Publié dans Editorial

Point focal

Publié le dimanche, 15 avril 2018

La grande famille de la communauté catholique romaine (ECAR) de Madagascar s’est retrouvée dans la journée d’hier à Vohipeno à l’occasion d’une cérémonie officielle consacrée à la béatification de « ramose » Lucien Botovasoa. Un prélat auprès du Vatican fut de la partie pour présider la grande messe. Cet enseignant profondément acquis à la foi chrétienne catholique résista, jusqu’à sa mort, à ne jamais renier sa foi au prix de sa vie durant les années troubles de 1947. Un fervent catholique ayant intégré le statut des martyrs. Vatican jugea légitime de l’élever au rang des saints de l’Eglise.

 

Vohipeno, la Capitale traditionnelle du pays Antemoro, avec Farafangana et Manakara, fut l’un des points de pénétration de l’Islam dans cette partie de la côte orientale de Madagascar du XII au XVIIème siècle. La classe dirigeante des Antemoro, la lignée des nobles, revendique l’ascendance mecquoise. A Vohipeno, la religion musulmane a une racine profonde et rejette, sournoisement, toute infiltration d’autres confessions, notamment le christianisme. Les prédicateurs musulmans, des régions environnantes, cherchent toujours par tous les moyens d’asseoir l’influence de l’Islam dans cette partie, le sud-est, de l’île.

De ce fait, la grande messe d’hier n’est autre qu’une démonstration de force de l’ECAR de sa présence auprès des autres religions, surtout l’Islam. Elle entre dans le cadre d’une manifestation publique de la reprise en main par le Vatican du pays Antemoro. Tous les catholiques de la Grande île se communient à cette importante cérémonie de Vohipeno et les dirigeants du pays ainsi que les leaders politiques, de tout bord, n’ont pas voulu rester… à quai. Une opportunité en or qu’on ne pouvait pas, non plus, se permettre le luxe de rater, et cela  bien entendu, pour se faire… remarquer. Election oblige !

Cependant, Vohipeno, en dépit de l’importance capitale de l’objet de la réunion, n’est pas réellement le centre d’intérêt de la Nation, en ce moment critique. Le point focal, le vrai, il faut le chercher ailleurs, quelque part à Ambohidahy (Antananarivo), siège officiel de la Haute Cour constitutionnelle (HCC). Tous les yeux et les attentions du pays sont braqués et fixés en direction de ce « hameau des hommes » : Ambohidahy. Les projets de lois organiques relatifs aux élections, tant décriés mais votés, par des tours de force, dans les deux Chambres du Parlement vont atterrir, incessamment, dans les travées de cette Institution pour le besoin de son avis. Toutes les forces vives que la Nation peut en disposer ont, toutes, condamné et dénoncé tant du contenu que de la manière avec laquelle les votes s’étaient déroulés. Tous les intervenants, quels qu’ils soient, clament vigoureusement le caractère nuisible et n’hésitent pas à utiliser les qualificatifs dangereux à un Etat de droit, anti-constitutionnel et anti-démocratique, pour fustiger ce nouveau Code. Les tenants du pouvoir n’ont rien voulu savoir des remarques, plus que légitimes et raisonnables, des partenaires socio-politiques du pays. Ils s’en tiennent à leur tête. Ainsi, messieurs et mesdames les hauts conseillers ont entre leurs mains le sort du pays. Accorder la constitutionnalité à un tel Code, foncièrement destructif et contre les intérêts supérieurs de la Nation, équivaut à précipiter tout le pays vers le précipice. Point focal et stratégique, l’arrêt de la HCC porte la lourde responsabilité sur qui dépend l’avenir des 25 millions de Malagasy. 

 Ndrianaivo

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Editorial

  • Horizon…2019 !
     Emergence, terme fétiche en cette fin de mandat du régime en place. Tellement, les barons aux cravates bleues terminent leur funeste parcours en coulant le pays. On dit qu’un objet émerge quand il remonte en surface et se trouve en contact avec l’air. Pour un homme, entièrement sous l’eau, le terme « émergence » indique pour lui l’idée d’une remontée en surface et lui offre la possibilité de pouvoir respirer l’air. Madagascar, en cinquante-huit ans d’indépendance, sauf la petite parenthèse des années 60, ne cessa de dégringoler. Une descente aux… enfers qu’aucun régime démocratiquement élu n’avait pas pu stopper tout au moins ralentir. En effet, à partir des années 70, le « navire Madagascar » commença à prendre de l’eau. Le comble du malheur, le drame s’aggrave d’année en année. La Deuxième République, le principal tombeur du pays, détruit tout. La dictature rouge de l’Amiral Didier Ratsiraka coula la Grande île. Le régime socialiste…

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