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Tout sur la visite du Pape François à Madagascar

Publié le jeudi, 05 septembre 2019

Historique ! La visite du Pape François à Madagascar l’est sans nul doute. 30 ans après la visite de son défunt homologue, Jean Paul II en 1989, ce déplacement du numéro un du Vatican prévu ce jour est très attendu par tous les Malagasy (catholiques ou non) et ravive les espoirs dans tous les cœurs. Alors que les préparatifs officiels vont déjà bon train – à en croire les informations communiquées de manière officielle par les autorités étatiques – l’enthousiasme est perceptible chez les simples citoyens qui s’apprêtent à accueillir le leader mondial de l’Eglise catholique comme il se doit.
 Le présent dossier essaie de combiner tout ce qu’il faut savoir sur cette visite apostolique. D’emblée, une biographie permettra d’en savoir plus sur cet homme d’église argentin, de son vrai nom Jorge Mario Bergoglio. Un programme détaillé livre également des points importants sur sa visite qui se focalisera à Antananarivo.  L’aspect organisationnel pour le transport et l’accueil des pèlerins venus des quatre coins de l’île seront aussi abordés sans oublier un résumé des réactions des citoyens malagasy selon leur croyance ou appartenance religieuse.
Un programme rempli à la minute près…
Le Pape François arrive aujourd’hui à 16h30, à l’aéroport international d’Ivato. Suite à son arrivée, il jalonnera la route de Tsarasaotra pour rejoindre sa suite au Nonciature Ivandry. Durant son séjour ici, un programme rempli à la minute près a été élaboré par les autorités du Vatican mais aussi de Madagascar.

A Iavoloha pour rencontrer le Président de la République…
Pour la journée de demain, c’est la visite de courtoisie au Président de la République, Andry Rajoelina qui ouvrira le bal, au Palais d’Iavoloha. La visite du Pape à Madagascar est une visite d’Etat de ce fait, il est plus qu’important qu’il échange quelques mots avec le Président de la République. Il ne faut pas oublier que l’invitation du souverain Pontife vient surtout de lui. Ensuite, le Pape François rencontrera les autorités de tout rang ainsi que la société civile et les corps diplomatiques présents dans le pays. Après, il rejoindra le monastère des Carmes Déchaussés pour y officier.


A Andohalo pour s’entretenir  avec les Evêques de Madagascar
Au milieu de l’après-midi, le Pape rejoindra la Haute Ville, siège de la cathédrale de l’Immaculée Conception, où il s’entretiendra avec les évêques de Madagascar. Effectivement, le Pape effectue avant tout une visite apostolique, c’est pourquoi, il est important qu’il discute de près avec ces têtes de l’église catholique romaine dans la Grande île. A
travers un discours, le Pape François apportera espoir
et encouragement dans la lourde tâche qui leur
incombe. A la fin de cette rencontre, il dédiera aussi quelques minutes aux leaders religieux.

Une pensée pour la bienheureuse Victoire Rasoamanarivo
Dès l’annonce de la venue du Pape François à Madagascar, des catholiques sont tout de suite attendus à la canonisation de la bienheureuse Victoire Rasoamanarivo étant donné que 30 années  auparavant, le Saint Pape Jean Paul II l’a béatifiée. En tout cas, même si cette grande cérémonie ne soit pas pour cette fois, le Pape François aura quand même une pensée pour la bienheureuse. Ainsi, il visitera la tombe de Victoire Rasoamanarivo après sa rencontre avec les leaders religieux. « Une attention particulière tendant déjà vers cette canonisation » avait qualifié le père Germain Rajoelison, vice-coordonnateur de la visite du Pape à Madagascar.

