Publié dans Editorial

Bataille rangée

Publié le vendredi, 20 avril 2018

Guerre déclarée. L’escalade de provocations, déclenchée initialement par les maîtres du régime, propulse inexorablement le pays vers la logique de confrontation. Une guerre déclarée dont personne ne sait quel en est la véritable raison. Des troubles inutiles et incompris sciemment fomentés un peu partout.  En face, l’opinion publique, des acteurs pertinents de la société civile, les leaders des formations politiques principalement de l’opposition et même les prélats des Eglises, à l’instar de l’Eglise catholique apostolique romaine (ECAR) ou ceux des Eglises non affiliées au FFKM ne restent pas insensibles. Ils réagissent chacun dans leur propre camp. En fait, ils ne veulent pas rester indifférents et sont déterminés à manifester leur rejet aux dérives dictatoriales, répétées, de ces détenteurs de l’autorité d’Etat. Des tirs croisés, apparemment percutants, atteignent de plein fouet le centre de gravité du pouvoir. Ainsi, le régime doit faire face à une bataille rangée sur plusieurs fronts.Les catholiques, très remontés contre les récurrentes erreurs du régime, montent au créneau.

Ils dénoncent sans ménagement les bourdes sans limite commises par les dirigeants du pays. L’Eglise catholique romaine ne tolère, nullement, l’indifférence sinon l’insouciance des tenants du pouvoir face à la misère chronique des masses populaires et à la recrudescence de l’insécurité qui sévit sans distinction, ainsi que le braquage des richesses naturelles et du sous-sol du pays. Toutes les recommandations et les mises en garde émises par les chefs d’Eglise, essentiellement émanant de la Conférence épiscopale des évêques, demeurent lettre morte. Une sourde oreille qui déclenche l’ire des hommes en soutane. Selon certains observateurs, il s’agit tout simplement d’une déclaration de guerre à l’endroit des catholiques. L’« incident » de Vohipeno n’est que l’illustration de ce profond malaise. Faut-il noter que le régime n’a rien à gagner en entretenant des hostilités à l’encontre de cette institution religieuse bi-millénaire. Plutôt, il a beaucoup à perdre ! Mais les barons aux « cravates bleues » ignorent-ils la toute-puissance du Vatican sur le plan international. L’histoire nous enseigne que nombre de dictateurs, en Amérique latine, en Afrique ou ailleurs, ont trébuché sinon payé fort de leurs fauteuils en snobant les avertissements répétés en provenance de ces représentants, sur place, du Vatican.Une partie assez importante des acteurs de la société civile, très inquiète de l’évolution compromettante de la gestion des affaires nationales, surtout celles relatives aux préparatifs des élections de la fin d’année, élève la voix, à plusieurs reprises, pour « avertir » les dirigeants sur le danger qui guette le pays. La généralisation des pratiques qui favorisent la corruption met tout le monde sur une position embarrassante, et l’effet nuisible de ce « cancer » sur l’ensemble de l’économie nationale. La corruption gangrène tous les secteurs stratégiques du pays. Et ce Code électoral adopté au forcing gêne au plus haut point les citoyens avertis.Ce jour, les députés élus TIM, MAPAR et des indépendants des six Arrondissements de Tanà-ville devraient rendre compte aux électeurs leurs activités en tant que tels. Un sacré devoir auquel tout élu doit s’acquitter. Et un droit aussi à tout un citoyen-électeur d’entendre le rapport de son élu. Mais, le pouvoir voit autrement. C’est une guerre qu’il déclare, non seulement aux élus mais aussi au peuple-électeur. L’ambiance se surchauffe et aboutirait à une bataille rangée !

 Ndrianaivo

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Editorial

  • Point de droit
    Aristote (384-322), un philosophe de la Grèce antique, l'auteur de la célèbre pensée « l'homme est un animal politique », dans son exposé thématique sur la vertu, prônait le concept du « juste milieu ». Il invitait toujours l'homme à chercher la médiane entre un « par défaut » et un « excès ».Une philosophie qui avait largement contribué ou influencé à la conception de la pensée occidentale. Une sagesse que le monde de l'Ouest, par la voie du dialogue, tente de prioriser autant que possible. La recherche du consensus marque les progrès dans toute démarche de règlement de conflit. On bannit toute tentative au fanatisme et à l'intégrisme.

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