Publié dans Politique

Interdiction de manifestation - Le Sefafi interpelle sur les fondements de la démocratie

Publié le lundi, 31 juillet 2017

Des restrictions aux libertés de réunion et de manifestation. C'est en ces termes que l'Observatoire de la vie publique ou Sefafi a qualifié les récentes interdictions du régime Rajaonarimampianina à travers un nouveau communiqué hier. Le Sefafi ne manque pas de dénoncer les deux poids deux mesures des tenants du pouvoir. D'abord, l'interdiction de toute manifestation à caractère politique sur la voie publique pendant le mois de juin, sous prétexte de la célébration du 57ème anniversaire de l'indépendance.  Cette restriction n'a pourtant pas empêché le parti au pouvoir de tenir les assises nationales à Toliara, le 17 juin.

Dans son communiqué, le Sefafi ne manque pas d'évoquer la demande du parti Tiako i Madagasikara de tenir une célébration de son 15ème anniversaire le 8 juillet dernier au stade de Mahamasina mais qui s'est soldé par un refus de la Préfecture. Malgré la suspension de la décision d'interdiction par le Tribunal administratif, le préfet de police a pris une nouvelle mesure interdisant toute manifestation dans tous les districts de la capitale, du 7 au 9 juillet.  A cela s'ajoute, la situation du Mle (Mouvement pour la Liberté d'Expression) qui avait prévu de tenir une grande manifestation le 7 juillet, pour marquer le 1er anniversaire du Code de la communication, jugé liberticide mais qui a aussi dû reporter la manifestation après l'interdiction de la Préfecture sous prétexte de risque de trouble à l'ordre public.
L'histoire se répète
A la lumière de tous ces faits, l'observatoire constate une répétition de l'histoire en faisant un rapprochement avec la réalité dans le pays en 2001, 2003 et 2005 tout en rappelant  sa lettre de protestation adressée le 28 avril 2001 au Préfet de Police d'Antananarivo. A cette époque, le Sefafi  se disait « préoccupé de ce que ces derniers temps, la liberté de réunion, ainsi que celle de manifester pacifiquement dans les lieux publics qui en est le corollaire, semblent être soumises à des restrictions, voire à des interdictions telles que celles-ci aboutissent à en nier totalement l'exercice et l'existence même ».
Le Sefafi souligne particulièrement le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (art. 21) que Madagascar a ratifié en 1971, et que ces droits sont garantis par la Constitution elle-même (art. 10) qui invoque le droit à la réunion et à la manifestation pacifique. Par conséquent, l'Observatoire de la vie publique interpelle vivement l'Etat face à une violation du fondement même de toute société démocratique et de l'Etat de droit.
Recueillis par S.R.

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Editorial

  • Horizon…2019 !
     Emergence, terme fétiche en cette fin de mandat du régime en place. Tellement, les barons aux cravates bleues terminent leur funeste parcours en coulant le pays. On dit qu’un objet émerge quand il remonte en surface et se trouve en contact avec l’air. Pour un homme, entièrement sous l’eau, le terme « émergence » indique pour lui l’idée d’une remontée en surface et lui offre la possibilité de pouvoir respirer l’air. Madagascar, en cinquante-huit ans d’indépendance, sauf la petite parenthèse des années 60, ne cessa de dégringoler. Une descente aux… enfers qu’aucun régime démocratiquement élu n’avait pas pu stopper tout au moins ralentir. En effet, à partir des années 70, le « navire Madagascar » commença à prendre de l’eau. Le comble du malheur, le drame s’aggrave d’année en année. La Deuxième République, le principal tombeur du pays, détruit tout. La dictature rouge de l’Amiral Didier Ratsiraka coula la Grande île. Le régime socialiste…

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