Publié dans Politique

Marc Ravalomanana - Tout sur les 1,3 million hectares monnayés à DAEWWOO

Publié le vendredi, 02 novembre 2018

Il s’en est fallu de peu. C’est le cas de le dire au vu du dossier qui circule dans les salons ces derniers temps et relatif à
l’affaire dite « DAEWWOO » de 2008. Rappelons qu’il s’agissait d’un projet de « cession » au profit de ce géant sud-coréen de 1.330.085 hectares de terres arables situées sur les côtes Ouest et Est de Madagascar (voir carte) pour servir de plantations de maïs et de palmiers. Le projet était déjà à un stade relativement avancé et il a fallu qu’il soit mis à nu par la presse, tant nationale qu’internationale, pour que les deux parties, Etat malagasy et DAEWWOO logistics Corporation, fassent machine arrière. Le premier à travers un communiqué du 25 novembre 2008 démentant l’attribution « gratuite » des terrains à la société sud-coréenne et cette dernière soulignant qu’elle n’a pas encore pris possession des terrains en question. On aura remarqué que, dans l’un ou l’autre cas, la réalité du projet de cession n’a été nullement démentie.


Selon les documents qui circulent, après un « Memorandum Of Understanding (MOU) signé le 28 mai 2008 par l’EDBM (Economic Development Board of Madagascar) et DAEWWOO logistics Corporation, cette dernière avait déjà pu arracher simultanément, le 15 juillet 2008, quatre contrats avec comme signataires le ministère de la Réforme foncière et des domaines de l’époque, l’EDBM ainsi que chacun des chefs de région où se situent les terrains visés, à savoir ceux de l’Antsinanana, du Menabe, du Melaky et de la SAVA. Les clauses de ces contrats d’adhésion (il s’agit en fait d’un contrat aux termes identiques soumis aux 4 chefs de région concernés) ne laissent planer aucune incertitude quant à l’exploitation par DAEWWOO logistics Corporation des terrains identifiés, une fois que ceux-ci soient jugés propices à l’objet du projet.
Avec ou sans  consentement
Bien que, à première vue dans son article 1, le contrat dont il s’agit semble porter sur une prospection (« Land-surveying »), son article 13 donne explicitement à DAEWWOO logistics Corporation le « DROIT EXCLUSIF » d’occuper les terres qui auront été dentifiées comme adéquats à la culture de maïs et de palmiers. Selon toujours les termes du contrat, les autorités malagasy garantissent à la partie sud-coréenne le « DROIT » et
l’ « AUTORITE » d’accéder sur les terrains désignés dans le document et ce, « AVEC OU SANS LE CONSENTEMENT OU L’APPROBATION » d’autres personnes ou entités (en l’occurrence donc, les occupants ou les ayant-droits ou encore les autres autorités locales, étatiques ou coutumières).
Outre cette exclusivité et ces « pouvoirs » attribués à la société sud-coréenne, une clause de « STRICTE CONFIDENTIALITE » est instituée  par les articles 5 et 12 et elle prend effet dès la phase de prospection, pour ne prendre fin qu’un (01) an après l’expiration du contrat. C’est-à-dire pratiquement une fois que les sud-coréens aient commencé leur exploitation, DAEWWOO logistics Corporation ayant l’ « obligation » de présenter un programme d’investissement au plus tard 6 mois après la fin de la prospection (article 2, point 11). Ce silence imposé autour de l’opération ne s’explique que par la velléité de mettre les Malagasy devant le fait accompli. Quelles que soient les explications avancées pour justifier ce projet, heureusement avorté, du régime Ravalomanana, il est incontestable que l’expression  « mivarotra tanindrazana » (vendre la terre des ancêtres) n’a jamais été si appropriée. L’identification des terrains visés ayant été faite sur plan, sans tenir compte de leurs occupants, Etat ou particuliers, encore moins de ce qui pourrait éventuellement s’y trouver (champs, maisons d’habitation ou… tombeaux), l’on était en face d’une véritable  « vente en gros » du territoire national.
De Faravohitra à… Manjakamiadana
D’autres scandales fonciers ont jalonné le passage de Marc Ravalomanana à la tête de l’Etat. Certains étaient connus par le grand public étant donné la médiatisation dont ils ont fait l’objet, comme celui d’Andohatapenaka. D’autres se sont déroulés en catimini bien qu’ils ne constituent pas moins de véritables abus de pouvoir -  ou à tout le moins de trafics d’influence  -  de la part de l’homme fort du pays de l’époque. Il en est ainsi par exemple de ceux de Faravohitra.
Car si ce n’était sa chute prématurée en 2009, tout ce quartier de la ville haute, là où se situe la résidence du patron du Tiko, a failli devenir la propriété privée de ce dernier. En effet, l’ex-laitier semble avoir jeté son dévolu sur tout immeuble attenant  à la sienne et,  par ses enfants interposés, s’est mis à accaparer plusieurs propriétés, qu’elles appartiennent à l’Etat ou à des particuliers et le tout, à des prix plus que dérisoires (voir encadré).  Toujours dans le quartier en question, l’homme a usé de son influence auprès de la FJKM  -  il en est le vice-président jusqu’à aujourd’hui  -  pour acquérir une propriété de cette dernière par l’entremise de l’un de ses fils.  Pour preuve de sa mégalomanie, l’on se souvient que, lorsqu’il était au pouvoir, Marc Ravalomanana avait fermé à la circulation tout un pan du même quartier, celui aux alentours de sa résidence, pour en faire un véritable « no man’s land » et ce, pour les besoins de sa propre sécurité. La raison en est que le personnage avait refusé d’emménager à Iavoloha pour on ne sait quelle raison.  Aussi extraordinaire que cela puisse paraître cependant, quelques mois avant sa chute, l’on chuchote que l’ancien exilé d’Afrique du Sud avait projeté sérieusement de prendre ses quartiers dans le Rova de Manjakamiadana. Vrai ou faux ? Nul ne le sait. Toujours est-il que certains descendants de familles royales furent scandalisés au plus haut point d’apprendre que les reliques de leurs illustres ancêtres, qui reposaient dans certaines parties de ce Rova, avaient été exhumées clandestinement pour être transportées en pleine nuit à bord d’une vulgaire Citroën 3cv vers un autre Rova de la périphérie de la Capitale. Ceci, pour ne pas porter ombrage au prétendu futur locataire des lieux, dit-on. Pour information,  « Manjakamiadana » signifie littéralement  « Régner en paix ».

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Editorial

  • Attention !!
    Ressaisissons-nous tous ! Le pays glisse sans crier gare vers l'imparable. Tous les indicateurs broient du noir sinon voient rouge. La publication des résultats provisoires au niveau de la CENI nous plonge dans un état d'urgence voire critique. L'Instance d'Alarobia persiste à afficher des chiffres non seulement erronés mais aussi porteurs d'anomalies flagrantes. De l'autre côté, la population vit dans des conditions inacceptables que l'on a tendance à ignorer. On dirait qu'on profite bien du cafouillage qui prévaut pour tordre le cou au bas-peuple.

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