Publié dans Politique

Affaire de 10 000 tortues à Toliara - Des gens du Hvm impliqués

Publié le mardi, 08 mai 2018

Madagascar peut sombrer dans les gouffres au lieu d'émerger avec les gens du Hvm. Ceux-ci doivent partir sans délai avec tous les méfaits de leurs fâcheuses pratiques sur les institutions. Le pays risque un grave danger s'ils restent encore au pouvoir. Ils agissent à la manière d'un virus potentiellement destructeur qui bloque le fonctionnement normal du système d'exploitation au détriment de nos enfants. La grande proportion des habitants en est convaincue. Voilà pourquoi les manifestants dans les régions sont venus en masse samedi dernier.

L'incessant trafic d'animaux sauvages dans l'Atsimo Andrefana constitue une parfaite illustration, parmi tant d'autres, de la perniciosité du régime Hvm. Selon des indiscrétions, plusieurs hauts responsables du parti présidentiel sont derrière la capture de plus de 10 000 spécimens de tortues terrestres découvertes dans la Commune rurale de Betsinjake, Toliara II, le mois passé. Les reptiles étaient cachés dans une maison à deux étages appartenant à des Chinois. Ceux-ci sont placés sous mandat de dépôt après leur arrestation.
Cas illustratif
Il s'agit d'une espèce endémique qui n'existe nulle part ailleurs au monde que dans la partie sud-ouest de la Grande île. Les braconniers écument à loisir leur habitat naturel afin de les ramasser même à l'intérieur des aires protégées. Les Ntandroy et les Mahafaly prennent bien soin de ne pas toucher à ces reptiles. De par la force de la tradition ancestrale, elles sont un tabou pour eux.
La prédation de ceux-ci sur la population de ces joyaux de la biodiversité malagasy est telle que l'espèce concernée est gravement menacée aujourd'hui. En moyenne, un seul homme peut tuer une trentaine de tortues par jour. Le cas illustratif a été la récente découverte d'un tas de viande de tortue à l'intérieur du parc national de Tsimapetsotse. Selon les estimations, près de 700 carapaces y ont été trouvées. C'était l'œuvre de sept hommes dont un était capturé après avoir tenté de résister à la patrouille.
Autel de l'égoïsme
L'arrivée massive des Chinois dans la zone représente une circonstance aggravante. Ces Asiatiques y sont de plus en plus nombreux. Bénéficiant d'une protection venant d'en-haut lieu, ils se considèrent comme des intouchables. Pire, ils tissent des relations d'affaire avec les responsables à tous les niveaux. Les abondantes ressources naturelles locales tombent ainsi facilement dans leur escarcelle.
Maires, conseillers, parlementaires, membres des forces de sécurité, responsables de l'administration régionale… et même des autorités gouvernementales sont devenus leurs complices. L'affiliation au parti Hvm est le point commun de ces individus véreux qui sacrifient le futur sur l'autel de l'égoïsme constamment drapé de beaux discours sur le patriotisme. Tout dernièrement, des tortues prêtes à exporter ont été saisies à l'aéroport international Ivato sur un assistant parlementaire muni d'un ordre de mission signé par des responsables auprès de l'assemblée nationale. L'implication des hauts fonctionnaires de l'Etat constitue la raison pour laquelle l'enquête concernant cette affaire de tortues piétine. Voilà pourquoi aussi le trafic de ces animaux sauvages continue toujours de plus belle. De nouveaux cas sont signalés presque toutes les semaines.
Déclaration conjointe
La mise en place en 2017 d'un réseau d'acteurs dédiés à la lutte contre ce genre de trafic a quelque peu temporisé l'ardeur des braconniers et les trafiquants. La branche locale du Bureau indépendant anti-corruption (Bianco) dirige l'opération. C'est en effet grâce à lui que le gros lot de Betsinjake a pu être mis à nu en avril. Mais les malfaiteurs de mèche avec des personnes haut placées restent actifs dans la brousse.
En connaissance de cause, les Etats-Unis, l'Union européenne, le Royaume-Uni et l'Allemagne ont décidé de réagir ensemble. « Nous sommes attristés d'apprendre que plus de 10 000 tortues rayonnées ont fait l'objet de trafic illicite d'espèces protégées à Toliara la semaine dernière, et de voir que l'on continue à faire face à d'importants défis dans ce domaine, notamment le vol des tortues saisies et la découverte que beaucoup de tortues ont été abattues pour la consommation », ont-ils noté dans leur déclaration conjointe du 30 avril.
Renseignements fiables
Plus loin, la source diplomatique mentionne que « le trafic d'espèces sauvages est un problème qui a un impact négatif sur l'environnement, le développement économique locale, la cohésion sociale et la sécurité à Madagascar. Il reste beaucoup de travail à faire pour mettre un terme à ce comportement illégal, y compris l'engagement de l'ensemble du
secteur de la justice dans
la procédure de l'arrestation de suspects à l'enquête jusqu'aux poursuites et aux condamnations pénales ».
A la fin du communiqué, le groupe rappelle que l'affaire est une opportunité cruciale pour démontrer au peuple malagasy et à la communauté internationale que le trafic d'espèces sauvages n'est pas toléré à Madagascar, et que ceux qui s'y livrent - quelles que soient leurs positions - répondront de leurs délits. Implicitement, les partenaires disposent de renseignements fiables sur les auteurs de ces délits et leurs complices.
Les 73 députés pour le changement ont donc raison de persister à faire aboutir leur projet : la démission du Président Hery Rajaonarimampianina et celle de son Gouvernement. S'ils ont encore des années supplémentaires à gouverner, les Malagasy hériteraient un pays dévasté à l'avenir. Il est temps d'en finir pour de bon avec leurs pratiques mafieuses. « Malhonnêtes et corrompus, ils ne méritent plus de rester à la tête de l'Etat », martèle la députée Hanitra Razafimanantsoa.
M.R.

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Fil infos

  • Concurrence au sein du HVM - Rivo Rakotovao tacle l'ex - ministre Paul Rabary
  • Vie politique - Qui a peur des élections ?
  • Assemblée nationale - Quid de la déchéance des députés « caméléons » ?
  • Election présidentielle 2018 - Les candidats pressentis du HVM
  • Elections anticipées - Une obligation et non une option !
  • Contre une présidentielle anticipée - Le HVM et ses sbires divaguent
  • Venue du Pape à Madagascar - « Je ne peux pas promettre à 100 % », dixit le Cardinal Tsarahazana
  • Andry Rajoelina - « La nomination des ministres autres que MAPAR et TIM était à notre insu »
  • Choix de ministres HVM indésirables - Peaux de banane de Rajaonarimampianina contre Ntsay Christian
  • Sortie de crise - Les sans-grades se ridiculisent

La Une

Editorial

  • Sale jeu !
    A quel jeu se livre-t-on exactement ? Sur terrain, une équipe hétéroclite dirigée par un « technocrate et n'appartenant à aucune formation politique » du nom de Ntsay Christian joue un match capital. En réalité, il s'agit d'un match où « tout le monde », coach, capitaine, joueurs, supporters et même les spectateurs sur le gradin, n'a pas le droit ni l'intérêt de perdre. A tout prix, l'équipe doit gagner !

A bout portant

AutoDiff