Publié dans Politique

Commune de Bevonotra Sambava Le maire Hvm se croit intouchable

Publié le mardi, 11 juillet 2017

Les habitants de la Commune rurale de Bevonotra, Sambava, exigent l’éviction immédiate et le remplacement de leur maire, Robel Tsaravita, un élu Hvm. Plus de 1 200 signatures sont à présent collectées à cette fin. Se croyant être intouchable, le protégé du parti au pouvoir a des agissements qui provoquent la colère des administrés. Pour ces derniers, la coupe est maintenant pleine après que l’édile a fait arrêter par les gendarmes de la brigade d’Amboangibe un membre de l’unité d’autodéfense villageoise chargée de garder les produits de vanille mûre dans les champs contre les voleurs.

Las d’attendre l’hypothétique prise de décision des autorités régionales et préfectorales qui sont déjà saisies, les habitants de cette localité, située à quelque 100 km de marche à pied de Sambava (faute de moyens de locomotion), ont dépêché sur Antananarivo trois des leurs pour faire entendre leur voix au moyen d’une cotisation villageoise. Ils sont Coco Rabenandrasana, Jocelyn Ratierman et Dinà. « Nous espérons qu’on nous écoute ici », disent-ils.

Faire peur

Selon leur dire, un dénommé Jean-Théodore Ravelonantoandro a été arrêté et amené à Sambava le 3 juin dernier sur ordre du maire. Les membres du fokonolona s’y sont opposés. Un des gendarmes a alors tiré sur la foule, blessant ainsi un habitant et un autre gendarme après que le projectile a transpercé la cuisse de la première victime. « C’est son habitude de nous faire peur par les gendarmes », racontent les informateurs. « Notre proche est retenu à Sambava depuis plus d’un mois sans qu’il soit remis au Tribunal », poursuivent-ils. Leur souci concerne surtout l’intégrité physique du présumé. « Les gendarmes à la solde du maire ont déjà tué en 2003 un des nôtres, du nom d’Alexandre Tombosa. Il (ndlr : le maire) était encore un simple citoyen à l’époque », affirment-ils. Vers fin mai, Jean-Théodore Ravelonantoandro a pris en flagrant délit un voleur de vanille publiquement identifié comme un des gardes champêtres du maire qui se livre aussi au trafic de cette épice la deuxième la plus chère au monde après le safran. Mécontent, l’élu s’est brouillé avec les villageois qui sont surpris de voir les Forces de l’ordre cueillir leur ami à la place du voleur qui était relaxé.

Poignardé
Le maire se fait de plus entourer par une quinzaine de jeunes délinquants appelés « foroches » qui se pavanent à loisir dans les villages en terrorisant au vu et au su de tous les habitants. Ils ont poignardé trois individus le 3 juillet dernier. « Vous ne pouvez rien contre nous. Notre boss est Hvm et est maire de plus », narguent-ils dans la campagne devenue timorée de fait à la vue de leur air agressif.
L’on a appris de la bouche de leurs délégués que les habitants de Bevonotra ont approché les différents responsables régionaux pour leur faire part de leur souffrance sociale en lien avec les agissements du maire incriminé et de son entourage. « Seul le député Norbert Mamangy nous a écoutés jusqu’ici. Il s’est même arrangé pour descendre dans la Commune avant la fête de l’indépendance », rapportent les plaignants. De son côté, le maire aurait lancé à tout bout de champ que personne ne pourrait l’éjecter de son siège. Tous les hauts responsables régionaux seraient acquis à sa cause et même si la collecte de signatures à son encontre aura impliqué les nourrissons, il n’aurait pas peur d’une quelconque mesure administrative, selon les menaces qu’il a proférées.

En déliquescence avancée

« Les menaces sont notre pain quotidien que nous nous plaignions ou pas. Nous ne savons plus quoi faire. Nous avons déjà un mort dans notre famille. Autant donc monter à un niveau supérieur pour faire connaître ses méfaits. Les personnes poignardées sont toutes nos proches », soulignent les émissaires de Bevonotra. Nous avons tenté de joindre au téléphone le vice-président national du Hvm Jaobarison Randrianarivony hier soir pour demander son éventuel avis sur la situation du maire en question. Son cas, qui n’est pas isolé, risque de ternir encore davantage plus l’image de cette formation politique à l’affection populaire en déliquescence avancée. Mais personne n’a pas répondu à notre appel. Interrogée, l’Association sambavienne d’entraide et de développement (Ased) a dit de s’enquérir de la réalité sur le terrain d’abord avant de livrer sa version. Cette entité regroupe tous les natifs de Sambava résidant à Antananarivo, y compris les hauts responsables étatiques originaires de ce District.
Manou Razafy

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