Publié dans Politique

Révision de la Constitution - Une velléité à effacer les traces d'Andry Rajoelina

Publié le lundi, 18 septembre 2017

Rester à tout prix. Telle semble être la principale devise du Président Hery Rajaonarimampianina et de son parti Hvm en ce moment. Après 4 années passées à la tête de la magistrature suprême du pays, l'ancien Grand argentier semble avoir pris goût au pouvoir. Déjà sanctionné d'une cote d'impopularité qui bat tous les records des Présidents ayant gouverné Madagascar, le locataire d'Iavoloha veut pourtant conserver son fauteuil par tous les moyens. L'on se souvient, par exemple, du déploiement spectaculaire d'éléments des Forces de l'ordre pour empêcher toute manifestation citoyenne, aussi pacifique soit - elle,  sous prétexte de menace de trouble à l'ordre public. Une forme d'intimidation de la part d'un régime fragile qui craint la liberté d'expression.

L'on peut également citer les nombreuses opérations de séduction faites à l'endroit des parlementaires, des députés en l'occurrence, à chaque fois que ces derniers brandissent la menace de déchéance ou de motion de censure. Et récemment, la dernière parade de Hery Rajaonarimampianina fut de lancer la perspective d'une retouche de la Constitution. Une Constitution dont il fut pourtant parmi les artisans de son adoption par référendum en 2010. Faut - il encore rappeler que Hery Rajaonarimampianina fut membre du Gouvernement de transition en tant que ministre des Finances et du Budget. Il fut donc dans la même équipe exécutive qui a fait voter la Constitution de la IVe République. Mais à cette époque, il n'a trouvé rien à dire sur ce texte suprême.
L'art de renier
Plus d'un sait en ce moment que le Président Hery Rajaonarimampianina excelle dans l'art de renier ses alliés politiques et ses compagnons de lutte. Ses amis d'aujourd'hui pourraient devenir ses ennemis de demain. La plateforme Mapar (Miaraka amin'i Prezida Andry Rajoelina) fut sa première victime. Une famille politique qui l'a conduit au pouvoir mais qu'il a tout bonnement reniée sitôt arrivé sur son fauteuil présidentiel. Lors des nombreux remaniements du Gouvernement, il n'a pas non plus hésité à sacrifier des personnes qui avaient pourtant œuvré en sa faveur à l'instar des Attalah Béatrice, Narson Rafidimanana ou encore Claudine Razaimamonjy.
En plaidant en faveur d'une révision de la Constitution, le Chef de l'Etat lance, une fois de plus, un doigt d'honneur à son ancien mentor Andry Rajoelina. L'on se demande d'ailleurs pourquoi à l'approche de la présidentielle 2018, le numéro un de l'Exécutif et son entourage trouvent soudainement des défaillances dans la Constitution mais n'ont pas manifesté cette envie tout le long de son mandat. Ce qui confirme davantage la preuve d'une mauvaise foi et d'une manœuvre de prolonger son mandat et d'éliminer ses adversaires politiques.
Tout porte à croire que l'ex - candidat qui avait revêtu le dossard n°3 lors des présidentielles 2013, veut effacer toutes les traces de l'ancien homme fort de la Transition. L'on constate en ce moment que toutes les infrastructures construites durant la période transitoire sont actuellement laissées en dérision par le régime  au lieu d'être inaugurées  pour servir l'intérêt de la population.  A l'instar des hôpitaux « Manara - penitra », des stades « manara - penitra » dans plusieurs parties de la Grande île qui attendent leur inauguration.
A. R.

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Editorial

  • Cas d'exception ?
    Le rideau est tombé sur les manifestations publiques initiées par les 73 députés pour le changement sur le Kianja, le parvis de l'Hôtel de Ville, à Analakely. Le MAPAR/TGV d'Andry Nirina Rajoelina quitta, le premier. En effet, la dissolution du Gouvernement Mahafaly Solonandrasana Olivier et la nomination d'un nouveau Premier ministre, Ntsay Christian, se trouve à l'origine de la décision conformément au verdict de la HCC du 25 mai 2018. Certes, la totalité des revendications sur la Place du 13 mai n'avait pas encore été  exaucée, mais, le fait d'avoir pu écarter le Gouvernement HVM constituait déjà un grand point d'acquis. D'autant que le Gouvernement de consensus publiait, sans tarder, le calendrier électoral anticipé. C'est une avancée non négligeable !

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