Publié dans Politique

Lutte contre les magouilles dans les marchés publics - Un coup d’épée dans l’eau

Publié le dimanche, 10 septembre 2017

Inopérant. C’est le constat établi par bon nombre d’observateurs. Face à la « recrudescence des mauvaises pratiques visant à entraver la libre concurrence dans l’achat public », l’Autorité de régulation des marchés publics (Armp) a publié un communiqué de presse  paru dans plusieurs journaux de la Capitale il y a quelques jours dans lequel cet établissement informe qu’il procèdera dorénavant à l’application des sanctions. « Des mesures appropriées seront prises à l’encontre des auteurs de ces pratiques condamnables. Ces mesures concernent notamment toutes manœuvres, sous quelques formes que ce soit, contraires aux principes de la liberté d’accès à la commande publique, d’égalité de traitement des candidats et de transparence des procédures, et qui sont institutionnellement destinées à priver certains participants de leur droit à l’information » peut-on lire dans la missive.


Coïncidence ou non, quelques jours avant la parution de ce rappel  à l’ordre de l’Armp, nous révélions dans une de nos précédentes éditions l’existence d’une « magouille dans les marchés publics » au niveau du ministère de l’Emploi, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle (Meetfp).  Pour rappel, les exemplaires des journaux dans lesquels sont uniquement insérés des appels d’offres lancés par ce ministère dirigé par Toto Lydia Raharimalala ont été à quelques reprises achetés en gros par certains individus. Le journal « Inona no vaovao » avait été la dernière victime de cet achat en gros.  De fait, les appels d’offres insérés ainsi dans ces quotidiens ne faisaient donc pas l’objet de large diffusion comme il se devrait puisque seuls les membres d’un cercle très restreint pouvaient ainsi prendre connaissance des appels d’offres, ce qui est sans doute le but de l’achat en gros. Une affaire aux forts relents de favoritisme dans laquelle un coup d’œil du Bureau indépendant anti-corruption est attendu.  En tout cas, pour bon nombre d’observateurs, la menace de sanctions de l’Armp risque de ne pas être assez « menaçante » pour les auteurs de ces  « mauvaises pratiques visant à entraver la libre concurrence dans l’achat public ». Saluée par l’opinion, l’initiative de l’Armp risquerait toutefois de n’être qu’un coup d’épée dans l’eau.  En effet, les marchés publics constituent l’un des secteurs les plus touchés par la corruption dans la Grande île. Notons à titre d’exemple qu’en fin de la semaine dernière, des responsables et des entrepreneurs suspectés de corruption ont encore été déférés à la Chaîne pénale anti-corruption pour favoritisme, faux et usage de faux, conflit d’intérêt. Ces affaires ne seront à ne pas en douter ni les premières ni les dernières. L’affaire Claudine Razaimamonjy reste encore vivace dans les esprits.  L’existence du Bianco, du Samifin ou encore de l’Armp, ne semblent pas être suffisamment dissuasive pour les auteurs de faits de corruption. Le risque de se faire prendre est pourtant élevé et les conséquences suffisamment  graves et lourdes. Mais de nouveaux cas de passation de marchés publics douteux continueront à être mis au jour. Il faudrait  peut-être un exemple  suffisamment marquant, notamment des sanctions lourdes contre une haute personnalité, pour que ces corrompus et corrupteurs aient peur, ce qui n’est  visiblement pas encore le cas actuellement…
  Recueillis par  A.R.

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Editorial

  • Sale jeu !
    A quel jeu se livre-t-on exactement ? Sur terrain, une équipe hétéroclite dirigée par un « technocrate et n'appartenant à aucune formation politique » du nom de Ntsay Christian joue un match capital. En réalité, il s'agit d'un match où « tout le monde », coach, capitaine, joueurs, supporters et même les spectateurs sur le gradin, n'a pas le droit ni l'intérêt de perdre. A tout prix, l'équipe doit gagner !

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