Soutenir les jeunes à Soamandrakizay
A chacun de ses voyages, le souverain Pontife réserve toujours un moment pour les jeunes. Pour cause, les jeunes chrétiens ont une valeur particulière pour lui, comme il l’affirme dans sa lettre dédiée aux jeunes pour la présentation du document préparatoire de la XVème assemblée ordinaire du synode des évêques, l’année dernière : « je vous ai voulu au centre de l’attention parce que je vous porte dans mon cœur ». Ainsi, le Pape François veillera avec les jeunes dans la soirée du samedi. Ce sera un moment de partage entre les deux parties. Effectivement, des représentants porteront parole à tous les jeunes malagasy du pays avant d’entendre le message que le Pape leur destinera.
La grande rencontre avec le peuple malagasy
Ce sera en effet l’occasion pour plus de 800 000 personnes de rencontrer directement le souverain de tous les chrétiens catholiques. Pour permettre à tous les fervents pélerins de voir de près cette haute personnalité, une demi-heure avant le début de cette grande messe, il jalonnera la foule avec sa papamobile. Il privilégie le contact c’est pourquoi, il a tenu à avoir ce petit moment de partage avec le peuple malagasy.

« Akamasoa », une promesse tenue
En 2018, le père Pedro Opeka, a rencontré le Pape François au Vatican durant un séjour en Europe. Il en a donc profité pour inviter le Saint-Père à visiter le village « Akamasoa » pour constater de lui-même le défi du travail, de l’éducation et de la discipline qu’a su relever le père Pedro. Une invitation qu’il s’est empressé d’accepter en tant que grand défenseur des pauvres. Ce sera alors la première fois que ce village recevra la visite d’un Pape, étant donné qu’il venait juste d’être créé en 1989, lors de la venue du Saint Pape Jean Paul II.
Cette visite du village sera suivie d’une prière pour les travailleurs du chantier de Mahatazana.

En dernier mais pas des moindres
Le Pape François clôturera les visites avec une rencontre avec les 6 000 prêtres, religieux et religieuses, mais aussi consacrés et séminaristes au collège Saint Michel Amparibe. Une dernière rencontre mais pas des moindres étant donné que cette rencontre sera une occasion pour le souverain Pontife de soutenir ces missionnaires de l’église pour qu’ils puissent encourager à leur tour les chrétiens à demeurer dans la foi de Dieu. Le Pape François partira alors lundi matin pour rejoindre l’île Maurice pour revenir à Madagascar en fin de journée. Son départ définitif se fera mardi prochain.
Rova Randria


Parcours du Pape François
Il rompt ses fiançailles pour entrer dans les ordres
 Le Pape François ou Jorge Mario Bergoglio est né le 17 décembre 1936 à Buenos Aires, en Argentine. Fils de Mario Hosè Bergolio et de Régina Maria Sivori, qui sont tous deux des descendants d’immigrés Italiens. Avant d’entrer au séminaire de Villa Devoto, Jorge Mario Bergoglio a suivi une formation de technicien en chimie. A 17 ans, le jeune homme a eu une révélation lors d'une confession. Déjà fiancé à cette époque, il rompt alors ses fiançailles et décide d'entrer dans les ordres. Jorge était noviciat de la Compagnie de Jésus, le 11 mars 1958. Il a été ordonné prêtre par l’archevêque Ramon José Castellano le 13 décembre 1969, et a ensuite été nommé provincial des Jésuites d’Argentine le 31 juillet 1973. Il avait été l’un des proches du cardinal Antonio Quarrachino, ce dernier voulait Jorge Mario Bergoglio comme son collaborateur à Buenos Aires. Le 20 mai 1992, Jean Paul II a nommé Jorge évêque titulaire d’Auca et auxiliaire de Buenos Aires. Après, il a été promu archevêque coadjuteur de Buenos Aires le 3 Juin 1997.
Cardinalat et voyages en Afrique
Neuf mois après cette désignation, le cardinal Antonio Quarracino est décédé, et Jorge Mario Bergoglio a tout de suite pris sa place le 28 février 1997. Lors du consistoire du 21 février 2001, le pape Jean Paul II a désigné Jorge Mario Bergoglio cardinal d’Argentine. Durant cette cardinalat, il a invité ses fidèles à ne pas dépenser d’argent afin d’assister à sa consécration au Rome.  Quand le Pape Benoit XVI a démissionné le 11 mars 2013, un conclave a eu lieu et c’était le 13 mars 2013 que Jorge Mario Bergoglio, sous le nom de Pape François, a été élu 266ème Pape de l’église catholique, il a pris Saint François comme modèle  pour son humilité et son inclination à venir en aide aux défavorisés. Après saint Jean-Paul II en 1989, le pape François sera le deuxième pape à fouler les terres bordées par l'Océan Indien. Il a visité Mozambique dès le 04 septembre, sa première rencontre a eu lieu à Maputo, la capitale du Mozambique, le jeudi 5 septembre, où il s'est adressé aux autorités.
Recueillis par Titih R.

