1947, il s’offrait à la mort pour les sauver. En 2017, le Vatican a reconnu son martyr. La cérémonie de béatification de celui-ci s’est tenue dimanche dernier à la place Saint-Benoît, Vohipeno. Une grande messe qui a réuni des centaines milliers de pèlerins… 

 

Le maître Lucien Botovasoa est né en 1908 à Vohipeno, une ville située entre Mananara et Farafangana, dans la côte Sud-est de Madagascar. Il était issu d’une famille chrétienne, l’une des toutes premières chrétiennes malagasy. A l’âge de 14 ans, il avait été baptisé à l’église catholique Notre-Dame de l’Assomption, Vatomasina. Il était l’aîné des neuf enfants de Behandry Joseph et Neviantsoa Philomène. Après avoir étudié dans une école primaire publique, Botovasoa avait poursuivi ses études au collège Saint-Joseph de Fianarantsoa avant de devenir instituteur au collège des Pères de Vohipeno. En 1930, il s’était marié avec Suzanne Soazana, et ils avaient eu 8 enfants. Toute sa vie, il avait renforcé sa foi en Dieu et rêvé de devenir un religieux, et ce, sans ruiner son mariage. Lucien Botovasoa avait alors intégré le groupe des Croisés du Cœur de Jésus à Vohipeno, en août 1935 avant de fonder la première communauté de tertiaires franciscains malagasy. Ainsi, il avait aidé sa femme de devenir membre de  l’association catholique  « Enfants de Marie ». Depuis, il s’était baigné dans la prière. Il jeûnait deux fois la semaine et se levait à minuit pour prier, outre une méditation à l’église. Il était un parfait laïc qui cherchait toujours la perfection supérieure.  Durant la cérémonie de béatification, dimanche dernier, ses quatre enfants encore en vie ainsi que ses sœurs et frères ont été présents. 

« Mon sang… pour la rédemption de ma patrie »

La politique ne lui intéressait pas. Pourtant, à cause de sa cote de popularité et la confiance des habitants en lui, le Parti des déshérités de Madagascar (PADESM) sous la présidence de Marson Robert, avait voulu que Lucien Botovasoa soit candidat à l’élection de l’Assemblée provinciale, en janvier 1947. Son refus avait provoqué la colère de l’administrateur du parti.  Quand l’affaire de 1947 avait été déclenchée, Botovasoa était parmi les 6 personnes membres du PADESM qui avaient été condamnées à mort. Il avait été considéré comme un traître.  Le chef du clan ainsi que sa famille avaient voulu le sauver, mais il avait refusé. Il était prêt à mourir pour sa famille, afin qu’aucun de ses proches ne soit tué. « S’il y a quelqu’un qui doit mourir, je serai le premier », avait-il déclaré. Après avoir confié sa femme et ses enfants à son frère cadet, il était parti. Dans la soirée du 17 avril 1947, vers 22 heures, Lucien Botovasoa avait été décapité au bord du fleuve de Matitanana. Son corps, jeté dans le fleuve, n’a jamais été retrouvé. Ramose Lucien n’a jamais été complice des dirigeants corrompus. 

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Editorial

  • Point de droit
    Aristote (384-322), un philosophe de la Grèce antique, l'auteur de la célèbre pensée « l'homme est un animal politique », dans son exposé thématique sur la vertu, prônait le concept du « juste milieu ». Il invitait toujours l'homme à chercher la médiane entre un « par défaut » et un « excès ».Une philosophie qui avait largement contribué ou influencé à la conception de la pensée occidentale. Une sagesse que le monde de l'Ouest, par la voie du dialogue, tente de prioriser autant que possible. La recherche du consensus marque les progrès dans toute démarche de règlement de conflit. On bannit toute tentative au fanatisme et à l'intégrisme.

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