Publié dans Politique

Gestion de l’épidémie de peste - Un créneau favorable au détournement de fonds publics

Publié le jeudi, 09 novembre 2017

Empressement. Les Malgaches se gardent de crier victoire avant l’heure face à une situation dont l’issue est encore incertaine : « Aza misioka raha mbola tsy tafavoaka ny ala ». Ces derniers jours, les hauts responsables gouvernementaux se sont félicités à tout bout de champ de l’évolution de l’épidémie de peste, certes significative mais pas encore rassurante au stade actuel. A les entendre palabrer ici et là, l’on croit que les péripéties sont sur le point de se dissiper. Pourtant, le pays n’est pas encore sorti de l’auberge et les choses laissent transparaître une incompétence flagrante.

Des observateurs bien avertis ont pu remarquer que le ministère de la Santé publique et le gouvernement en général n’ont jamais daigné élaborer une cartographie de l’épidémie depuis le début. C’est un outil important pour mieux organiser la riposte. Il permet d’indiquer à tout moment les foyers actifs, ceux à la fin d’épidémie et ceux épargnés. Constamment mise à jour, une telle cartographie détermine avec efficacité les efforts à déployer pour un suivi de près sur le terrain.
Peu d’utilité
Selon une source bien informée, les foyers actifs pour la ville d’Antananarivo sont listés comme suit en date du 3 novembre dernier : Ambohidroa, Amboavaly, Soavimasoandro, Analamahitsy, Amboditsiry, Ambohimahitsy, Ambohidahy, Manjakaray, Andohatapenaka, Antohomadinika, Tsaramasay, Ankadifotsy, Anjanahary, Amboditsiry, Ambohimirary, Ampanotokana, Andraisoro, Ampahibe, Ambanidia, Mandroseza, Mahazoarivo, Androndra, Namontana, Anosipatrana Ouest, Andrefan’Ambohijanahary, Ampefiloha, Isoraka et Andavamamba avec une trentaine de cas.
Aucune de ces informations n’est mise à la disposition du grand public pour que les habitants prennent des précautions qui s’imposent en conséquence. Les communications officielles fournissent seulement des chiffres de peu d’utilité destinés à calmer les esprits afin de ne pas éterniser la panique, bien entendu.
Assimilable
Des experts notent également que le ministère de la Santé publique ne dispose pas de plan d’urgence pour faire face à l’épidémie. Selon des indiscrétions, l’équipe du professeur Mamy Lalatiana Andriamanarivo n’a rien inventé. Elle se contente du plan de contingence pour les épidémies majeures conçu en 2014 sous Dr Christophe Roger Kolo, alors Premier ministre et ministre de la Santé publique à la fois. Un tel immobilisme serait assimilable à la non assistance des personnes en danger.
En outre, l’équipe d’Ambohidahy n’a fait qu’attendre les interventions des entités de bonne foi, qu’elles soient locales et étrangères. En effet, les aides ont afflué depuis l’appel au secours lancé par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Outre les agences onusiennes, la France, la Banque mondiale, les Etats-Unis, le Royaume du Maroc, la Chine, le Japon… se sont bousculés à la porte pour apporter leur part respective.
Détournement
Des millions de dollars sont obtenus pour tenter d’enrayer la mort noire du sol malgache. Mais des suspicions de magouilles commencent aussi à se faire jour. Des groupes comme le Cercle de réflexion sur l’avenir de Madagascar (Cram) ont déjà exprimé leur inquiétude à ce sujet en dépit de l’assurance du ministre des Finances et du Budget Vonintsalama Sehenosoa Andriambololona qui a mis l’accent sur la transparence des ressources provenant de l’extérieur dans le cadre de la présente lutte d’ensemble.
Au moins, trois décisions portant sur la mobilisation des fonds pour la peste ont été prises lors du Conseil du gouvernement d’hier. De ce fait, d’aucuns doutent que le contexte de lutte ait émergé comme un nouveau créneau favorable au détournement de l’argent public pour le régime dont la crédibilité se réduit du jour au lendemain comme peau de chagrin. Les milliards de dollars annoncés à Paris voilà déjà une année presque ne viendront jamais à temps à ce rythme.
Manou Razafy

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Editorial

  • Horizon…2019 !
     Emergence, terme fétiche en cette fin de mandat du régime en place. Tellement, les barons aux cravates bleues terminent leur funeste parcours en coulant le pays. On dit qu’un objet émerge quand il remonte en surface et se trouve en contact avec l’air. Pour un homme, entièrement sous l’eau, le terme « émergence » indique pour lui l’idée d’une remontée en surface et lui offre la possibilité de pouvoir respirer l’air. Madagascar, en cinquante-huit ans d’indépendance, sauf la petite parenthèse des années 60, ne cessa de dégringoler. Une descente aux… enfers qu’aucun régime démocratiquement élu n’avait pas pu stopper tout au moins ralentir. En effet, à partir des années 70, le « navire Madagascar » commença à prendre de l’eau. Le comble du malheur, le drame s’aggrave d’année en année. La Deuxième République, le principal tombeur du pays, détruit tout. La dictature rouge de l’Amiral Didier Ratsiraka coula la Grande île. Le régime socialiste…

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