Publié dans Politique

Sefafi - Les caméléons politiques au pilori !

Publié le jeudi, 15 février 2018

A l’approche de l’échéance électorale, dont la présidentielle, la course aux alliances politiques sera inévitable. Des alliances parfois contre – nature car dictées, le plus souvent, par les intérêts sous toutes ses formes. Dans son communiqué publié avant – hier, le Sefafi ou Observatoire de la vie publique a mis la main sur une triste réalité qui sévit dans le monde politique malagasy en prenant exemple sur l’élection au suffrage direct la plus attendue. Dans la logique démocratique, les deux candidats qui s’affrontent au second tour de la présidentielle doivent chacun présenter des projets de société différents voire antagonistes.

« Celui qui n’est pas élu doit continuer à défendre son programme dans le cadre d’une opposition démocratique, si du moins il est fidèle à ses convictions », selon le Sefafi. L’Observatoire épingle ainsi les politiciens sans éthique à Madagascar qui font l’inverse de cette logique qui doit pourtant être respectée dans un pays démocratique. « A peine élus, eux qui se prétendent les représentants de leurs électeurs, retournent leur veste, renient leurs engagements, repoussent leurs alliés, nouent de nouvelles alliances opportunistes et tournent le dos au peuple », déclarent l’Observatoire. Beaucoup de cas de ce genre ont été observés au niveau des membres de l’Assemblée nationale. Durant cette 4ème République, les caméléons politiques sont revenus en force en n’hésitant pas à changer la couleur de leurs vestes et leurs cravates.
Deux articles à polémique
Le Sefafi remet ainsi sur le tapis les débats sur plusieurs articles de la Constitution dont l’article 72 qui stipule que : « Durant son mandat, le député ne peut, sous peine de déchéance, changer de groupe politique pour adhérer à un nouveau groupe, autre que celui au nom duquel il s’est fait élire ». Une disposition qui « a été violée depuis 4 ans, dans sa lettre comme dans son esprit, avec l’approbation complice de la Haute Cour constitutionnelle », fustige le Sefafi.
Un autre article à polémique également, l’article 78 de la Constitution : « L’opposition a droit à un poste de vice-président et préside au moins l’une des commissions ». Une disposition qui n’a pu être effective alors que le Président de la République est déjà dans la dernière année de son mandat. Le Sefafi explique que « l’opposition, pour nos politiciens, est une salle d’attente où se retrouvent les candidats à des postes plus importants et plus lucratifs. Afin de s’assurer un avenir politique, sous n’importe quelle bannière, et en prévision des jours difficiles (mitsinjo ny vodiandro merika), il est de bon ton de ne se faire aucun ennemi, même si cet esprit de consensus se réalise au détriment de toute éthique ». Bref, une réalité désolante qui, à défaut d’un changement radical, risque encore de perdurer dans les pratiques politiques malagasy.
Recueillis par S.R.

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Editorial

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    Un premier et le plus grand test de grandeur nature attend le Gouvernement Ntsay. Supposé être né d’un accord politique entre les grandes formations politiques, principalement le MAPAR, le TIM et le HVM, le nouveau Cabinet subit un examen crucial et complexe qu’il faille réussir. Tel un prévenu qui, au cours d’une épreuve, doit porter une barre rouge de feu et réussir à traverser un obstacle avec, et cela, sans se faire brûler, le nouveau Premier ministre est soumis à un test très  délicat : parvenir à publier dans les heures sinon les jours qui viennent du calendrier de l’élection présidentielle anticipée ! Un test éprouvant et très dur, cependant le salut de la Nation passe obligatoirement par-là !  Ntsay fait face à deux blocs naturellement ou  foncièrement inconciliables, contradictoires.

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