Publié dans Politique

Gestion des taxis-ville - Le régime allume Lalao Ravalomanana

Publié le vendredi, 08 décembre 2017

Les divergences entre l'association des taxi-villes (Ftar) et la Commune urbaine d'Antananarivo servent de munition au régime de Hery Rajaonarimampianina pour enfoncer un peu plus un de ses adversaires politiques. A travers la première magistrate de la ville, le Hvm vise le Tiako Madagasikara du couple Ravalomanana. En guise de contribution au dénouement de cette crise latente, l'Etat aurait, dans l'attente de la version officielle, opté carrément dans le camp de la Ftar.

Des indiscrétions, confirmées d'ailleurs par des chauffeurs de taxi, affirment que la contre-visite se tiendra finalement à Ampasampito dans l'enceinte de l'Omavet mais elle serait effectuée  avec des vérificateurs du ministère des Transports et non ceux de la Cua. Une baisse considérable des points à contrôler est également évoquée dans le but d'alléger les charges des transporteurs. Dans ce cas, ces derniers ainsi que l'Etat peuvent se targuer d'avoir remporté la bataille au détriment de la Cua. Une fois de plus, cette dernière a été coiffée au poteau par le régime qui  piétine sans la moindre hésitation sa plate-bande au nom  du populisme. Avec cette complaisance de l'Etat dans la médiocrité et du laisser-aller, ce n'est pas ainsi demain la veille d'une  capitale possédant  un parc de taxis-ville aux normes. Les voitures avec carrosserie cabossée, peinture écaillée, sièges déchirés et bien d'autres anomalies indignes d'un service public, continueront toujours à circuler.
Depuis le début, des observateurs voient derrière la manifestation de la Ftar la main du régime.  Aucun des mouvements de contestation organisés par cette association n'a été interdit par les autorités locales. Qu'il se déroule en salle ou en plein air. Et ce contrairement à d'autres associations apolitiques ou syndicales qui, au moindre mouvement, subissent la foudre des forces de l'ordre. La dernière manifestation initiée jeudi par la Ftar illustre parfaitement ce coup de pouce de l'Etat. Bien que le cortège de contestation ait bloqué une grande partie de la circulation du ministère des transports à Anosy, au palais de verre à Anosikely, les forces de l'ordre ont brillé par leur absence laissant ainsi la manifestation se dérouler normalement au détriment des usagers.
Le régime Rajaonarimampianina croit, après cette victoire si on peut le dire ainsi, gagner la sympathie d'une frange de la population en se rangeant du côté des « faibles ». Un faux espoir pourtant dans la mesure où la principale victime n'est autre que son principal rival aux prochaines élections qui, au rythme des coups bas, voit sa cote de popularité, du moins dans la capitale, en hausse.
A.R.

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Editorial

  • Bataille rangée
    Guerre déclarée. L’escalade de provocations, déclenchée initialement par les maîtres du régime, propulse inexorablement le pays vers la logique de confrontation. Une guerre déclarée dont personne ne sait quel en est la véritable raison. Des troubles inutiles et incompris sciemment fomentés un peu partout.  En face, l’opinion publique, des acteurs pertinents de la société civile, les leaders des formations politiques principalement de l’opposition et même les prélats des Eglises, à l’instar de l’Eglise catholique apostolique romaine (ECAR) ou ceux des Eglises non affiliées au FFKM ne restent pas insensibles. Ils réagissent chacun dans leur propre camp. En fait, ils ne veulent pas rester indifférents et sont déterminés à manifester leur rejet aux dérives dictatoriales, répétées, de ces détenteurs de l’autorité d’Etat. Des tirs croisés, apparemment percutants, atteignent de plein fouet le centre de gravité du pouvoir. Ainsi, le régime doit faire face à une bataille rangée sur plusieurs fronts.Les catholiques, très…

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