Les leaders religieux en parlent…
Un évènement national. La visite du Pape François à Madagascar impacte non seulement sur la vie spirituelle des catholiques mais touche également les autres entités religieuses. Les réactions des leaders religieux et théologiens confirment ce fait. Le président de la FJKM, le Pasteur Irako Andriamahazosoa Ammi, était toutefois avare de commentaires à ce sujet. Joint au téléphone, il a quand même tenu à souhaiter la bienvenue au Pape.

Pasteur Hubert Rakotoarivony, théologien
L’église catholique romaine détient une place importante au niveau de l’échiquier mondial, non seulement en tant que religion mais aussi en tant qu’Etat. Le Pape François étant un grand défenseur des pauvres. Je souhaite qu’il sache articuler sur la situation de la pauvreté à Madagascar. D’ailleurs, il l’a déjà évoqué durant sa visite à Mozambique, en précisant que Madagascar figure parmi les pays les plus pauvres au monde. Puisque la différence flagrante du niveau de vie des riches et des pauvres intensifie la pauvreté, l’église a une grande responsabilité pour y remédier. D’un autre côté, l’église catholique se lance le défi d’assurer une réorganisation interne. Les autres entités religieuses à Madagascar devraient en prendre exemple et faire la même chose. Quoi qu’il en soit, je partage la joie des chrétiens catholiques pour cette visite papale.

Monseigneur Samoela Jaona Ranarivelo, président national de l’Ecclésia épiscopale malagasy
Cette visite du Pape François est d’une grande importance. Outre la ferveur des chrétiens, elle devrait avoir des impacts considérables sur la vie politique à Madagascar. La population et les politiciens devraient en tirer des leçons et ce dans tous les  domaines afin d’atteindre  un objectif d’apaisement. D’ailleurs, le Pape François est un personnage international, réconciliateur. Sa venue dans le pays est considérée comme un évènement rassembleur. Cela pourrait booster la réconciliation nationale, à commencer par une meilleure harmonie au sein des chrétiens. C’était le cas durant le phénomène Barea, pendant lequel la différence du niveau de vie et la divergence d’opinions ont été mis de côté pour faire place à une joie commune.

Saïd Arsène Abousoary, vice- président national  du « Fikambanana Silamo Malagasy »
Le Pape François reste un Père, non seulement pour les catholiques mais aussi pour les fidèles des autres religions. Il continue de véhiculer un message de paix et de réconciliation. Je souhaite que le Pape renforce les messages dans la lutte contre la pauvreté et l’analphabétisme, l’amélioration des relations humaines ou encore la réconciliation avec soi et avec Dieu. Pour ce dernier thème, le « Fikambanana Silamo Malagasy » a déjà participé à une conférence avec l’église catholique romaine à ce sujet, au mois de mai 2019. Je tiens à préciser que le Pape François étant le seul qui a visité des pays arabes, pour dire qu’il prône la paix et la réconciliation.
Recueillis par Patricia Ramavonirina

… les simples citoyens aussi
La visite du Pape François à Madagascar ne s’agit plus d’une affaire de l’église catholique regroupant des milliers de pratiquants et croyants. Cette venue affecte également les chrétiens  issus des autres églises présentes dans la Grande île. Et même les  personnes qui ne croient pas vraiment à l’existence de Dieu en  témoignent leur intérêt.

