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Publié dans Politique

Ministre de la Santé publique - Démission réclamée pour cause d’incompétence

Publié le mercredi, 25 octobre 2017

Les controverses liées à l’épidémie de peste exposent l’équipe du ministère de la Santé publique (MinSan) à des critiques virulentes. Le ministre Mamy Lalatiana Andriamanarivo en particulier est visé. Des politiciens, comme Sarah Rabearisoa, présidente nationale du Parti libéral démocrate, réclament même sa démission pour cause d’incompétence.Le grand clinicien pédiatrique doit partir car sa place est ailleurs, dit-on. Dès le début, les manières de gérer la maladie, certes, ont généré tant de reproches. L’avènement d’une épidémie pareille réactualise les débats sur la nécessité de faire fonctionner les Services des activités de médecine d’urgence (Samu). Ceux-ci relèvent des compétences gouvernementales. Pourtant, chez nous, ils sont tombés entre les mains des particuliers. Ils en ont même un brevet dûment déposé auprès de l’Office malgache de  propriété intellectuelle (Omapi).

 

Mobilisable

A la place des Samu, il est créé des Centres d’activités de médecine  d’urgence de Madagascar (Camum). Les structures correspondantes existent depuis 2015. Ils sont rattachés au secrétariat général du MinSan. Mais leur existence n’est que virtuelle. Personne n’a jamais pensé à les rendre opérationniels. Ceci dénote une sorte de laxisme dans la gestion de la santé publique chez nous. L’exposition des internes des hôpitaux et des étudiants en médecine à la maladie est plus qu’éloquente. En effet, les hauts responsables ministériels sont pour la plupart des bureaucrates. Ils sont déconnectés des  « réalités ». Peu d’entre eux ont des expériences avérées de terrain. Le Samu ou son homologue malgache Camum est un service mobilisable à tout moment. Il envoie des médecins pour diagnostiquer des cas de peste suspects signalés, par exemple. Ce n’est donc pas au malade de venir se faire ausculter auprès de centre de santé comme on l’a préconisé chez nous quelques semaines auparavant. Si jamais la personne est réellement infectée, elle risquerait de contaminer les autres.

Tombes

Des aspects socioculturels échappent également aux responsables ministériels. Les Malgaches associent à une lourde peine éternelle le fait de n’est pas être inhumés dans les caveaux familiaux. Voilà pourquoi ils camouflent les cadavres des proches, victimes ou pas de la peste. Les recherches à ce sujet sont pratiquement inexistantes pour déterminer le temps durant lequel le bacille peut survivre dans les  tombes… Faute de données à jour, l’on se contente de dire que sa durée de vie serait de 6-7 ans. Les mesures préconisées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) consistant à enterrer dignement les victimes posent également des doutes. On n’en savait pas trop de la résistivité de la cellophane avec laquelle on enveloppe les cadavres.

Adversaires

Le ministère ne se donne pas non plus la peine de mobiliser les épidémiologistes qui sont mieux au fait des actions à mener. Ils sont nombreux au pays à l’instar d’anciens responsables à Ambohidahy. Ces experts sont comme des réservistes à faire travailler pour le bien de la population. Mais les responsables en place voient en eux des adversaires potentiels pour la simple raison que ces derniers sont suffisamment expérimentés pour surclasser facilement les premiers. La lutte contre les puces par les insecticides s’avère peu opportune. Les liquides sont inefficaces contre les insectes rampants comme les puces à l’inverse des insectes volants comme les moustiques... Le recours aux poudres comme le Deltaméthrine ou K-otrim est plutôt de mise comme on l’avait fait lors des épidémies de peste en 1990 et en 1991 à Mahajanga.

Nuisibles

Les bactéricides et virucides sont recommandés pour tuer les microbes et non les insecticides. Ceux-ci peuvent inciter les puces à davantage se nourrir de sang chaud en piquant les humains. On a alors besoin de poudreuses à la place des pulvérisateurs. L’usage des insecticides a quand même l’avantage d’éliminer d’autres agents pathogènes nuisibles à la santé humaine et animale.

Les spécialistes disent que la dératisation durant la période d’épidémie de peste est taboue. Elle amène les puces à se propager davantage au détriment des humains. La peste urbaine est déjà entérinée, d’où la  recrudescence de la forme  pulmonaire provenant de la contamination d’homme à homme. Quand à la peste rurale, la triade rat-puce-homme est à l’origine de la forme bubonique.

Vaincue

La mise en place des barrages sanitaires sur les routes nationales pour renforcer le contrôle sanitaire est aussi vivement critiquée. Elle signifie que le système sanitaire malgache n’est pas doté d’un système de surveillance efficace. L’OMS recommande plutôt la création des centres de traitement de peste. Ce n’est qu’une simple formalité. On a déjà vu combien les barrages sanitaires étaient inefficaces lors de l’épidémie de choléra en 1998. Bien d’autres approches peuvent être déployées, selon les spécialistes. Mais l’équipe du Mamy Lalatiana Andriamananarivo serait peu à la hauteur pour les mettre en œuvre pour contenir en si peu de temps cet épisode d’épidémie. Elle s’agrippe au système au lieu de s’avouer vaincue à l’image même du gouvernement de combat incapable de résoudre les problèmes quotidiens des habitants. La peste reviendra toujours au rythme où vont les choses chez nous. Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse, disent les Français. Notons qu’en ce moment,  les passagers venant de Madagascar débarquant à Maurice font l’objet d’une certaine  « stigmatisation ». Un couloir séparé est spécialement aménagé pour limiter le contact entre les passagers venant de la Grande île et ceux d’autres destinations…

M.R.

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Editorial

  • Vilénies bestiales et monstrueuses !
    En phase à une grande et décisive mutation, le pays n’est toujours pas au bout de ces malveillantes surprises. En  attendant la publication des noms des heureux élus pour siéger au Gouvernement Ntsay Christian, des affaires datant du régime précédent débarquent et polluent l’environnement. En dépit du début encourageant d’une éclaircie de la vie nationale, les vilénies monstrueuses du régime déchu, celui de Rajao, continuent de vicier l’atmosphère. Les échos des barbaries bestiales dont les ex-barons aux cravates bleues passaient maitres ne cessent de choquer l’opinion.  

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