Publié dans Politique

Andry Rajoelina Pas d’excuses pour Rajaonarimampianina

Publié le vendredi, 16 février 2018

En attendant sa grande interview de ce dimanche, l’ancien président de la Transition Andry Rajoelina a livré un bref entretien au journal Jeune  Afrique.  Il y dénonce la situation dans le pays. Pour lui l’actuel Chef de l’Etat est inexcusable.

Au cours d’une interview accordée à Jeune Afrique, l’ex Chef de l’Etat  Andry Rajoelina n’a pas été clément envers son successeur à Iavoloha. Sans jamais le citer nommément, il l’accuse de maintenir le pays à un niveau de pauvreté intolérable. « La situation est aujourd’hui catastrophique à Madagascar. Le pays s’enfonce dans la pauvreté à mesure qu’augmente le coût de la vie. Le pouvoir n’arrive plus à garantir la sécurité de ses citoyens et la corruption est encore plus généralisée que par le passé », constate Andry Rajoelina. Répondant aux questions du journaliste Olivier Caslin, le président du Mapar ne ménage pas son ancien ministre des Finances, s’attaquant à la politique de l’actuel numéro Un du pays. Pour lui, Hery Rajaonarimampianina n’a aucune circonstance atténuante au vu de la situation actuelle dans le pays, surtout que celui-ci a renoué le contact avec la communauté internationale et les bailleurs de fonds. 

 

Pas un homme du sérail

« Durant les années de la transition, le pays n’en bénéficiait pas, ce qui ne nous a pas empêché de maintenir le pouvoir d’achat des Malgaches. Il n’a aucune excuse à maintenir le pays dans un tel état de pauvreté, alors qu’il peut s’appuyer sur cette aide extérieure. Madagascar a un potentiel énorme en matière de développement et l’Initiative pour l’Emergence de Madagascar (Iem) a justement pour but de relever le pays et de redonner aux Malgaches leur fierté », a ainsi indiqué l’ex homme fort d’Iavoloha. Interrogé par le journaliste sur son sentiment par rapport à la volte-face de l’actuel Chef de l’Etat en 2014, en refusant de lui laisser nommer le Premier ministre, Andry Rajoelina répond : « Le passé ne m’intéresse plus et si je redoutais la trahison, je ne ferais pas de politique. Lui n’est justement pas un homme du sérail. Il a été mon ancien ministre des Finances, avant que moi et mon parti ne le mettions au pouvoir, pour qu’ensuite il nous tourne le dos… » 

Rencontrer  la population

En répondant à une question relative à sa démarche IEM dévoilée à Paris, Andry Rajoelina indique que le « lancement officiel se tiendra le 16 mars lors d’un forum organisé à Antananarivo, en présence des experts de l’Iem. Tous les mois et demi se tiendra un forum similaire à travers le pays, organisé autour de thématiques très précises, de l’éducation à la bonne gouvernance, avec l’objectif de rattraper notre retard de développement et de faire venir les investisseurs. Dans le même temps, je veux également rencontrer la population, comprendre ses problèmes. Je souhaite qu’elle s’approprie le processus ».

Et lui de préciser que l’Iem est financée de sa poche  mais que les investissements à réaliser dans le cadre des programmes seront financés par les investisseurs. Andry Rajoelina annonce par ailleurs qu’il ira à la rencontre de quelques-uns des chefs d’Etat africains ces prochaines semaines. « L’IEM doit s’inspirer de ce qui fonctionne ailleurs (…) Nous devons utiliser les recettes qui ont déjà fait leurs preuves en matière de développement » commente-t-il. 

Pas en précampagne

Dans jeune Afrique, Andry Rajoelina a remis à plus tard toutes les réponses sur sa candidature, affirmant que le plus important était de trouver des solutions aux maux de la population. « Ce qui intéresse les Malgaches aujourd’hui, c’est de connaître les solutions que peuvent proposer les politiciens à leurs problèmes », répond-il à la question du journaliste Olivier Caslin qui  voulait savoir si l’ancien homme fort du pays était candidat à l’élection attendue pour cette fin d’année 2018. « Je ne suis pas comme les deux autres candidats déclarés. Je ne suis pas en précampagne. Je cherche la solution et j’espère la trouver avec l’IEM. La question de ma candidature n’est pas d’actualité. Je ne me présenterai que si je pense pouvoir favoriser le développement du pays », précise-t-il, taclant son prédécesseur et son successeur à Iavoloha. Pour l’ex Chef de l’Etat, sa candidature attendra. « Parce que je dois aller, avant cela, à la rencontre des Malgaches. Je verrai alors s’ils souhaitent que je sois candidat », indique l’invité de Jeune Afrique Andry Rajoelina pour conclure son intervention.

Recueillis par  A.R.

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