Publié dans Société

Université catholique de Madagascar - Deux nouveaux docteurs Hdr en anthropologie théologique

Publié le dimanche, 23 avril 2017

L’Université catholique de Madagascar (Ucm) sise à Ambatoroka, Antananarivo, compte désormais deux docteurs titulaires du diplôme d’habilitation à diriger des recherches (Hdr), l’équivalent du doctorat d’Etat dans l’ancien système.

Il s’agit du Mgr Marc Ravelonantoandro, recteur du même institut supérieur privé, et du père François Benolo qui y est aussi un enseignant-chercheur. Tous les deux ont présenté vendredi leur dossier de synthèse respectif à l’Ecole doctorale « Cadre de vie, Encrage identitaire, Développement durable et Ethique (Caddethique) de la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l’Université de Toamasina. La réalisation de leurs entreprises intellectuelles a été placée sous la férule de l’éminent Professeur Eugène Régis Mangalaza, une figure bien connue de l’anthropologie philosophique.

Nouvel éclairage

Le travail intitulé « Regards anthropologiques et théologiques de l’humain du "fihavanana" à l’imago dei » du Mgr Marc Ravelonantoandro « s’efforce d’apporter un nouvel éclairage sur la question centrale dans la recherche de signification et de sens de la vie comme de la mort ». Selon son point de vue qui prend appui sur cette problématique, le « fihavanana » malgache s’inscrit dans la démarche d’unité dans la différence où le visible et l’invisible, le sacré et le profane, l’humain et le divin sont finalement les deux dimensions de l’existence. Dans ce sens, il met en exergue l’affirmation du Concile Vatican II disant que la culture est incontournable pour comprendre l’humain. Lors de la soutenance, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique Marie-Monique Rasoazananera a mis rejoint la ville du port pour évaluer le travail en sa qualité d’examinateur au sein du jury composé de  Robert Jaovelo-Dzao (Université d’Antsiranana, président), Pombo Kipoy (Université pontificale urbanienne de Rome, [Italie], rapporteur), Solofo Randrianja (Université de Toamasina, examinateur) et Eugène Régis Mangalaza (Université de Toamasina, examinateur). Les cinq membres du jury sont tous des professeurs titulaires.

Retour mystérieux à la vie

Pour le père François Benolo, le dossier de synthèse qui s’intitule « Les vivants à l’écoute de leurs morts chez les Ntandroy : pour quelle théologie africaine » s’intéresse à la problématique des "lolo mifoha" (« cadavre qui se réveille » ou « nouveau défunt qui sort de son sommeil cadavérique ») en Androy dont il est originaire. Selon son point de vue, « il semble qu’il y ait une interférence entre la thématique de la résurrection du Christ chez les chrétiens et celle de la réviviscence d’un "lolo mifoha" chez les Ntandroy, car dans les deux cas de figure, il est question d’un retour mystérieux à la vie après quelque temps d’existence post-mortem. Mais à regarder de près, il n’en est rien ». « En effet, pour la littérature chrétienne, la résurrection se situe d’emblée dans la positivité lumineuse du déploiement divin. A l’inverse, pour les contes et mythes ntandroy, la reviviscence se situe pour la plupart, dans la terrible négativité d’un destin marqué par la malédiction ancestrale (« hakeo »). Dans ce sens, le Ntandroy converti au christianisme est confronté à deux registres de lecture de la mort et du retour à la vie. Seul un regard de l’intérieur, dans une démarche d’anthropologie et de théologie indigènes, arrive à cerner au plus près et au plus vrai le vécu au quotidien de l’ "être-chrétien" et de l’ "être-ntandroy" ».

Prémices

Le jury ayant apprécié sa production scientifique a été composé de : Robert Jaovelo-Dzao (Université d’Antsiranana, président), Pombo Kipoy (Université pontificale urbanienne de Rome [Italie], rapporteur), Edouard Mara (Université de Toliara, examinateur), Solofo Randrianja (Université de Toamasina, examinateur) et Eugène Régis Mangalaza (Université de Toamasina, examinateur). Autant de professeurs titulaires aussi. Les recherches menées par les désormais docteurs Hdr de l’Ucm se déploient dans le champ de l’ethnophilosophie, option « ethnophilosophie » et spécialité « anthropologie théologique » laquelle étant vue comme la fusion des deux disciplines évoluant dans deux espaces qui semblent s’opposer. Elles sont les prémices de l’accord de partenariat entre l’Université de Toamasina et l’Ucm, assisté par l’archevêque de Toamasina, Mgr Désiré Tsarahazana, et non moins président de la Conférence épiscopale à Madagascar.

Manou Razafy

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Fil infos

  • Lalao Ravalomanana à la tête de la mairie - La plus grosse déception des Tananariviens
  • Laniera Ivato - Un Indopakistanais dépossède 950 Malagasy de leurs biens
  • Prétendu « achat de voix » pendant la propagande - Un candidat répond aux observateurs européens
  • Visite de Ravalomanana aux Barea - Une offense au football malagasy
  • Fianarantsoa I, Mananjary … - Des preuves flagrantes de manipulation de voix
  • Insécurité urbaine - Nassir de Conforama kidnappé
  • Anomalies électorales - Le camp Rajoelina saisira la HCC
  • Trafic à la douane - Mbola Rajaonah interdit de sortie du territoire
  • Représentant auprès de la CENI - Le camp Rajoelina plie bagage
  • Haingo Rasolofonjoa - « Il faut préserver avant tout la paix sociale dans ce contexte difficile »

Editorial

  • Attention !!
    Ressaisissons-nous tous ! Le pays glisse sans crier gare vers l'imparable. Tous les indicateurs broient du noir sinon voient rouge. La publication des résultats provisoires au niveau de la CENI nous plonge dans un état d'urgence voire critique. L'Instance d'Alarobia persiste à afficher des chiffres non seulement erronés mais aussi porteurs d'anomalies flagrantes. De l'autre côté, la population vit dans des conditions inacceptables que l'on a tendance à ignorer. On dirait qu'on profite bien du cafouillage qui prévaut pour tordre le cou au bas-peuple.

A bout portant

AutoDiff