Publié dans Politique

Corruption de haut niveau - Un ex-maire roumain en fuite demande l’asile politique à Madagascar

Publié le vendredi, 19 janvier 2018

Alors que l’évasion d’Houcine Arfa tient encore en haleine l’opinion publique, une présence suspecte à Madagascar inquiète les autorités roumaines. Un ressortissant roumain, plus précisément un dénommé Radu Maz?re se réfugie actuellement dans le pays avec son frère, Alexandru. Pourtant, sous le coup d’un mandat d’arrêt émis en Roumanie depuis le 10 janvier, le concerné vient de faire une demande d’asile politique auprès des autorités malgaches. D’après une source bien informée, son dossier de demande d’asile est bel et bien déposé.  Une investigation publiée par l’Occrp (Organized Crime and Corruption Reporting Project) – un projet qui enquête sur les affaires de corruption et de crime organisé – que cet ancien maire roumain a investi dans un grand projet économique appelé « Mantasaly Resort » un hôtel quatre étoiles situé dans la partie Nord de la Grande île, précisément  à Ankorikakely dans la commune rurale de Ramena, à Antsiranana. Un investissement dont l’argent serait pourtant issu des pots-de-vin dans une affaire de corruption.

A en croire toujours l’Occrp, l'argent sale a été transféré dans les comptes bancaires israéliens de l'ancien maire et de son frère Alexandru qui a, également, quitté la Roumanie pour Madagascar avant de s’être investi dans cet hôtel. Radu Maz?re a débuté sa carrière politique en 2000 et il a été élu maire de Constan?a, un poste qu'il a occupé pendant 15 longues années.

 Au vu et au su des autorités malgaches 

 La sombre opération de pots-de-vin a commencé en 2011, lorsque la municipalité dont il était le magistrat a annoncé un projet de logement de 10 millions d'euros qui a été convoité par la société Saphir. Dans ses révélations, l’Occrp précise que le pot-de-vin aurait été versé en contrepartie d’un contrat de construction de logements à loyer modéré pour  une société dénommée Shapir Structures Srl, une filiale du géant israélien de la construction Shapir Engineering and Industry Ltd. Les montants du pot-de-vin ont été transférés à une société offshore. Le maire aurait reçu 95 000 euros tandis que son frère a perçu 80 000 euros. En tant que politiciens, les deux frères étaient tenus par la loi de déclarer leurs actifs financiers, mais ni l'un ni l'autre n'avaient rapporté l'argent mis en banque en Israël. Au total, les deux frères auraient perçu 1,3 million d'euros qui a été utilisé pour construire les premiers bungalows de la station africaine. L’ancien maire en question n’est pourtant pas un inconnu des autorités malgaches. Pendant l’inauguration de Mantasaly Resort en  août 2016, le ministre du Tourisme, Roland Ratsiraka  y a répondu présent. Pour sa part, le Premier ministre, Olivier Mahafaly Solonandrasana, y aurait également fait un déplacement éclair. Grâce à un contrat de bail emphytéotique, les deux frères Maz?re ont donc obtenu la location de cette parcelle de terre pour 99 ans dans un contrat à partir d'avril 2012. Cette affaire remet, une fois de plus, sur le tapis la présence d’étrangers qui, malgré leur parcours suspect voire criminel, semblent pourtant tisser des liens étroits avec les autorités malgaches. Affaire à suivre de très près !

Recueillis par  S.R.

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Editorial

  • Et le savon !
    Trop occultée par les affres et les fantasmes de la politique, l’économie s’éclipse et meurt à petit feu! Elle peine à subsister. Des mesures d’urgence s’imposent. Le samedi 12 janvier 2019, le premier responsable de l’Autorité nationale en charge des mesures correctives commerciales (ANMCC) donna une conférence de presse en présence de certains opérateurs locaux. L’objet étant de faire état des dispositions engagées afin de « donner un nouveau souffle à l’industrie nationale ». D’après Barthélémy, directeur Général de l’ANMCC, des mesures de sauvegarde ont été arrêtées touchant les importations de certains produits comme les pâtes alimentaires, des détergents en poudre ainsi que des couvertures. Pour une durée de 4 ans, renouvelable, les importations de ces produits ciblés seront soumises au droit additionnel de 30%.  Il n’est jamais tard pour bien faire ! Les acteurs nationaux de l’industrie ont dû attendre des années des mesures pour protéger nos produits face à l’importation ...…

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