Publié dans Editorial

« Far West » 

Publié le vendredi, 19 janvier 2018

« Far West », littéralement « Ouest lointain », une riche et étonnante épopée relatant les fantastiques aventures des pionniers américains. En partant de l’Est en direction de l’Ouest, ils parvenaient à atteindre, au risque de leur vie, les côtes occidentales, celles de la Californie d’aujourd’hui. Une étape importante de l’Histoire des Etats-Unis se cadrant chronologiquement dans le XIXème siècle américain. Une période idyllique où les réalisateurs américains de cinémas n’ont pas raté de se faire des fortunes avec les célèbres films « Western » (Vers l’ouest). Les « shérifs », les représentants de la loi dans leurs localités avaient dû affronter, quotidiennement, les méfaits des « desperados » en provenance du pays voisin (Mexique) qui semaient la terreur. Ces « sans foi ni loi » pénétrèrent à l’intérieur des Etats du Texas, du Nouveau-Mexique ou de la Californie et agissaient en véritables maîtres.

Riches banquiers, grands propriétaires terriens et mêmes simples citoyens payaient de leur chair ainsi que leur sang. Il avait fallu les interventions musclées des troupes de l’Etat fédéral pour stopper la tragédie. Madagascar, en plein XXIème siècle, semble vivre le Far West du XIXème siècle américain. Les apprentis « desperados » font la loi. Le pays tout entier vit la psychose des attaques quotidiennes des voyous. Dans le grand Sud jusqu’aux confins du Sud-ouest, les « dahalo » ne cessent de faire des ravages. L’élevage du bétail, les bovidés particulièrement, se voit cruellement menacé. Le phénomène récurrent de vol de bœufs risque de décimer totalement la filière bovine. D’ailleurs, les viandes de bœuf se raréfient sur les étals et les prix au kilo grimpent dangereusement. A Toamasina, pour les rares bouchers qui en disposaient, le kilo s’achète à prix d’or : 16.000 ariary. Et à Tanà, entre 12 000 et 13 000 ariary dans certains quartiers. Et encore, il faudrait avoir la chance d’en trouver ! Dans le grand Nord, les planteurs de vanille ont du mal à sécuriser leurs riches produits durant la dernière cueillette. Les bandits faisaient main basse, même, sur la vanille verte. A l’Ouest, dans la Région du Menabe, à Malaimbandy ou à Morondava, les séquestrations suivies d’abus sexuels par les « dahalo », non satisfaits de leurs butins, sont devenues des faits divers. Et dans les grandes agglomérations comme Tanà, les vols à la tire et les attaques à main armée se multiplient à … l’infini. Mais, les faits troublants qui traduisent les réalités, sans faille, d’un pays sans foi ni loi se manifestent, ces derniers temps, par la fréquence préoccupante du phénomène « kidnapping ». N’importe où et n’importe quand, les kidnappeurs ne font plus de détail et sévissent sans la moindre hésitation. Les riches familles franco-indiennes en sont les principales victimes. Tout comme si l’on vit dans un pays où il n’y a plus ni autorités ni Forces de sécurité ou de l’ordre.  Du temps du Far West, le shérif et ses deux ou trois adjoints, aux risques et périls de leur vie, ne reculaient jamais devant les attaques meurtrières des hors-la-loi. Leur courage et abnégation portaient souvent des fruits. En dépit de la présence des Forces de l’ordre (police, gendarmes et militaires) à Antananarivo, la Capitale, les auteurs des rapts agissent en toute « liberté ». Ils n’ont rien à se plaindre car ce  « Far West » risque encore de durer. 

 Ndrianaivo

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Fil infos

  • Contre une présidentielle anticipée - Le HVM et ses sbires divaguent
  • Venue du Pape à Madagascar - « Je ne peux pas promettre à 100 % », dixit le Cardinal Tsarahazana
  • Andry Rajoelina - « La nomination des ministres autres que MAPAR et TIM était à notre insu »
  • Choix de ministres HVM indésirables - Peaux de banane de Rajaonarimampianina contre Ntsay Christian
  • Sortie de crise - Les sans-grades se ridiculisent
  • Quatrième République - Les artisans de la descente aux enfers du régime
  • Vie de parti politique - La famille « recomposée » du HVM s'entretue
  • Le contexte politique vu par Jeune Afrique - Madagascar : un parfum de fin de règne pour Rajaonarimampianina
  • Premier ministre Christian Ntsay « Il faut laisser le gouvernement travailler »
  • Non à Riana Andriamandavy VII - Forte mobilisation des journalistes

La Une

Editorial

  • L’épreuve du feu
    Un premier et le plus grand test de grandeur nature attend le Gouvernement Ntsay. Supposé être né d’un accord politique entre les grandes formations politiques, principalement le MAPAR, le TIM et le HVM, le nouveau Cabinet subit un examen crucial et complexe qu’il faille réussir. Tel un prévenu qui, au cours d’une épreuve, doit porter une barre rouge de feu et réussir à traverser un obstacle avec, et cela, sans se faire brûler, le nouveau Premier ministre est soumis à un test très  délicat : parvenir à publier dans les heures sinon les jours qui viennent du calendrier de l’élection présidentielle anticipée ! Un test éprouvant et très dur, cependant le salut de la Nation passe obligatoirement par-là !  Ntsay fait face à deux blocs naturellement ou  foncièrement inconciliables, contradictoires.

A bout portant

AutoDiff