Publié dans Editorial

Désavoué

Publié le jeudi, 21 septembre 2017

La lune de miel du tandem Iavoloha-Anosikely n'a duré qu'un seul été ! Le locataire d'Iavoloha et le tenant du perchoir d'Anosikely, en couple de raison, formait un ménage apparemment solide. Mais très vite, le mari s'est rendu compte que sa « belle conquête » parait trop…âgée pour affronter efficacement l'avenir.

Les enjeux de la vie conjugale et sociétale étant complexes, parfois, tordus qu'il se méfie de la capacité…physique la « mère de famille » à gérer les situations difficiles. Les enfants adoptifs, eux aussi, étant ce qu'ils sont ! Ainsi, il se décida de rompre, avec astuce et ruse, le contrat.
Lors de la mise en place du Sénat, la deuxième Institution de la République, le Chef de l'Etat nomma, parmi le quota selon ses prérogatives, Honoré Rakotomanana, juriste de son état. Seul candidat au perchoir, il a été élu presque à l'unanimité.
Etant le deuxième personnage de l'Etat, vu la Constitution Art. 52. 2, le président du Sénat assurera, en cas de vacance de poste, la fonction de Chef de l'Etat pour une raison ou une autre. De ce fait, durant l'élection présidentielle, au cas où le Président sortant se porterait candidat, il devra selon l'Art. 46 démissionner de son poste 60 jours avant la date du scrutin. Nul n'était pas sans savoir que la propulsion de Rakotomanana Honoré à ce poste, très stratégique pour le régime, répondait au souci de pallier  cette exigence de la Constitution. Hery Rajaonarimampianina, à travers ce choix, prenait l'homme du perchoir d'Anosikely, vu son âge et son cursus, pour quelqu'un de politiquement inoffensif, sans ambition apparente. La cause protestante aidant, Rakotomanana Honoré ferait l'affaire au cas où.
Seulement voilà, le Président avait, peut-être, trop sous-estimé ou minimisé le poids de l'âge de son « protégé », 82 ans au moment des faits. Le « petit incident » du 14 juillet à la résidence de France l'aurait, au conditionnel svp, éveillé  l'attention.  L'incident avait trahi Rakotomanana Honoré, lui-même, qui croyait pouvoir tout faire malgré son âge avancé.
Du coup, on doutait dans l'entourage du Chef de l'Etat sur la pertinence du choix dévolu au vieux Rakotomanana Honoré pour assurer la fonction de Président de la République. Les « vautours » d'Iavoloha, très sceptiques dès le début, pèseraient de tout leur le poids  pour que le grand Chef revoie le cas. Ils remettraient en cause la capacité réelle du président du Sénat à gérer la crise  avant-pendant-immédiatement après le scrutin. Vu son âge, un Raiamandreny be, en tant qu'homme de droit et en bon croyant protestant, Rakotomanana ne serait pas l'homme qu'il faut pour « truquer » ou imposer des résultats visiblement douteux.
En proie à un doute persistant, le clan Hvm s'inquiète de l'impact incertain de l'Art. 46 sur le processus de reconquérir le pouvoir. La meilleure solution serait de « corriger » l'article dangereux car le locataire d'Iavoloha  ne s'hasarderait jamais à remplacer Rakotomanana Honoré pour un autre. Le plus sûr serait de prendre en main la direction de l' »opération ».
 De cet entêtement de vouloir réviser le texte de la Loi fondamentale, le Chef de l'Etat a une méfiance envers son entourage et dans la foulée, il renonce finalement au tandem initialement prévu. Pauvre Rakotomanana Honoré, le désavoué !
Ndrianaivo

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