Publié dans Politique

Présidence de la République La crise de confiance étalée au grand jour

Publié le mardi, 16 janvier 2018

Cinq jours après sa nomination à la direction du cabinet civil du Président Hery Rajaonarimampianina, l’homme d’affaires Eric Jean-Joël Randrasana, qui est aussi administrateur de la Jirama, a rassemblé autour d’une même table les proches collaborateurs de tous les ministres. L’objet principal de la séance de travail était de coordonner et d’améliorer les méthodes de travail ainsi que les actions de tous les ministères dans le but commun qui est le développement du pays, selon le communiqué officiel. C’est quand même un peu bizarre dans la mesure où des textes clairs déterminent les attributions des cabinets ministériels. De plus, l’initiative rappelle la création du poste pour le chief of staff au sein de la Présidence du temps de Marc Ravalomanana qui a le mérite d’avoir été le premier à institutionnaliser la pratique du coaching dans l’administration publique.

 

 Femme de confiance

 Mais la nomination d’Eric Randrasana est révélatrice d’une crise de confiance qui a couvé au plus haut sommet de l’Etat. La fonction qui lui a été attribuée a été officieusement occupée par Herisoa Razanadrakoto, alias Beso, après le limogeage en juillet 2015 de Henry Rabary-Njaka, le successeur de Béatrice Jeanine Atallah au ministre des Affaires étrangères. Originaire à la fois d’Analanjirofo et d’Antananarivo, la directrice de cabinet écartée a toujours été une femme de confiance de l’expert comptable pour avoir été son étudiante, parmi les plus brillants, à l’Institut des sciences comptables et de l’administration des entreprises (Inscae). 

 « Les trois Amazones »

 Effectivement, la sœur cadette de Beso, appelée Lala, à la fois une employée de l’ambassade américaine à l’American Cultural Center, donc une parfaite anglophone, est aussi une interprète attitrée à Iavoloha. Parallèlement, son frère Iarinaivo Razanadrakoto, parmi les hommes de confiance de Marc Ravalomanana aux deux phases du Projet multisectoriel pour la prévention contre le Sida (Pmps) financées par la Banque mondiale de 2002 à 2009, est devenu un employé de l’ambassade malagasy à Berlin, Allemagne, depuis l’avènement du régime en place.

Avec la multimilliardaire Claudine Razaimamonjy, incarcérée à Manjakandriana depuis juillet pour cause de détournement des deniers publics, et la conseillère spéciale Nicole Andrianarivoson, remerciée l’an passé, la dame fait partie de ce que les collègues journalistes surnomment « les trois Amazones ».

 Surveillées de près

 Le masque serait tombé pour les « mpamosavy malemy » contre qui le locataire d’Iavoloha a solennellement mis en garde en janvier 2017. Le Président Rajaonarimampianina, maintes fois reproché pour son manque de fermeté, aurait donc décidé de prendre le taureau par les cornes. « Il est sans personnalité ni autorité. Il est à la merci des femmes et hommes influent(e)s dans son entourage, selon Marc Ravalomanana. Mais là, il semble ne vouloir plus se laisser faire. En décortiquant un peu plus l’actualité, le changement de hauts responsables à Iavoloha est intervenu après le passage du cyclone tropical Ava. Le lendemain du désastre, le couple présidentiel est descendu à Toamasina où est basé l’actuel secrétaire exécutif du Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (Bngrc) Thierry Venty. Les manœuvres de celui-ci ont été surveillées de près ces temps-ci.

 Situation déplaisante

 Directeur de cabinet de Béatrice Jeanine Atallah à la Commission nationale électorale indépendante pour la transition (Cenit), le fils de l’ancien directeur de l’Ecole primaire publique (Epp) de Valpinson (Toamasina) a été récupéré par Herisoa Razanadrakoto, fille de l’ancien directeur de l’Epp de Salazamay, Andrianasolo Razanadrakoto, et d’une professeure d’histoire-géographie au Collège d’enseignement général (Ceg) Radama I à Toamasina dans le temps. Tous les deux ont des liens de par leurs origines d’Analanjirofo.

Curieusement, la mise à l’écart de la conseillère a coïncidé avec la récurrence des détournements des vivres et aides pour les sinistrés dont la gestion revient à l’équipe d’Antanimora. C’est une situation déplaisante pour les partenaires et les donateurs qui suivent de très près les mouvements des gens haut placés. Du coup, le siège de Thierry Venty est ébranlé à moins qu’il bénéficie d’une solide protection du Premier ministre Olivier Mahafaly Solonandrasana, le Bngrc étant un organisme rattaché au ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation.

 Pratiques honteuses

 Ce n’est pas pour rien que le Service Presse de la Présidence a intitulé « Réunion des directeurs de cabinet de l’exécutif : pour une meilleure coordination des actions et l’efficience face aux urgences après les dégâts cycloniques » son communiqué sur la réunion présidée par Eric Randrasana.

La source a également cité la précision du nouveau directeur de cabinet civil selon laquelle « l’exécutif s’implique totalement dans l’urgence des actions de redressement et de développement, notamment suite au passage du cyclone Ava qui a engendré beaucoup de dégâts ». En cette période préélectorale, les bleu-cravatés n’entendent pas du tout badiner avec la distribution des vivres et aides aux sinistrés en cas de catastrophes naturelles.

A Toamasina, les observateurs s’attendent à une décision beaucoup plus percutante d’Iavoloha. Tellement la ville du port et certaines autres sont le théâtre des cas reproduisant fidèlement les pratiques honteuses sous la Deuxième République dans le domaine des produits de première nécessité. Elles étaient à l’origine de l’enrichissement des caciques du parti Arema, dont des parents des actuels conseillers du Président, au détriment de la population.

 Conseillers ripoux

 Le jeu malsain dans l’approvisionnement en riz, une denrée hautement stratégique pour les politiciens, a fait parler d’elle un peu avant le cyclone. L’on se souvient encore de ces lots de riz avarié qui devaient être détruits pour préserver la santé publique. Mais une consigne venant d’en-haut a rendu caduque une  décision de justice ordonnant l’opération. L’on se demande alors s’il s’agit toujours des exploits du cercle des conseillers ripoux.

La province autonome de Toamasina est curieuse de savoir la suite à donner à la mise à l’écart de la toute puissante conseillère Herisoa Razanadrakoto. En effet, celle-ci est présidente à la fois des conseils d’administration de la société du port à gestion autonome de Toamasina (Spat) et de la société Fanalamanga, le gestionnaire du complexe sylvio-industriel dans l’Alaotra-Mangoro. Une répercussion sur la vie du parti Hvm au niveau local n’est pas non plus à écarter. Nous en parlerons le moment venu.

 La rédaction

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