Publié dans Politique

Régime Rajaonarimampianina - Les raisons de l’impopularité !

Publié le mardi, 15 mai 2018

De tous les régimes qui se sont succédé à Madagascar depuis l’indépendance en 1960, celui de Rajaonarimampianina est l’exception qui confirme les règles en matière d’impopularité. Il est le seul à ne pas bénéficier la période de grâce de 100 jours attribué à toutes les nouvelles têtes de la magistrature. Un règle non inscrit mais scrupuleusement suivi dans tous les pays après une élection ou nomination. Or, ce régime aurait tout à gagner en 2013 après une période transitoire où les dirigeants de l’époque étaient condamnés à gérer les sujets politiques qu’économiques. En dépit des sanctions de la communauté internationale dont en fait parti la banque mondiale et le fonds monétaire international, les responsables ont pu tout de même réaliser en si peu de temps des infrastructures à l’instar des hôpitaux « manarapenitra » (aux normes) ainsi que des stades sportifs. Les salaires des fonctionnaires, contrairement aux pays en crise ont été toujours payés ainsi que les dettes de Madagascar envers ses partenaires. 

 

Au retour de l’ordre constitutionnel tant souhaité, l’espoir de tout un peuple se reposait sur le président élu Hery Rajaonarimampianina. Bien que celui –ci soit un candidat de substitution suite au « ni…ni…» absurde imposé par la médiation internationale, il a émergé du lot en réussissant de « vendre » ses idées, notamment la prouesse du régime de transition dont il a fait parti, à fonctionner la machine économique du pays. Mais la déception de la population s’est manifestée dès le premier jour de l’investiture suite à son discours copié-collé sur celui de Sarkozy et qui a fait la risée du monde entier. Humilié, le peuple malagasy qui l’a élu à ce poste prestigieux l’a été certainement.

D’une bourde à l’autre

Les frasques de ses proches ont été un accélérateur d’une « descente aux enfers » de Hery Rajaonarimampianina en matière de popularité. Faut – il encore évoquer les nombreuses ingérences de son épouse Voahangy Rajaonarimampianina dans les prises de décision de président de mari. Une Première Dame à qui l’on prête l’image d’une dame de fer et qui souffle le chaud et le froid à Iavoloha. Outre la « First Lady » malagasy, d’autres membres du cercle présidentiel ont beaucoup fait parler d’eux depuis l’avènement du régime Hvm. Si l’on ne parlait que des incontournables Mbola Rajaonah et Claudine Razaimamonjy. Deux opérateurs économiques influents qui ont vu leur pouvoir multiplier par mille durant ce régime. Un des scandales qui a, d’ailleurs, marqué le règne des hommes en cravate bleu fut l’arrestation de Claudine Razamamonjy en 2017 à la suite d’investigation menée par le Bureau indépendant anti – corruption sur des faits de corruption dans les marchés publics. Le nom du premier ministre Mahafaly Solonandrasana a été cité également dans cette affaire de Claudine Razaimamonjy et malgré sa déclaration sur la Radio France Internationale d’apporter les preuves de son innocence, le locataire de Mahazoarivo ne s’est jamais prononcé.

L’on se souvient également d’autres affaires comme l’incendie de plusieurs villages à Antsakabary, causant le décès d’une vieille dame, par un peloton d’une quarantaine de policiers. Une affaire qui a entaché l’image déjà ternie du régime. De plus, l’affaire tarde à connaître un dénouement étant donné qu’aucun coupable n’a encore été puni jusqu’à ce jour. Tout porte même à croire que le dossier a été mis aux oubliettes. Il va sans dire que l’inflation, la fort dépréciation voire la dégringolade de l’Ariary, l’insécurité constituent également de mélanges explosives ayant conduit à l’éclatement de la colère populaire. Il ne faut pas oublier également  le mutisme du régime face au soulèvement de la population dans les régions concernant l’octroi des terrains aux opérateurs miniers chinois comme à Soamahamanina et Mananjary. 

 Au fil de son mandat, le régime a enchaîné les bourdes, accumulé les erreurs de communication jusqu’à provoquer un ras – le – bol généralisé chez la population malagasy. Une impopularité qui est désormais impossible à rétablir !

La Rédaction 

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Editorial

  • Point de droit
    Aristote (384-322), un philosophe de la Grèce antique, l'auteur de la célèbre pensée « l'homme est un animal politique », dans son exposé thématique sur la vertu, prônait le concept du « juste milieu ». Il invitait toujours l'homme à chercher la médiane entre un « par défaut » et un « excès ».Une philosophie qui avait largement contribué ou influencé à la conception de la pensée occidentale. Une sagesse que le monde de l'Ouest, par la voie du dialogue, tente de prioriser autant que possible. La recherche du consensus marque les progrès dans toute démarche de règlement de conflit. On bannit toute tentative au fanatisme et à l'intégrisme.

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