Publié dans Politique

Départ inopiné du pays - Rajaonarimampianina aurait-il « lâché » ses partisans

Publié le vendredi, 20 avril 2018

Dans notre édition du 24 mars 2018, en s’adressant aux opportunistes qui ont rejoint le camp du Hvm par pur intérêt personnel, nous avions titré  qu’ « il est temps de quitter le navire ». Le départ précipité du Chef de l’Etat et de ses proches, avant-hier, semble rappeler subitement ce conseil à ceux qui l’ont ignoré au même titre que l’avertissement donné en fin d’article selon lequel « Tandremo sao tratra farany eo » (Attention à ne pas être le dernier, traduction littérale).

 

Il est plutôt difficile de faire croire en effet que ce départ subit du pays de Hery Rajaonarimampianina rentrerait dans le cadre d’une « mission », comme le soutient un communiqué du ministère de la Communication publié hier. A voir la composition de la délégation (officielle donc), on penserait plutôt à des vacances familiales. Ce qui serait inopportune vu le contexte explosif qui prévaut au pays. Pour bon nombre d’observateurs,  la concomitance de ce voyage avec la manifestation de ce jour projetée par les 73 députés s’opposant aux lois électorales controversées ne relève nullement de la simple coïncidence. On serait plutôt enclin à penser que la famille présidentielle s’est mise à l’abri. Ce qui amène à se poser des questions. Aurait-on fait comprendre au Chef de l’Etat que, ce samedi 21 avril 2018, sa sécurité et celle des siens ne sont pas assurées au pays, du moins pas à 100%. Si tel est le cas, il est clair qu’en prenant la décision extrême de mettre à l’abri hors du pays le Président et ses siens, les forces de l’ordre en général et le service de sécurité de la Présidence en particulier craignent que leurs dispositifs ne soient pas à la hauteur de la situation. De deux choses l’une : soit l’on craint d’être submergé par un gigantesque mouvement populaire ce jour, soit l’on n’est plus certain de maîtriser l’ensemble des hommes en uniforme. Ou, pourquoi pas, les deux à la fois. Ce qui devrait inquiéter au plus haut point ceux qui auraient dû, mais n’ont pas pu être du voyage présidentiel d’avant-hier. En effet, si le Chef de l’Etat, ayant tout un régiment pour assurer sa protection, a dû être évacué daredare, il est clair que ses partisans - membres du gouvernement, parlementaires ou simples zélateurs - qui ont un dispositif de sécurité moindre ou n’en ont pas du tout, sont encore beaucoup plus exposés aux risques qui auraient été encourus par le numéro Un du régime si celui-ci était resté au pays.  Quoi qu’il en soit, cette vraie-fausse fuite de Hery Rajaonarimampianina, outre qu’il donnerait à ce dernier une image pas très valorisante de « lâcheur », devrait faire réfléchir ceux qui persistent encore à ignorer le conseil que nous avions prodigué il y a quelques semaines. Si le capitaine lui-même ne s’est pas gêné de quitter le navire face à ce qui n’est, pour l’instant, qu’une menace de tempête, que devraient faire les rats ?

 La Rédaction 

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Editorial

  • Point de droit
    Aristote (384-322), un philosophe de la Grèce antique, l'auteur de la célèbre pensée « l'homme est un animal politique », dans son exposé thématique sur la vertu, prônait le concept du « juste milieu ». Il invitait toujours l'homme à chercher la médiane entre un « par défaut » et un « excès ».Une philosophie qui avait largement contribué ou influencé à la conception de la pensée occidentale. Une sagesse que le monde de l'Ouest, par la voie du dialogue, tente de prioriser autant que possible. La recherche du consensus marque les progrès dans toute démarche de règlement de conflit. On bannit toute tentative au fanatisme et à l'intégrisme.

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