Publié dans Editorial

Aucune alternative !

Publié le mercredi, 16 mai 2018

Le mouvement pour le changement diligenté par les 73 députés de l'opposition bat son plein tant sur la mythique et légendaire Place du 13 mai que dans les localités au niveau des Faritra. A Antananarivo, la Capitale, 70% et plus de l'appareil administratif sont bloqués, tous les établissements scolaires et universitaires paralysés. Dans l'ancienne province de Fianarantsoa (Amoron'i Mania, Haute-Matsiatra, Vatovavy Fitovinany,…), fonctionnaires et élèves grossirent les rangs des manifestants. De même à  Atsinana (Toamasina,…), à Boeny (Mahajanga,  Maintirano,…), dans le Betsiboka (Tsaratànana,…), dans le Diana (Diégo, Ambilobe,….), dans le Sud-Ouest (Toliary,…). Bref, partout dans la Grande île, la mobilisation générale est effective, les consignes générales des 73 pour le changement, suivies. Les anciennes six provinces sont touchées.

En effet, la population, dans sa totalité, exprime son ras-le-bol. Paysans, fonctionnaires, salariés, les gens des petits métiers et bien d'autres, même, les opérateurs économiques ne pouvaient plus ni supporter ni endurer les aberrations de ce régime. En quatre ans et demi de pouvoir, les barons HVM avec en tête le Chef de l'Etat n'ont fait que compliquer les conditions de vie de leurs compatriotes. Le pays dégringole au…bas-fond.
La corruption atteint le niveau maximum à tel point qu'aucun secteur de l'Etat n'en soit épargné, en particulier, les Services en charge de la sécurité et de la Justice. La population n'attend plus rien d'eux. Elle préfère « régler » à sa manière ses problèmes. Le recours aux vindictes populaires se généralise. Entièrement discréditées, ces institutions censées défendre les gens, protéger leurs biens et faire appliquer la loi n'inspirent plus confiance.
En somme, grâce à l'appel de mobilisation des 73 députés pour le changement, le tout Madagascar se lève voire bouillonne. Le point de non-retour est franchi. On réclame, de partout, la démission du Président de la République. Il ne s'agit nullement d'une quelconque tentative de coup d'Etat. C'est une pratique républicaine selon Antonio Sanchez-Benedito Gaspar, le Chef de la Délégation de l'Union Européenne résidant à Madagascar. Une expression pure et simple d'un droit inaliénable de chaque citoyen dans un pays reconnaissant, officiellement, les bases les plus élémentaires de la démocratie. Le départ du Chef de l'Etat constitue l'unique issue, le passage obligé, vers l'apaisement réel. Aucune alternative n'est admise ni envisageable.
Surpris, à la fois, exaspérés de la démarche entreprise par les négociateurs en vue du règlement de la crise, les observateurs s'indignent. Les dirigeants du Conseil du Fampihavanana Malagasy (CFM) optent pour une résolution, totalement, en dehors des actions menées par les 73 députés sur la Place du 13 mai. On dirait que Maka Alphonse s'entête à ignorer les principaux concernés. Ouvertement à côté de la plaque, l'équipe de Maka Alphonse fonce vers une route. Elle affiche qu'elle ne peut pas se débarrasser de l'ombre d'Iavoloha et montre à quel point elle suit, aveuglément, la consigne dictée par la Communauté internationale. En ce sens que les chefs de file des négociateurs internationaux, à savoir Joachim Chissano (SADC), Ramtane Lamamra (UA) et Abdoulay Bathily (ONU) comptent, contre vents et marées, maintenir à son poste l'actuel titulaire et ignorent la Place du 13 mai. Ainsi, le CFM, fidèle serviteur du Palais, obéit aux ordres du roi.
Les 73 députés persistent et signent qu'il n'y a aucune alternative : Rajao quitte le lieu !
Ndrianaivo

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Editorial

  • Point de droit
    Aristote (384-322), un philosophe de la Grèce antique, l'auteur de la célèbre pensée « l'homme est un animal politique », dans son exposé thématique sur la vertu, prônait le concept du « juste milieu ». Il invitait toujours l'homme à chercher la médiane entre un « par défaut » et un « excès ».Une philosophie qui avait largement contribué ou influencé à la conception de la pensée occidentale. Une sagesse que le monde de l'Ouest, par la voie du dialogue, tente de prioriser autant que possible. La recherche du consensus marque les progrès dans toute démarche de règlement de conflit. On bannit toute tentative au fanatisme et à l'intégrisme.

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