Publié dans Société

Maison de force de Tsiafahy - L’Etat facilite les évasions

Publié le lundi, 09 octobre 2017

Après l’évasion de11 détenus à Ambatondrazaka, voilà que  5 autres de leurs homologues  ont pu récemment s’échapper de la maison de force de Tsiafahy. Ces derniers ont tous des crimes sur leurs mains.  Sur place justement, les gardes, à propos toujours des évasions du samedi soir, semblaient n’être même pas en mesure de savoir depuis quand ces prisonniers  s’étaient-ils mis justement à l’œuvre dans leur sale besogne. Ce qui paraît incroyable. Pour justification, le responsable de communication de la Direction de l’administration pénitentiaire a argué les problèmes  d’infrastructure .

« L’électricité ne fonctionne que 3 heures durant la journée ou la nuit », a déclaré sans ambages le même responsable.  Et de poursuivre : « Il s’agit d’une mesure de restriction prise par le ministère concerné, faute de budget étant donné que l’alimentation en courant électrique  de la maison de force, est fournie par un groupe ». Qui dit ministère, dit  Etat malagasy ! Quoi qu’il en soit, ce même Etat est donc grandement responsable de ces pénuries ou autres privations en tout genre. Est-il pensable qu’un site si hautement stratégique comme  la prison de Tsiafahy soit privé ainsi d’électricité ?
De son côté, le même service de communication en question,  n’a pas hésité à émettre un doute sur la loyauté des gardes dont la complicité avec les évadés n’est pas à exclure. Malgré tout, l’enquête doit avant tout déterminer la responsabilité des gardes pénitentiaires qui étaient de service au moment des faits. Dans la même foulée, elle doit cerner la provenance du matériel aidant à faire l’excavation et surtout la méthode employée par les prisonniers pour parvenir à leur ultime objectif : la fuite ! « Nous ne pouvons orienter l’enquête pour déterminer  une éventuelle complicité des gardes de service durant la nuit de l’évasion à Tsiafahy sauf si la Direction générale du centre de détention dépose une plainte dans ce sens ! », a-t-on appris auprès de la Gendarmerie, hier.
Aux yeux de l’opinion et même de la Gendarmerie, il est inconcevable qu’on n’ait pu jamais remarquer la moindre anomalie dans la cellule où vivaient les fugitifs. De même, on peine à croire qu’on n’ait jamais entendu des bruits suspects venant de ce même cachot. Comme l’a expliqué le responsable de communication de la Direction de l’administration pénitentiaire, les fugitifs ont pratiqué une excavation de 5 mètres de profondeur depuis leur chambre. Et surtout, ils ont pu faire un véritable boyau sous le sol et qui devait relier la zone située à l’extérieur de la prison. Un véritable exploit de leur part. « L’un des fuyards serait un spécialiste dans le gisement de saphir et aurait donc des connaissances en la matière », déclare le responsable du service de communication de la Direction générale l’administration pénitentiaire. Ce qu’il n’a pas mentionné, c’est que l’ensemble architecturale de cette maison de force est constitué en béton, du moins en partie.
Concernant les  mesures prises, signalons la mobilisation des unités spécialisées des centres de détention comme le fameux Groupe volant d’intervention rapide (Gvir) pour rechercher les fuyards. Même mobilisation du côté de la Gendarmerie.
« Nos éléments n’étaient informés que par une rumeur au marché d’Andoharanofotsy et nous n’avons reçu ces avis de recherche qu’en début de soirée du dimanche », confie-t-on du côté de cette entité. Ce dont la Direction du centre de détention de Tsiafahy a répliqué. « Nous avons alerté la Brigade de gendarmerie la plus proche dès l’instant même où la quintuple évasion a été confirmée », assure-t-on.
Franck Roland

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Editorial

  • Horizon…2019 !
     Emergence, terme fétiche en cette fin de mandat du régime en place. Tellement, les barons aux cravates bleues terminent leur funeste parcours en coulant le pays. On dit qu’un objet émerge quand il remonte en surface et se trouve en contact avec l’air. Pour un homme, entièrement sous l’eau, le terme « émergence » indique pour lui l’idée d’une remontée en surface et lui offre la possibilité de pouvoir respirer l’air. Madagascar, en cinquante-huit ans d’indépendance, sauf la petite parenthèse des années 60, ne cessa de dégringoler. Une descente aux… enfers qu’aucun régime démocratiquement élu n’avait pas pu stopper tout au moins ralentir. En effet, à partir des années 70, le « navire Madagascar » commença à prendre de l’eau. Le comble du malheur, le drame s’aggrave d’année en année. La Deuxième République, le principal tombeur du pays, détruit tout. La dictature rouge de l’Amiral Didier Ratsiraka coula la Grande île. Le régime socialiste…

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