Publié dans Politique

Dirigeants politiques et politiciens - Stop à l'hypocrisie !

Publié le mercredi, 02 août 2017

Comme le dit le proverbe espagnol, « La mort ouvre les yeux des vivants » ? Le décès subit de l'ancien Président du Congrès de la Transition et l'accident grave qui a eu lieu à Ankazobe avant-hier ont mis en avant l'hypocrisie des membres de la classe politique malgache…

Mamy Rakotoarivelo a été retrouvé mort en fin de la semaine dernière, à  son domicile sis à Ankadifotsy.  Quelques heures après l'annonce de la nouvelle du mystérieux et tragique décès, bon nombre d'observateurs ont remarqué les discours émus ayant accompagné la disparition de l'ancien président du Congrès de la Transition. A l'image de l'ancien président Marc Ravalomanana qui est venu au chevet de la famille du défunt pour présenter ses condoléances et rendre hommage à son ancien ministre de la communication. L'ex chef de l'Etat a également assisté aux funérailles de ce dernier lundi. On se rappelle pourtant que durant les derniers mois de sa vie, Mamy Rakotoarivelo avait subi l'indifférence voire le mépris de son ancien patron. Malgré ses bons et loyaux services rendus sous la transition, celui qui avait été le chef de la mouvance Ravalomanana et président du Congrès de la Transition  avait été progressivement mis sur la touche  par Marc Ravalomanana après que ce dernier a effectué son retour d'exil d'Afrique du Sud en 2014. Une mise à l'écart qui ne s'explique pas, mais qui est intervenue durant la période difficile du point de vue personnel traversée par l'ancien Secrétaire général du parti Tim Mamy Rakotoarivelo... Comme lot de consolation, celui-ci avait été nommé à la tête de la chaîne de télévision et de radio Malagasy Broadcasting system, une chaîne qui ne transmettait plus depuis belle lurette. Une mise à l'écart que n'a jamais digéré feu Mamy Rakotoarivelo durant les derniers mois de son vivant. Une fois sa mort venue, c'est le même Marc Ravalomanana qui s'est précipité auprès de la famille du défunt pour manifester sa compassion… C'est comme si l'ancien chef de l'Etat a voulu surfer sur ce décès pour présenter une décrispation de la situation entre les deux hommes… Si cela n'est pas de l'hypocrisie, cela y ressemble grandement.
Effets d'annonce
Dans la nuit de lundi à mardi, un accident effroyable a eu lieu à quelques encablures de la ville d'Ankazobe, sur la route nationale 4 menant vers Mahajanga, faisant une vingtaine de morts et plus d'une centaine de blessés, selon le bilan provisoire, vers minuit. Les premières informations indiquent qu'un ratage de passage de vitesse et  des freins défectueux seraient à l'origine de cet accident.  En tout cas, cette tragédie n'a pas manqué de susciter les réactions notamment auprès des autorités malgaches. Une fois n'est pas coutume, une véritable armada, menée par le président de la République Hery Rajaonarimampianina et son épouse, ainsi que des membres du gouvernement conduits par le Premier ministre Mahafaly Solonandrasana Olivier ont ainsi effectué une descente à l'Hôpital Joseph Ravoahangy Andrianavalona, pour apporter les encouragements aux blessés qui y sont évacués et présenter les condoléances aux familles des défunts. Hery Rajaonarimampianina a précisé que l'Etat prendra en charge tous les frais médicaux et les soins nécessaires pour les blessés ainsi que le rapatriement des corps et les funérailles.  Des sanctions sévères ou encore des mesures strictes ont été répétées telles une litanie par les autorités à la suite de cette hécatombe. Les mêmes annonces avaient été faites lors des précédents accidents qui se sont produits dans le pays, notamment, l'année dernière à Ampanotokana Mahitsy, plusieurs jeunes écoliers avaient péri dans un accident de voiture et plus récemment, un camion avait fait plus une quarantaine de morts à Anjozorobe en début d'année. 
Pourtant, le phénomène semble se répéter tout de même et semble même aller en s'aggravant... Ces trois cas d'accidents ne sont que la partie immergée de l'iceberg. Des accidents qui tendent à prouver que les autorités n'ont pas la volonté réelle de se retrousser les manches pour stopper la machine meurtrière. Des accidents qui tendent à prouver le manque de volonté politique de l'Etat malagasy à véritablement lutter contre ce phénomène meurtrier de l'insécurité routière en prenant des mesures efficaces et surtout en veillant à l'application de celles-ci. Autrement, toutes les annonces ne seront interprétées que comme de simples effets d'annonce et de l'hypocrisie…
A.R.

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Editorial

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