Felana Rajaonarivelo, une jeune pratiquante et croyante catholique : « A vrai dire, ce n’est pas la venue d’une personne en soi qui va changer une situation dans un pays. Par contre, en tant que chrétien, catholique, le fait d’être présent à  la messe représente pour nous une consécration. Avec  ses messages de paix et d’espérance, le Pape arriverait sans doute  à faire adopter ses visions. Personnellement, ses paroles vont me forger et renforcer  ma croyance. Par ailleurs, je reste optimiste que nos dirigeants apprendront de son caractère humble   en tant que Pape et chef d’Etat ».

Andolalaina Sendratiana Rabemahatana,  une jeune adventiste : D'une part, l’arrivée du Pape favorise la construction et/ou l'amélioration de différentes infrastructures dans la Capitale. De plus, au niveau économique, ce phénomène crée de l'emploi dans différents secteurs de travail (surtout au niveau du transport) .D'autre part, ce n'est qu'un passage qui se focalise surtout dans son rôle de dirigeant religieux, même si le Pape est en même temps un Chef d'Etat. Un phénomène qui peut renforcer la solidarité entre le groupe religieux catholique uniquement.

Toky Baritafaka Ramanakohajaina, jeune homme malagasy 
résidant à Dubaï : Tous les regards se tournent vers Madagascar. Et j'espère que cela affectera le tourisme à Madagascar, un des piliers de l'économie. La sécurité est renforcée avec cette visite. Et j'espère que cette mission de sécurisation se prolongera. Dans le domaine politique, j'ai bien remarqué que les partis politiques s'engagent à respecter  les règlements et apportent même leur soutien à l’organisation de cet événement historique. En général, je sens à travers les différentes mobilisations  qu’une solidarité et cohésion des chrétiens présents à Madagascar s’installent.

Sand Asombola Randriason, une jeune femme issue du domaine culturel malagasy : « En tenant compte du slogan,  j’attends vraiment qu’avec son arrivée la paix soit instaurée et que les chrétiens découvrent davantage le Dieu tout puissant.  Je ressens également que  les Malagasy ont de l’espoir  et la foi par rapport à la réalisation de leurs projets respectifs. Et je trouve bien de  nous voir conscientiser et mobiliser dans des actions qui mènent vers la réussite ». 

Randrianarimalala Lanto Eric, un chrétien: « Les catholiques sont connus pour la préservation de la valeur chrétienne. Et à cette occasion, j’attends à ce qu'ils continuent à défendre l’humanité.  En résumé, je souhaite également que le  Pape va rappeler que l'avortement et les mariages homosexuels ne relèvent pas de la volonté de Dieu ».

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Editorial

  • Un challenger favori
    Maintenant c’est connu. L’IRD a choisi de placer en orbite un brillant opérateur économique de la place, Naina Andriantsitohaina, pour l’élection communale du 27 novembre à Antananarivo. En poste au ministère des Affaires étrangères en tant que ministre du Gouvernement Ntsay Christian II et III, Naina, pour les intimes, fait partie de la race des « entrepreneurs modernes » qui tentent de conjuguer la politique avec l’économie mais attention avec prudence. C’est un homme nouveau du microcosme politique local que la plateforme présidentielle mise pour rafler la cagnotte. Capitaine d’industrie, à la tête du Groupe Andriantsitohaina qu’il a hérité de son  grand-père, le patriarche Josoa Andriantsitohaina, et de son illustre père Jean-Charles Andraintsitohaina, Naina a pris la suite de l’empire en 2009 du vivant de son père. L’opérateur Naina Andriantsitohaina gère, à la fois quatre unités industrielles : l’imprimerie NIAG, l’usine de produits chimiques Prochimad, l’organe de presse Ultima-Média et la Banque BMOI…

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