Publié dans Politique

Trafic illicite de bois de rose à Singapour - Mbola Rajaonah, commanditaire !

Publié le mardi, 17 octobre 2017

Silence complet depuis le mois de mais 2017 où une plainte pour faux et usage de faux a été déposée au tribunal de première instance d’Anosy, par la direction de la législation et du contentieux, représentant le gouvernement malgache dans le cadre de son engagement à poursuivre les trafiquants malgaches complices de l’homme d’affaires  Wong Wee Keong, directeur général de la société Kong Hoo, basée à Hong Kong, qui était importateur de la cargaison illicite de 3.000 tonnes de bois de rose. C’était suite au verdict prononcé par la Haute Cour Singapourienne, condamnant à trois mois de prison le hongkongais et au paiement d’une amende de 500.000 dollars. On en sait plus actuellement sur la raison de ce silence, c’est essentiellement parce qu’un des barons du régime Rajaonarimampianina est impliqué dans cette exportation illicite de bois de rose, qui devait avoir comme destination finale Hong Kong en Chine, mais qui a été intercepté au port de Jurong à Singapour, alors que la cargaison devait juste y transiter. Et ce baron du régime n’est autre que le conseiller spécial du Président de la République, Mbola Rajaonah, très proche du couple présidentiel.

 

De source  sûre , on nous a appris que Mbola Rajaonah avait participé à l’envoi de ces 30.000 rondins de bois de rose, au tout début du mandat de Hery Rajaonarimampianina. Le bateau les ayant transportés avait quitté le port de Toamasina le 15 février 2014, soit quelques semaines seulement après l’arrivée du Chef de l’Etat à la tête du pays. Ce qui prouve tout l’intérêt que ce genre de personnage trouve à fricoter avec les gens du pouvoir. C’est ainsi que lorsque la cargaison avait été saisie à Singapour le 14 mars 2014, c’était le branle-bas de combat pour les complices locaux de l’homme d’affaires chinois. « Mbola Rajaonah était resté au pays tandis que son compère, lui était parti en catastrophe à Singapour pour tenter d’intervenir afin de régler dans la mesure du possible les problèmes », a confié notre source au courant du déroulement de l’affaire. « Le conseiller du président était constamment au téléphone jusqu’au petit matin afin de s’assurer que le bateau puisse repartir », a-t-elle continué avant d’ajouter qu’il était surtout question pour les complices malgaches d’être payés par l’importateur pour pouvoir se débarrasser au plus vite du problème. Malheureusement sur le coup, la douane Singapourienne avait maintenu sa décision de saisir les bois de rose jusqu’à ce que toute la lumière soit faite sur le caractère illégal ou non de son importation.  Le conseiller spécial n’en est donc pas resté là, il y était encore pour quelque chose dans le fait que le gouvernement malgache a tenté de dépêcher une mission d’urgence sur place, conduite par le ministre de l’environnement de l’époque Anthelme Ramparany, peu après l’arrivée de Kolo Roger au gouvernement. « Il était urgent pour les autorités malgaches de préciser à la justice Singapourienne que les documents d’importation de ces rondins de bois de rose sont authentiques et qu’ils sont sortis légalement du port malgache parce qu’il fallait absolument que le contrat avec l’opérateur hongkongais soit rempli », a révélé encore notre source, en indiquant que derrière le gouvernement malgache qui s’était mobilisé pour justifier l’importation, il y avait les pressions de la présidence de la République, Mbola Rajaonah avait commencé de plus en plus à prendre de l’influence au sein du cercle restreint de Hery Rajaonarimampianina. Il avait réussi dans un premier temps, parce que sur le témoignage du ministre Anthelme Ramparany en personne, l’homme d’affaires Wong Wee Keong avait été acquitté une première fois.  