Publié dans Politique

Dans une nouvelle vidéo - Message d’Houcine A. pour Rajaonarimampianina

Publié le vendredi, 13 avril 2018

Dans une nouvelle vidéo qui nous est parvenue, Houcine Arfa s’adresse directement à Hery Rajaonarimampianina. La séquence, d’une durée de 5 minutes 26 secondes, a été tournée visiblement au parloir d’une prison. On y voit l’ancien conseiller en sécurité du Président malgache en pull gris (cf. photo), alors que dans la première vidéo diffusée la semaine dernière par certaines stations de télévision locales, il est en jaune. Nous publions ci-après une transcription fidèle des propos tenus  à cette occasion par le  célèbre évadé des geôles de la maison de force de Tsiafahy.  « Bonjour Monsieur le Président Rajaonarimampianina. Vous me reconnaissez je suis votre conseiller à votre propre sécurité, à la formation de votre garde présidentielle Je suis en prison depuis 6 mois dont plus de 5 mois passés à Tsiafahy et un mois à Antanimora Tsiafahy où j'ai pu comprendre que j'étais un meurtrier, que j'étais un assassin émanant du palais de tous les services qui vous entourent tous les conseillers qui vous ont raconté une histoire qui n'existe pas, je pensais que vous me connaissiez un petit peu mieux parce que moi je vous connais Monsieur le Président, et je sais que vous êtes un homme qui ne fait pas de mal, sauf qu'aujourd'hui vous l'avez fait. Vous avez écouté, Hervé, Nicole, Mbola. Vous avez écouté certains généraux qui sont de très mauvais conseillers.

Hervé c'est quelqu'un qui va être recherché par la justice française. Monsieur le Président, qu'est ce que je vous ai fait pour finir en prison. Ca fait six mois que je ne parle pas, que je ne dis rien, je suis fidèle à votre conviction et à votre action. Vous m'avez trahi. Vous m'avez dit de faire le bon choix, rappelez vous dans votre bureau. J'ai fait le bon choix, en vous aidant, en ne parlant pas. Le choix que vous avez fait vous est un choix dangereux et médiocre. Car vous m'avez envoyé en prison pour me faire taire. Sachez qu'aujourd'hui, la Communauté internationale va se lever d'autant plus que  la France, même si elle met du temps, elle se lève aujourd'hui. Qu'est-ce que vous allez gagner monsieur le Président. Vous êtes en pleine période d'élection. Vous pensez que vos conseillers sont de fins stratèges? Vous m'avez enfermé et aujourd'hui on essaie de me tuer. Alors, est-ce que la solution émane de vous? Ou encore de vos conseillers, dont la plupart voie être aujourd'hui poursuivi par la justice malagasy et la justice internationale.  Monsieur le président je vous suis toujours fidèle, mais l'incarcération, la maltraitance, et la voix sur le chemin de la mort, je ne peux plus l'accepter.  Ce message n'est pas un message post mortem. C'est un message d'un vivant qui vous dit faites vite, faites vites monsieur, vous êtes en élection. (…) La BC qui a volé mon argent, que je n'ai pas volé monsieur le Président, c'est le  seul argent que vous m'avez donné et que j'ai gardé. J'ai payé l'infirmerie, j'ai payé les soldats, j'ai fait plein de choses pour eux. Vous pensez que je suis un meurtrier ou un voleur. Regardez autour de vous, les meurtriers et les voleurs sont autour de vous. Moi je suis enfermé, on m'a écarté de vous.

Aujourd'hui la seule voix que vous écoutez, c'est la voix de la destruction. (...) Votre femme est dans tous les noms des gens qui m'approchent et qui sont contre vous. Moi je ne crois rien, tant que je ne vous ai pas parlé tant que je ne vous aurai pas vu. Le jour quand on parlera Monsieur le Président, j'espère rapidement, je ferai comme vous l'avez dit, je ferai le bon choix ce jour là. Aujourd’hui vous avez fait le mauvais choix en me laissant ici. Il y a plusieurs conseillers qui sont de Iavoloha et d'Ambohitsorohitra qui sont en prison.  Eux ils sont tous à Maputu. Moi je suis en infirmerie  par terre, avec une maladie. Vous êtes un humain. Vous avez des enfants.  Vous m'avez dit de former les femmes, la garde pour protéger votre petit bout de chou. Qui protège ma famille monsieur?  Vous avez fait la rentrée des classes de votre enfant, moi je n'ai pas fait la mienne. Moi la seule rentrée que j'ai faite, c'est le mittard, le parloir et les coups qu'on m'a donné. Voilà je n'ai jamais rien dit,  Aujourd'hui je vais parler, j'attends de vous voir monsieur le Président.  Essayez d'être un être humain, comme la personne que j'ai rencontrée au mois d'août à Nosy Be. Vous avez du sens, vous avez du coeur. (...)  Vous êtes perdu, car les gens autour de vous vous font faire des choses. Vous êtes fragile, Et vous êtes fragilisé car ils m'ont écarté. Je ne dis pas que je suis le meilleur.  Je dis simplement que je suis le meilleur à vous protéger. Si vous entendez cette vidéo Monsieur le Président, sachez que je n'ai rien contre vous. Mais je veux combattre le système qui m'a emmené ici. Tous ces voleurs qui ont volé le pays qui l'ont détruit et aujourd'hui ils essaient de détruire un vazaha. Qu'a-t-il fait le vazaha aujourd'hui? 

On a la même histoire, le Maroc, l'Algérie et Madagascar. Sauf que cette histoire, je ne veux pas l'écrire. Je vous ai donné comme nom de code Madiba et vous l'avez sali en m'envoyant en prison. Est-ce que le fait d'aller en prison aujourd'hui va me donner une destinée pour Madagascar à celle de Madiba en Afrique du Sud, je ne sais pas. Mais en tout cas, je suis et je resterai fidèle à mes convictions. Faites  en autant Monsieur le  Président. Je vous salue Monsieur ».

 La Rédaction

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Editorial

  • Cas d'exception ?
    Le rideau est tombé sur les manifestations publiques initiées par les 73 députés pour le changement sur le Kianja, le parvis de l'Hôtel de Ville, à Analakely. Le MAPAR/TGV d'Andry Nirina Rajoelina quitta, le premier. En effet, la dissolution du Gouvernement Mahafaly Solonandrasana Olivier et la nomination d'un nouveau Premier ministre, Ntsay Christian, se trouve à l'origine de la décision conformément au verdict de la HCC du 25 mai 2018. Certes, la totalité des revendications sur la Place du 13 mai n'avait pas encore été  exaucée, mais, le fait d'avoir pu écarter le Gouvernement HVM constituait déjà un grand point d'acquis. D'autant que le Gouvernement de consensus publiait, sans tarder, le calendrier électoral anticipé. C'est une avancée non négligeable !

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