Publié dans Editorial

« Médecin après… »

Publié le vendredi, 12 janvier 2018

« Médecin après la mort ! » Un adage populaire toujours valable. C’est désolant de constater que le toubib arrive après que le souffrant a rendu l’âme. Trop tard ! Peut-être que les proches parents avaient trop tergiversé sur les décisions à prendre. Ou bien, ils sous-estimaient la gravité de la maladie. Dès le premier symptôme, on aurait dû prendre, sans tarder, les mesures d’urgence, etc. Et même, avant que les signes de malaise apparaissent, il faudrait être vigilant.

D’où la nécessité de prioriser, avant toute chose, la prévention qui est, d’ailleurs, la meilleure de tous les traitements.
Le mercredi 10 janvier a été décrété par le Gouvernement  « journée nationale de l’assainissement ».  Chômée et payée sur toute l’étendue du territoire national, la journée du mercredi fut, donc, consacrée en une journée nationale de mobilisation pour assainir l’environnement immédiat de chacun, du travail, de la communauté… Bureaux, maisons d’habitation et leurs environs, quartiers ou villages, etc., tout devrait être passé au peigne fin pour le besoin de la propreté, et cela, afin de conjurer plus que jamais le risque de résurgence de toute sorte d’épidémie.
L’initiative est louable. Il faut inculquer aux gens la culture et l’habitude de la propreté. C’est un besoin vital mais pas du tout un luxe ni un caprice quelconque. En fait, la saleté et la souillure sont la principale source de la plupart des maladies graves qui nous tuent.
Seulement voilà, l’initiative en question semble être prise un peu tard. La peste a « abattu » quelque 200 personnes, sans parler des centaines de personnes atteintes nécessitant des traitements urgents. Un geste de ce genre aurait dû être programmé bien avant. Les techniciens de la santé savent, pertinemment, la période saisonnière susceptible de faire resurgir les maladies épidermiques comme la peste ou le choléra. Leur responsabilité consiste à lancer le timing d’assainissement général pour se préparer à d’éventuels risques de propagation des maladies. Tout comme si le régime dépêche un médecin au chevet d’un patient qui vient de s’éteindre. Trop tard ! Pour les observateurs, il s’agit d’une mobilisation qui tape à côté de la plaque. En gros, l’initiative n’atteint pas la cible privilégiée. Ce sont les couches sociales vivant dans des conditions précaires qui s’entassent au milieu des saletés et constituant la grande majorité de la population ayant le plus besoin de cet assainissement là où elles vivent. Or, cette catégorie sociale ne se sentait pas concernée. Elle montre même une certaine indifférence face à la mobilisation nationale décrétée. En réalité, la majorité des Malagasy n’accorde que peu  d’importance à tout ce qui a un rapport avec ce régime lequel, en fin de compte, ne l’inspire plus aucun crédit. Toute injonction de sa part n’aurait que très peu de chance d’écho à la base.
D’autant qu’on s’indigne en faisant état des  « m’as-tu vu » trop affichés ici et là. C’était plutôt des occasions à nos dignitaires d’exhiber le supposé sens du civisme et les intérêts supérieurs qu’ils porteraient au service de la Nation. Tout ce manège aurait été mieux bien avant que la terrible peste sévisse. Mais, propagande oblige ! Tant pis, même s’il s’agit d’un « médecin après la mort ».
Ndrianaivo

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Editorial

  • Horizon…2019 !
     Emergence, terme fétiche en cette fin de mandat du régime en place. Tellement, les barons aux cravates bleues terminent leur funeste parcours en coulant le pays. On dit qu’un objet émerge quand il remonte en surface et se trouve en contact avec l’air. Pour un homme, entièrement sous l’eau, le terme « émergence » indique pour lui l’idée d’une remontée en surface et lui offre la possibilité de pouvoir respirer l’air. Madagascar, en cinquante-huit ans d’indépendance, sauf la petite parenthèse des années 60, ne cessa de dégringoler. Une descente aux… enfers qu’aucun régime démocratiquement élu n’avait pas pu stopper tout au moins ralentir. En effet, à partir des années 70, le « navire Madagascar » commença à prendre de l’eau. Le comble du malheur, le drame s’aggrave d’année en année. La Deuxième République, le principal tombeur du pays, détruit tout. La dictature rouge de l’Amiral Didier Ratsiraka coula la Grande île. Le régime socialiste…

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