Publié dans Politique

Séjour irrégulier à Madagascar - L'Etat joue avec le feu

Publié le jeudi, 16 novembre 2017

L'arrestation de douze ressortissants étrangers aux faciès indiens défraie la chronique.  Ces suspects ont été interpellés  dans le centre ville de la Capitale tananarivienne.  Ils sont entrés dans le pays grâce à un visa touristique et nombre d'entre eux sont restés au pays bien que leur visa soit expiré. 

La présence de plus en plus nombreuse de ces étrangers, habillés à la manière traditionnelle arabe dans les rues de la Ville des mille avait commencé à titiller les esprits sur leur situation. Ils s'adonnaient à des activités commerciales telles que la vente de téléphones portables et autres matériels informatiques.  Or, il faut savoir que les ressortissants étrangers qui entrent dans la Grande île en qualité de touristes ou visiteurs ne sont pas autorisés à s'engager dans une activité rémunérée, d'où leur interpellation.
En tout cas, l'arrestation de ces individus en situation irrégulière pose la question d'une défaillance voire d'un possible laxisme de l'Administration et du département de la Sécurité publique en particulier. L'on se pose notamment une question : cette dizaine de ressortissants étrangers ont été interpellés, mais combien d'autres sont passés entre les mailles des filets des Forces de l'ordre ?  Combien sont - ils dans le même cas que ces interpellés ?  Combien de centaines ou de milliers de ces étrangers,  de différentes autres nationalités, en situation irrégulière y a-t-il à Madagascar ?
En situation de quasi clandestinité ? Des questions pertinentes d'autant que contrairement à d'autres îles de l'océan Indien telles que l'île Maurice, où les touristes ou visiteurs doivent justifier d'une adresse de résidence sur place, à Madagascar les adresses de résidence des touristes sur place ne sont pas, sauf erreur, communiquées. Il serait ainsi facile pour ces derniers de disparaître littéralement dans la nature. La Police nationale ne devrait-elle être mise à contribution et dotée en matériel pour sévir ?
Après la polémique sur la venue de réfugiés syriens il y a quelques mois, cette arrestation de ressortissants étrangers dont certains en situation irrégulière a fait ressurgir chez de nombreux citoyens malagasy la crainte d'une percée de l'islamisme intégriste dans le pays, surtout en ce moment où l'actualité internationale est marquée par la disparition territoriale de l'Etat islamique.  Beaucoup d'observateurs estiment ainsi que les soldats de Daesh pourraient être tentés de fuir et tenter de trouver d'autres terres d'accueil moins hostiles telles que Madagascar.  Il faut dire en effet qu'avec l'ouverture de l'espace aérien de la Grande île,  de plus en plus de compagnies aériennes qui viennent de Dubaï et de la Turquie atterrissent dans le pays. Une situation qui pourrait faciliter la circulation de ces terroristes, d'après des analystes.
Avec de simples visas de touristes, certains d'entre eux pourraient facilement rentrer dans la Grande île et disparaître dans la brousse profonde, là où les Forces de l'ordre éprouveront des difficultés à les retrouver.  Ceci étant dit, certains sur les réseaux sociaux de se demander ainsi : et si certaines de ces personnes en situation irrégulière venaient gonfler les rangs des dahalos ou même fonder un nouvel Etat islamique ? Avec la porosité des frontières maritimes malagasy, il n'est pas interdit de penser que des armes ont été introduites dans le pays.  Et comment surveiller tous ces « présumés-futurs-dahalos  ou terroristes » qui peuvent passer à l'action d'un jour à l'autre ?  En tout cas, en ne mettant pas un système de contrôle efficace, l'Etat malagasy joue avec le feu car il sait pertinemment tous ces risques, il les connait. Et l'immigration est devenue un réel danger pour la Nation malagasy.
A.R.

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