Publié dans Politique

Présidence de la Fjkm - Un poste désormais politique !

Publié le vendredi, 19 août 2016

Le 18e grand synode de l’Eglise réformée de Madagascar (Fjkm) qui se déroule à Antsirabe retient l’attention des observateurs. Ouverte avant-hier, cette assemblée devra délivrer le nom du successeur du pasteur Lala Rasendrahasina à la tête de cette entité et le nom de celui qui succèdera à Marc Ravalomanana au poste de vice-président laïc. La bataille s’annonce rude.

Depuis l’ancien Président Marc Ravalomanana, et même avant, sous feu pasteur Richard Andriamanjato, le poste de président de l’Eglise réformée de Madagascar (Fjkm) est instrumentalisé pour des fins politiques. C’est pour cette raison notamment que l’ancien exilé d’Afrique du Sud s’est assuré de la réélection de son poulain, le pasteur Lala Rasendrahasina à la tête de cette eglise, à trois reprises durant ces douze dernières années.  C’est sans doute pour la même raison que Marc Ravalomanana et l’un de ses successeurs au Palais d’Etat d’Iavoloha, Hery Rajaonarimampianina batailleraient aujourd’hui en coulisses pour placer son homme à la tête de l’Eglise réformée lors de l’actuel grand synode de la Fjkm. Signalons que le système électoral actuellement utilisé pour l’élection du numéro Un de la Fjkm ne favorise pas les simples fidèles de l’Eglise protestante. Il ne faut pas oublier que ce sont des grands électeurs qui voteront pour désigner les membres du bureau central et donc le président de celui-ci. 

Pour les politiques, mettre à ce poste clé un « copain »,  permettrait de verrouiller l’Eglise réformée de Madagascar et de disposer d’une base politique, en vue des prochaines échéances électorales. 

Pour la Fjkm, être proche d’un politicien présente également de nombreux avantages. Il faut signaler que la Fjkm, contrairement à d’autres Eglises locales, ne bénéficie pas de subventions financières internationales. Ou du moins, elle bénéficie de subventions moindres. Aussi, l’instance dirigeante au sein de la Fjkm aurait tout intérêt à se chercher des alliés influents, que ce soit financièrement ou autres, comme dans le cas de l’ancien Président Ravalomanana. Quitte ainsi à déroger à certaines règles et frustrer les fidèles qui aspirent à ce que cette pratique d’instrumentalisation soit bannie à jamais. Mais à ce rythme, revoir un bureau de la Fjkm indépendant et affranchi de toutes les influences, n’est plus ni moins que de l’utopie. Faut-il rappeler que si la Fjkm a pu bénéficier de subventions internationaux, c’est grâce notamment aux recommandations faites par Marc Ravalomanana, durant le mandat de celui-ci à la tête du pays entre 2002 et 2009. Est-ce également dû au simple hasard si durant cette période en particulier, la Fjkm a connu son âge d’or, avec la construction de plusieurs temples, dont la plupart grâce à des fonds publics ? 

Aiky R.

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Editorial

  • Sale jeu !
    A quel jeu se livre-t-on exactement ? Sur terrain, une équipe hétéroclite dirigée par un « technocrate et n'appartenant à aucune formation politique » du nom de Ntsay Christian joue un match capital. En réalité, il s'agit d'un match où « tout le monde », coach, capitaine, joueurs, supporters et même les spectateurs sur le gradin, n'a pas le droit ni l'intérêt de perdre. A tout prix, l'équipe doit gagner !

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