Publié dans Editorial

Dans l’angoisse

Publié le mardi, 02 janvier 2018

Pauvre de nous ! Presque la totalité des familles malagasy a passé les fêtes de la Nativité, de fin d’année et du Nouvel An dans la peine et l’angoisse. Ecartelée par une misère contraignante, d’une part, et une troublante insécurité, de l’autre, la grande majorité des compatriotes n’ont pas pu jouir pleinement de ces moments de joie offerts, traditionnellement, pour l’occasion.

Comme toute famille qui se respecte, on voudrait bien passer une fête digne des grands jours mais les moyens en faisaient défaut. Les parents aimeraient bien offrir à leurs progénitures de quoi à les émerveiller, des jeux ou des jouets, sinon de petits succulents bonbons en pareille circonstance. Malheureusement, les faibles possibilités que l’on dispose ne le permettent pas, « valala tsy an-tànana, hono, tsy atolo-jaza », dit-on. Dans la plupart des cas, on se contentait de… rien ! D’autant que les prix affichés sur le marché des jouets, des friandises, des volailles ou autres ne sont pas à la portée de la modeste bourse de monsieur Tout-le-Monde. Sans oublier, au passage, la crainte en permanence d’être détroussé par les pickpockets, les voleurs à la tire ou à l’esbroufe et les violences gratuites en plein jour (coups de poignard,…). Mais la peine de ne pas pouvoir se satisfaire sinon de se régaler, en cette fin d’année et début d’une année nouvelle, ne concerne pas uniquement les pauvres consommateurs. Elle sévit aussi et surtout sur les commerçants de toute catégorie. L’affaire fut particulièrement morose. Un marchand de volailles (« akoho amam-borona ») s’était plaint de la catastrophe. L’affaire tournait court. A peine s’il a pu écouler une dizaine de dindes et d’oies. Une perte qu’il va difficilement récupérer durant l’année étant donné que l’inflation ira en s’augmentant et compliquera davantage la situation. En fait, tout le monde se plaint de la cherté et par conséquence de la dureté de la vie. Même pendant les moments difficiles de la Transition, on n’avait pas eu droit à ce genre de calvaire.
La sérénité, une des conditions sine qua non pour une pleine réjouissance n’y était pas non plus. Comment pouvait-on imaginer que des enfants, en pleine répétition pour la fête de l’arbre de Noël du 24 décembre seraient « fusillés » en rafales par de dangereux voyous ? En tout cas, les fêtes de fin d’année et du début de l’année nouvelle sont les moments de prédilection de ces « desperados » qui sèment la terreur partout où ils passent. N’importe où que l’on se trouve, que ce soit au marché, sur le chemin de rentrée, à l’église, au bal, dans une fête foraine, que ce soit dans les « taxis-be » ou même au… lit, on n’a jamais l’esprit tranquille. Il y a toujours des soucis à se faire. On dort les yeux ouverts. On marche l’esprit inquiet et on assiste au culte la tête ailleurs !  Les riches, dans leurs superbes villas, tout comme les misérables, dans leurs ghettos, vivent continuellement dans des moments de stress, lesquels sont dus soit à l’insécurité mordante, soit à cause de la pauvreté étouffante. Bref, la fête en tant que telle fut absente.
Pauvre de nous ! En quatre ans de pouvoir, le régime Hvm nous a conduits, directement, vers l’abime de la tourmente, autrement dit, dans l’angoisse.
Ndrianaivo

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Editorial

  • Servir et non se faire servir !
    En tant que présidente de l'Assemblée nationale, Christine Razanamahasoa, magistrate et députée d'Ambatofinandrahana, pour un second mandat de son état, mit le point sur le « i » dès l'entame de la mandature des nouveaux élus à Tsimbazaza. Face aux comportements qui frisent l'indélicatesse de certains élu(e)s et qui défrayent la chronique, Mme Razanamahasoa tient à préciser qu'un député en tant que représentant(e) du peuple a été élu pour servir les intérêts du « vahoaka » qu'il est censée représenter et non se faire servir comme un prince.

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