Publié dans Politique

Fonctionnaires fantômes - Une poursuite judiciaire en vue

Publié le vendredi, 09 février 2018

Quatre milles fonctionnaires fantômes ou fictifs, « jusqu’à preuve du contraire », ont été dénombrés au niveau des différentes entités de la fonction publique. Depuis le début de l’année dernière les autorités malgaches suite des assainissements menés au niveau du fichier de solde. Les agents cités supra n’ont pas su justifier leur appartenant à une entité de la fonction publique jusqu’ici. Outre la suspension des soldes, ces agents risquent la radiation du fichier de la fonction publique et la traduction en justice. Ils sont en effet suspectés d’être des fonctionnaires fictifs ou fantômes et d’avoir donc émargés irrégulièrement au Trésor public. Autrement dit, ces agents sont suspectés d’avoir été payés jusque là pour travailler dans les ministères, dans les institutions publiques, mais ils ne se trouvaient en fait jamais à leur poste.
Le ministère des Finances et du Budget envisagerait d’aller plus loin. Selon une source informée, le département ministériel dirigé par Vonintsalama Andriambololona étudierait l’idée de saisir la justice pour déterminer les responsabilités dans cette affaire de fonctionnaire fantôme. La démarche viserait à démanteler des possibles réseaux. Des responsables de ressources humaines et des employés auprès du ministère d’Antaninarenina pourraient donc être inquiétés le cas échéant. 


Economies
Pour rappel, l’année dernière, les autorités ont procédé à un assainissement du fichier du personnel civil de l’Etat malagasy. L’objectif de cette mesure est de débusquer les fonctionnaires fantômes ou fictifs.  Les responsables des ressources humaines auprès des départements ministériels et des autres établissements étatiques ont alors été encouragés à introduire les informations concernant leurs agents dans le logiciel Application unique pour la gestion uniforme des ressources humaines de l’Etat (Augure). En fin d’année dernière après une confrontation entre la liste fournie par Augure et celle des soldes auprès du ministère des Finances et du Budget, 17000 fonctionnaires avaient été non recensés et donc considérés comme fantômes. Un chiffre considéré alors comme trop élevé. Aussi un délai supplémentaire avait été accordé aux agents non recensés d’effectuer la régularisation de leur cas. A l’issue de cette étape, environ 9700 agents restaient encore non recensés. Ces derniers avaient alors vu leur solde suspendu à titre conservatoire au mois de décembre de l’année dernière. Une situation qui a causé la colère de plusieurs agents de l’Etat réguliers qui se sont retrouvés malencontreusement parmi les « fonctionnaires fantômes ». Après une vérification, plus de la moitié de ces agents ont réussi à régulariser leur situation et ont pu percevoir leur solde. 4000 agents, ceux cités en début d’article, n’ont eux pas su ou pu prouver jusqu’ici qu’ils étaient en règles. Considérés donc comme des fonctionnaires fantômes ou fictifs, les salaires de ces agents risquent gros. En tout cas, en mettant fin au paiement des salaires de ces fonctionnaires fantômes, l'Etat devrait économiser plusieurs milliards d’ariary par an.  D’après les informations communiquées par les autorités, cette mesure a permis à l’État d’éviter plus de 45 milliards ariary de perte jusqu’ici. Reste désormais à savoir où ces milliards seront réinvestis.
Recueillis par A.R.

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Editorial

  • Mauvais augure
    Signal raté. De source bien informée, les autorités en tant que supérieurs hiérarchiques, auraient (le conditionnel est de rigueur) refusé la démission du directeur général de l’Autorité de la régulation des marchés publics (Armp), Philibert Tovoherihavana. En effet, le Dg de l’Armp, sous la pression des attaques virulentes de l’opinion à travers les réseaux sociaux et celles de la presse audio-visuelle et écrite, aurait (toujours au conditionnel) déposé auprès de madame le ministre des Finances et du Budget (Mfb) la demande qu’il soit écarté de ses fonctions. Le Mfb, Mme Vonintsalama Andriambololona, le patron, aurait apposé une fin de non-recevoir à la requête.  A notre humble niveau et si les erreurs s’avéraient exactes, nous ne pouvons que reconnaître la noblesse d’esprit du Dg incriminé. Il mettrait en avant le respect de l’éthique et de la déontologie de la responsabilité. Une charge aussi complexe que stratégique comme celle de la gestion…

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