Publié dans Politique

Taux de pauvreté en baisse - Un ministre paie 9 000 euros pour ses gardes du corps

Publié le vendredi, 19 janvier 2018

« Prouvez-moi que les Malagasy sont pauvres ! ». Avec la folie des grandeurs des dirigeants malagasy, c’est tout à fait normal que le Président de la République a émis dans un passé récent ces propos. Embobiné de la réalité officielle mise sur sa table par ses collaborateurs, Hery Rajaonarimampianina est loin de connaître d’un côté, la difficulté quotidienne de la population et de l’autre, la facilité avec laquelle des proches du régime deviennent des nababs ou se considèrent comme tels. C’est le cas notamment de ce ministre qui n’hésite pas à payer la formation de deux journées de ses gardes du corps à hauteur de  9 000 euros (plus de 35 millions d’ariary).

Une formation « accélérée » et assurée par un expert français venu spécialement pour cette séance.  A voir de très près cette initiative du ministre, des points méritent d’être soulevés. L’insécurité galopante à Madagascar incite le membre du Gouvernement à prendre des initiatives personnelles laissant du coup la population urbaine et rurale à se débrouiller pour sa propre sécurité. Lui avec ses devises et ses millions d’ariary, voire plus, peut payer des cours particuliers pour la protection efficace de sa personne et de sa petite famille. Le « chacun pour soi » véhiculé par les dirigeants actuels, tôt ou tard, pourrait sonner la révolte des simples citoyens. Prenons par exemple la frustration des automobilistes bloqués dans les embouteillages et qui devraient se dégager pour que les voitures, dont on ne sait pas à qui, feux de détresse et phares allumés, puissent passer. Au lieu de trouver les solutions aux problèmes de la circulation, les dirigeants prennent des mesures valables uniquement pour eux-mêmes. Cette démarche du ministre à se confier à un expert étranger constitue également une humiliation envers les Forces de l’ordre malagasy. Nul ne peut ignorer qu’il existe une unité spéciale au sein des forces de la Grande île qui pourrait exécuter ce contrat. Le ministre n’en a cure. Pour lui, les « gorilles » formés par un « Vazaha » sont peut-être plus efficaces et « classes » que ceux encadrés par les nationaux… On ne souhaite pas à ce ministre qu’une situation se produise pour qu’il puisse vraiment tester l’efficacité de ses gardes du corps formés en deux jours à 9 000 euros.

 R. Michel

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Editorial

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