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Si parmi ces dernières, certaines font l’objet d’efforts pour être étouffées et tuées dans l’œuf, d’autres sont tellement criantes et récurrentes que celles - là se trouvent dans l’obligation d’y donner suite. Les informations, à l’heure actuelle, sont à prendre avec des pincettes et avec la plus grande prudence car les manipulations n’en sont pas exemptes. Même si les actualités sont encore focalisées sur les sanctions personnelles et ciblées, d’autres faits, à première vue anodins, convergent vers le constat selon lequel l’atmosphère ambiante est malsaine et est caractérisée par une insécurité grandissante sur tous les plans, non seulement physique, mais également judiciaire et économique. Ils sont d’ailleurs étroitement liés. Le ministère de la Justice a réuni la grande famille des juges et des magistrats pour un sujet qui mine la société, à savoir la corruption. Les plaintes dans ce sens, émanant de simples citoyens justiciables, ont pris des proportions inquiétantes au cours de ces derniers mois. Le phénomène n’est pas nouveau. En fait, les statistiques attestant la baisse des plaintes ne reflètent pas la réalité. Une des raisons est que les plaignants ont fini par baisser les bras face à une structure censée lutter contre le fléau, du fait de longues et fastidieuses procédures dont l’issue est incertaine quant à l’appréhension des coupables. La corruption, malgré les campagnes de sensibilisation, prend de l’ampleur et est en passe de devenir la règle. Cependant, l’opinion aurait souhaité que le corps des juges et des magistrats évoque aussi les pressions d’en haut lieu dont il fait l’objet dans le traitement de certains dossiers. Il ne s’agit sans doute pas de corruption à proprement parler, mais les conséquences sont les mêmes. Parmi elles, des décisions iniques entraînant la défiance et la méfiance envers la Justice. Dans le même ordre d’idées, en attendant de savoir quel crédit il faut accorder aux propos d’une des victimes de la dernière attaque perpétrée par des bandits de grands chemins - c’est le cas de le dire ! - sur une route nationale. Des propos selon lesquels, les bandits arrêtés feraient l’objet de pressions venant d’une haute personnalité afin qu’ils soient libérés. Ce genre de pratique n’est pas rare, à en croire d’autres témoignages. Certains cas de prisonniers travaillant à l’extérieur pour le compte de certaines hautes personnalités sont connus. Ils ne sont pas des anonymes car des relations peuvent être établies avec leurs « employeurs » qui en font une main d’œuvre gratuite pour des besognes à la limite de la légalité. Sans aucun lien apparent, mais entrant toujours dans le cadre de cette atmosphère délétère qui règne actuellement dans le pays, le contexte dans lequel évoluent les opérateurs est aussi des plus malsain. A telle enseigne que l’opinion constate avec découragement et révolte qu’en fait, rien n’a vraiment changé. Qu’au contraire, les choses ont empiré. On se rappelle des pratiques du précédent régime à travers celles de l’ex - Président vis - à - vis des opérateurs économiques. On se souvient que s’il y avait un élément déterminant dans sa chute, ce sont bien les exactions que certains de ces opérateurs ont subies, surtout pour les industries locales. L’on est quelque peu surpris qu’une d’entre elles particulièrement malmenée par ce régime, monte de nouveau au créneau pour dénoncer toutes ces importations aussi sauvages que meurtrières pour elles. Le comble est que certains de ces opérateurs font partie intégrante du nouveau régime de Transition. Ceci témoigne de l’existence d’intérêts divergents qui se télescopent. Il est clair que la possession du pouvoir n’a d’autre but que de satisfaire des ambitions personnelles matérielles et financières. On aurait tendance à abonder dans le sens de ceux qui ont constaté très rapidement, avec ou sans parti pris et préjugés, que la Transition a libéré des frustrations qui lui sont maintenant hautement préjudiciables. La différence avec le précédent régime est que les vautours sont plus nombreux à se jeter sur tout ce qui sent l’argent facile. On est ainsi en présence d’une fourmilière qui commence à être bousculée par des révélations, encore en sourdine mais qui, additionnées les unes aux autres, sont des bombes à retardement au regard desquelles, celles artisanales peuvent être considérées comme inoffensives. Et ce, même si les mêmes causes ne produisent pas forcément les mêmes effets. Quoique…
V.R.
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