Publié dans Editorial

« Balayeurs »

Publié le mercredi, 25 octobre 2017

Burkina Faso commémore, dans la dignité et le recueillement, le 30ème anniversaire de la mort de son héros, l’ancien Président Thomas Sankara,  le 15 octobre 2017. Une brutale disparition qui n’a jamais été, jusque-là, élucidée. Les auteurs ou les commanditaires, non identifiés, de cet acte ignoble courent toujours. Thomas Sankara, ce jeune Officier, Capitaine de son grade, moulé et sorti de l’Académie Militaire d’Antsirabe (Madagascar), fut renversé et assassiné à l’issue d’un coup d’Etat dirigé par Blaise Compaoré, son fidèle compagnon de route, qui devint, d’ailleurs, son successeur. Blaise Compaoré, à son tour, fut balayé, d’un seul revers, par une très puissante et irréversible contestation populaire en 2014 dirigée par des activistes membres du mouvement « Balaye citoyen ». Les « citoyens balayeurs », essentiellement composés des héritiers spirituels du Révolutionnaire Thomas Sankara, n’ont donné aucune chance à Compaoré qui, après 27 ans de règne sans partage, voulait encore s’accrocher au pouvoir.

 

Burkina Faso, « pays des citoyens balayeurs », dit-on ailleurs, anciennement La Haute-Volta, enclavé et pauvre ayant recouvré l’indépendance en 1960, avait à peu près le même parcours politique et le même rang économique que la Grande Ile.

Une instabilité récurrente, comme c’est le cas d’ailleurs dans la plupart des pays du Continent, fragilise les régimes successifs de deux pays. Des coups d’Etat jalonnent les sinueux itinéraires. Sauf que, pour le cas de Madagascar, hormis l’avènement de la IVème République, c’est la rue qui s’était  chargée de chasser, sinon balayer du pouvoir  les indignes tenants du titre. Au Burkina comme à Madagascar, les citoyens balayeurs se tiennent à leurs gardes et n’hésitent point à user de leurs « outils » en cas de nécessité. A Madagascar, mouvements associatifs, société civile et partis politiques veillent, sans relâche, à la « propreté » de la maison. Tenant les balais à leurs mains, ils sont prêts à …balayer toutes les saletés pesteuses qui empoisonnent d’ailleurs l’existence.

Effectivement, les agissements de nos dirigeants salissent, par endroits, le pays. La pauvreté et l’insécurité qui noircissent la vie au quotidien du peuple risquent de s’incruster dans la peau de chacun. La corruption, une saleté envahissant le corps entier, s’installe partout. Un danger qui exige des citoyens balayeurs des actions d’envergure.  La violation du minimum des valeurs humaines inscrites dans le cadre du respect de la démocratie témoigne de la saleté du régime. Les libertés  fondamentales sont bafouées. La liberté d’expression et d’opinion se trouve parmi la plus visée. Elle salit, totalement, les tenants du pouvoir. Le Code 

de la Communication médiatisée, en vigueur dans  le pays, place le régime dans les rangs des pays  infréquentables, tels les Burundi ou les République Démocratique du Congo ou les Zimbabwe ou autres. Vient, alors, cette tentative ou plutôt cette  obsession à vouloir amender la Loi Fondamentale ! Une véritable obscure obstination à porter quelques retouches à cette Constitution à laquelle le Chef a prêté serment de fidélité. Une grosse tâche noire qui obscurcit le chemin à suivre. Et que dire de cette terrible maladie qui sévit 

durement dans le pays ? L’épidémie de peste,  maladie de la honte due, justement, à une saleté  permanente. Dans le sens propre comme dans  le figuré, la Grande Ile est…sale !  Des coups de balai s’avèrent urgents ! 

 Ndrianaivo

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Editorial

  • Servir et non se faire servir !
    En tant que présidente de l'Assemblée nationale, Christine Razanamahasoa, magistrate et députée d'Ambatofinandrahana, pour un second mandat de son état, mit le point sur le « i » dès l'entame de la mandature des nouveaux élus à Tsimbazaza. Face aux comportements qui frisent l'indélicatesse de certains élu(e)s et qui défrayent la chronique, Mme Razanamahasoa tient à préciser qu'un député en tant que représentant(e) du peuple a été élu pour servir les intérêts du « vahoaka » qu'il est censée représenter et non se faire servir comme un prince.

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