Publié dans Politique

Grève générale illimitée - Les magistrats et les greffiers durcissent le ton

Publié le lundi, 09 octobre 2017

Face au comportement du pouvoir central qui fait la sourde oreille aux demandes des employés de la justice en maintenant sa position inexplicable, le Syndicat des magistrats de Madagascar (Smm) et le Syndicat des greffiers de Madagascar (Sgm) entendent durcir le ton. Au 14è jour de grève des magistrats et des greffiers de Madagascar, le conflit semble donc s’enliser.  Le débrayage illimité des magistrats et des greffiers se poursuivra cette semaine encore. Les activités restent donc paralysées dans le secteur judiciaire malgache jusqu’à nouvel ordre.

Une manière pour les magistrats et les greffiers de soutenir que le mouvement ne connaît pas d’essoufflement.  Loin de s’essouffler, dans les Régions, la grève est même en train de se durcir. Et ce, suite aux intimidations dont sont victimes certains grévistes.  Le délégué du syndicat des magistrats à Fianarantsoa, Andriatsivaliana Oelinjaka a réitéré hier que la grève se poursuivra cette semaine en attendant le rapprochement avec le ministère de la Justice. Toutes les audiences dans le pays sont renvoyées et aucun service minimum n’est assuré, notamment à Fianarantsoa et Mahajanga.  Tous les tribunaux et cours du pays resteront fermés, à l’exception notable
du Tribunal de première instance d’Antananarivo, où des forces de l’Emmoreg étaient, pour rappel, descendus le deuxième jour de la grève des magistrats et des greffiers.  En tout cas, les hommes en toge et les auxiliaires de justice, en grève depuis le 27 septembre dernier, ont tenu une réunion hier dans la matinée.
Le Smm et le Sgm sont, rappelons-le, entrés en grève le mercredi 27 septembre dernier. Les deux syndicats avaient décidé de faire front commun pour se faire entendre par le ministère de la Justice. Les greffiers réclament principalement une amélioration de leur condition de travail. Les juges réclament plus d’indépendance.  En effet, les magistrats dénoncent notamment les pressions subies de la part du pouvoir ou encore l’ingérence de l’Exécutif dans les décisions de justice. Faut-il rappeler qu’en quatre mois, c’est la troisième fois actuellement que les magistrats notamment sont en grève pour ces raisons. Ils réclament des mesures et des réformes. Lors de la conférence de presse destinée à annoncer la grève illimitée, Fanirisoa Ernaivo, présidente du Smm avait notamment cité l’encadrement de la subordination hiérarchique et la communication de dossier, l’application des décisions de justice, ou encore la réforme du statut de la magistrature et une réforme du Conseil supérieur de la magistrature. L’existence de conflits entre le fait d’être membre du Csm ou d’être chef de cour ou de juridiction avait été pointée du doigt. Pour les deux syndicats, pas question de retourner dans les salles d'audience tant que leur ministère de tutelle n'aura pas apporté de solutions concrètes à leurs revendications. Ce qui ne semble pas être dans les priorités du gouvernement actuel. En tout cas, malgré la grève, les magistrats et les greffiers sont disposés à entamer le dialogue. Las des promesses sans lendemain qui ne satisfont que ceux qui les distillent, les deux syndicats exigent toutefois du concret et rien d’autre. Ils réclament notamment un calendrier précis de réalisation des solutions à leurs revendications. Le tempo de la grève sera maintenu jusqu’à ce que toutes les conditions posées pour la reprise soient réunies.
Recueillis par A.R.

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