Publié dans Politique

Kidnapping - Des victimes s'exilent

Publié le mardi, 24 octobre 2017

Nahid Meralli Balou, libéré lundi après 17 jours de captivité, emboîtera-t-il les pas des autres kidnappés en décidant de quitter Madagascar ? Traumatisés, choqués et scandalisés ! C'est ce qu'on peut qualifier des cas  des victimes d'enlèvement au pays, la plupart formée d'hommes d'affaires français d'origine indopakistanaise. Leur ras-le-bol est tel que certains ont simplement choisi de s'exiler. C'est le cas d'Yanish Ismaël 26 ans, enlevé en mai dernier, que les ravisseurs ont relâché au terme de 23 jours de captivité.

Le fils de Danil Ismaël, propriétaire du Trianon Shopping Park à Maurice, avait été enlevé le 14 mai lors de prières en hommage à ses grands-parents au cimetière d'Ilafy, et en compagnie de son neveu de 12 ans. Ce n'est que le 5 juin qu'il a été relâché après la rançon versée par son père. Pour la victime, c'était  un véritable calvaire.  Récemment, il a donc décidé de partir vivre à l'Ile Maurice où une vie normale l'attend après le cauchemar vécu dans la capitale malgache. Des informations confirment que c'est toute la famille Danil Ismaël qui a pris la décision de s'installer à l'Ile Maurice et non seulement son fils Yanish.
Sitôt établi là-bas, celui-ci explique pouvoir vivre finalement dans la plus grande sérénité et où il peut se consacrer sans aucune peur, loin de tout souci de sécurité, à ses activités professionnelles. Dans l'île voisine, Y.I. raconte ses possibilités de circuler librement partout, donc sans garde du corps.  Mais il n'est pas le seul à s'envoler ainsi pour d'autres cieux.
 Avant lui, Goulam Raza Aly, le propriétaire des concessionnaires Landis et Malgamobile a également quitté la Grande île pour l'Ile Maurice et toujours pour la même raison sécuritaire que son compatriote.  Enlevé deux fois dans la capitale malgache, G.R.A. a décidé de partir après son deuxième kidnapping. Néanmoins, il fait le va-et-vient entre l'île sœur et Madagascar pour la bonne marche de ses entreprises.
La liste n'est pas exhaustive. Soulevons aussi le cas du propriétaire, un autre indopakistanais, de l'entreprise Center Point à Ankorondrano. Il n'a été enlevé qu'une seule fois mais cela a suffi pour l'ulcérer au plus haut point. Lassé de l'insécurité alarmante observée chez nous, il a opté pour le Canada comme sa nouvelle terre d'élection. Mariée à une malagasy, Riaz venait souvent prendre ses vacances dans la Grande île. Mais l'exil est devenu une contagion si bien que certains opérateurs économiques malagasy ont  pris également le même chemin. La famille d'Arlan Ramiliarison a décidé de refaire sa vie à l'étranger après le sinistre et sanglant épisode du double-enlèvement d'Annie, qui a été assassinée durant sa captivité et d'Arnaud à Toamasina en 2015. Récemment, ce dernier est parti  vivre  à l'étranger avec sa mère.
De leur côté, les autorités locales se démarquent toujours par le retard flagrant de leur réaction afin de tenter de freiner le phénomène kidnapping. La dernière trouvaille des autorités est la création de la « cellule kidnapping » entre la police, la gendarmerie nationale, la justice malagasy et les 4 sociétés de téléphonie mobile de la place, afin de faciliter les traçabilités des ravisseurs,  lors de récentes déclarations communes….En somme, des mesures « curatives » que « préventives ».
La recherche des vrais commanditaires et ceux qui tirent la ficelle semble délaissée. Il suffit de se remémorer du débat lors du procès du double enlèvement à Toamasina ayant causé la mort d'une adolescente. Dès le lendemain de la libération de l'otage rescapé, les dès ont été pipés. A preuve, les véritables auteurs ont été placés, non pas à la maison de force de Tsiafahy en attendant leur procès, mais à la prison d'Ambatolampy. Et à quelques jours du procès, les deux principaux présumés coupables et en relation permanente avec les commanditaires se sont évaporés dans la nature sans qu'aucune entité n'arrive à expliquer comment. De cette absence notoire, tous les inculpés dénoncés par ces « évadés » ont été relâchés. Toujours dans cette affaire de kidnapping à Toamasina, les armes utilisées par les bandits et saisies par les forces de l'ordre demeurent jusqu'à  ce jour muettes. Or, avec les numéros inscrits, c'est facile de remonter leur provenance.
Face à cette inertie des autorités à mettre la main sur les commanditaires, il est tout à fait normal que ceux qui ont été victimes d'enlèvement, une fois libérées, se mettent à l'abri en choisissant un ciel plus clément. A Madagascar, ils se sentaient vulnérables, sans défense et à la merci des bandits qui, de ces paramètres, bénéficient certainement d'une protection impénétrable….
Franck Roland

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