Publié dans Politique

Braconnage dans une aire protégée - Un député Hvm pris en flagrant délit

Publié le mercredi, 12 juillet 2017

Honteux et aberrant. Le député élu à Ambatondrazaka Josoa Marohajaina Andrianirina alias Maro, un indépendant devenu membre du clan Hvm, se croit être un roi chez lui. Ce membre, entre autres, de la Commission Environnement, Ecologie et Forêts à l’Assemblée nationale était pris en flagrant délit en pleine aire protégée localisée à Andreba Gara (MLA), sur la rive droite du Lac Alaotra, dans la journée du 11 juin dernier. Accompagné de trois autres individus, le parlementaire s’est délibérément livré à une partie de chasse aux oiseaux d’eau sauvages. « Trois d’entre eux portaient chacun sur eux deux fusils de chasse », rapporte un témoin requérant l’anonymat par peur de représailles. Le groupe de chasseurs extraordinaires a déjà abattu onze oiseaux d’eau au moment où des responsables locaux se sont présentés pour les inviter poliment à laisser tranquille la nature déjà fortement menacée en l’état actuel du déclin environnemental chez nous.

En réaction, le parlementaire lui-même a ordonné son vis-à-vis, un employé de l’ONG Durrell Conservation Trust qui s’occupe de l’aire protégée en question, à effacer immédiatement toutes les photos qu’il a pu prendre. Intimidé, le monsieur ne pouvait que s’exécuter et a gardé la bouche cousue. En effet, même l’organisation faitière œuvrant pour la lutte contre les infractions et les crimes environnementaux, l’Alliance Voahary Gasy (AVG), n’est au courant de rien jusqu’ici.
Téméraires responsables
Le député Maro s’est défendu en disant qu’il ne connaissait pas le statut d’aire protégée formellement constituée du site qu’il a investi, ce qui n’est pas fondé du tout. Le site naturel est régi par un décret sorti le 28 avril 2015 dont une copie lui a été remise par des responsables locaux. Le secteur fait partie du bassin lacustre d’Alaotra déclaré en 2003 une des zones humides selon la Convention de Ramsar. Il s’agit même de zone humide la plus vaste de toute l’Afrique. C’est donc une aire protégée à part entière.
Des indiscrétions ont signalé que le député d’Ambatondrazaka est un habitué de chasses non autorisées. De ce fait, de téméraires responsables locaux qui ne se laissent pas faire facilement ont de temps à autre de vives disputes avec lui sur le terrain. Mais ce qui est vraiment aberrant dans l’agissement du parlementaire c’est qu’il a fait son numéro exactement 10 jours avant la tenue à l’hémicycle de Tsimbazaza d’un séminaire parlementaire sur l’environnement, les changements climatiques et le développement durable dans la journée du 21 juin.
Immunité
Des parlementaires africains francophones ont participé aux débats entièrement assistés par le président de l’Assemblée nationale Jean-Max Rakotomamonjy. De par son comportement, le député membre de la Commission Environnement, Ecologie et Forêts venant d’Antsihanaka s’est donc permis de déshonorer la Chambre basse du Parlement malagasy aux yeux de ses hôtes à cette occasion. En outre, il snobe l’ambition du Plan national de développement 2015-2019 et la Politique nationale de l’environnement pour le développement durable, objet du décret numéro 2015-1308 du 11 décembre 2015.
Rappelons que toutes les aires protégées à Madagascar sont placées sous l’autorité de la loi numéro 2015-005 portant Code de gestion des aires protégées. Un projet de décret fixant les modalités et les conditions de ses dispositions révisées est soumis au Conseil du gouvernement du 28 février dernier. Ledit code prévoit de lourdes peines contre les infractions et crimes commis à l’intérieur des aires protégées. Il rend caduque l’immunité dont bénéficient nos parlementaires surtout lorsqu’il s’agit de flagrant délit.
Manou Razafy

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