Par la suite, notre source de révéler que « les sources de la mésentente entre Mbola Rajaonah et son autre compère étaient justement cette affaire de bois de rose de Singapour. Le premier soutient que l’argent avait été déjà touché par son compère qui l’a lâché une fois que l’affaire avait donc été réglée en ce moment-là. Le second quant à lui affirme qu’il n’a jamais touché cet argent, parce que de toutes les façons, les problèmes n’étaient pas résolus comme on pouvait le voir par la suite ». On avait appris, selon nos sources, que les deux « partenaires », qui étaient pourtant très proches en faisant ensemble des affaires à l’époque avaient fini par s’éloigner l’un de l’autre, à cause du scandale de bois de rose de Singapour.  Il a fallu l’arrivée de Jean Ravelonarivo à la tête du gouvernement pour que les donnes changent enfin. Ce dernier n’était pas d’accord que Madagascar lâche aussi facilement autant de bois de rose, évalués au bas mot à plus de 47 millions d’euros à l’époque. Il avait ainsi envoyé une lettre à la Haute Cour de Singapour pour indiquer clairement la position du gouvernement. La cargaison de bois de rose était partie illégalement du port de Toamasina et les documents d’importation sont faux. On connait toute l’histoire, le gouvernement ne parlait pas d’une seule voix. Anthelme Ramparany, alors affecté à la tête du département de l’élevage, avait continué à dire que l’importation était légale, tandis que son successeur, Ralava Beboarimisa, lui disait le contraire, appuyé par son chef du gouvernement, Jean Ravelonarivo. Bizarrement, la présidence était pendant tous ces temps-là restée totalement muette, sans doute parce qu’elle connait la vérité sur qui était réellement derrière toute l’affaire. Sur pressions de la CITES ou  la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore en voie d’extinction qui a même brandi de menaces à l’encontre de Madagascar, le gouvernement a dû changer de langage pour dire que finalement, les bois de rose ont été illégalement importés de Madagascar et que les documents ne sont pas authentiques. Ce revirement avait foutu la honte à tout le pays, comment était-ce possible que les autorités malgaches avaient soutenu pendant plus de deux ans, de 2014 à 2016, que la cargaison de bois de rose était légale, permettant l’acquittement de l’homme d’affaires par deux fois en 2015 et 2016 avant de déclarer le contraire ? Il était clair qu’en haut lieu, on cherchait à faire en sorte que les bois de rose atterrissent entre les mains de son importateur chinois, au lieu de les protéger comme étant des ressources naturelles pourtant illicitement exportées à l’étranger.  En tout cas, la communauté internationale devrait être vigilante, comprenant sans doute mieux pourquoi la plainte contre X pour faux et usage de faux dans les documents d’importation de ces bois de rose déposée par le gouvernement –à contrecœur donc -  n’aboutisse pas ? Elle devrait normalement relancer sous peu les autorités malgaches sur la suite de cette affaire. Presque quatre années se sont écoulées depuis le jour de la saisie des 30.000 rondins de bois de rose à Singapour et cinq mois maintenant que la plainte a été déposée ? Etait-ce donc juste de la gesticulation de la part du gouvernement pour duper la communauté internationale qu’il a vraiment pris des mesures ? L’avenir proche nous le dira. D’autant plus que ce n’est pas la première fois que le nom de Mbola Rajaonah est cité dans des affaires de trafic de bois de rose, un député élu sous l’étiquette « indépendant », mais qui a eu entretemps retourné sa veste pour le parti HVM, en sait quelque chose, lui-même avait avoué avoir été dupé par ce conseiller spécial dans ce « business ». Mais nous en reparlerons. 

 Mouvement pour la Liberté d’Expression (MLE)

 

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Editorial

  • A plein régime
    Désormais, la Haute Cour de Justice (HCJ) fonctionne à plein régime. En effet, après la prestation de serment des députés désignés, le mardi 21 janvier 2020, les onze membres de la HCJ sont au grand complet et pourront effectivement entamer leur mission. D'emblée, il s'agit là d'un coup de poker du régime IEM de Rajoelina Andry Nirina. Le pari annoncé de vouloir éradiquer jusqu'à la racine l'impunité entre dans sa phase décisive.  

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