Publié dans Dossier

Hausse du salaire minimum à 200 000 ariary - Application effective pour tous les employé

Publié le vendredi, 03 mai 2019

Un sujet de polémique, engendrant une réjouissance pour les uns et des craintes pour les autres. La révision à la hausse du salaire minimum d’embauche (SME) pour le secteur privé à 200 000 ariary vient d’être validée cette semaine. C’était à l’issue d’une rencontre tripartite au Palais d’Etat d’Ambohitsorohitra entre le Président de la République Andry Rajoelina, qui l’a promis dans son « velirano », les représentants du patronnat malagasy et les syndicats des travailleurs. Depuis, les suppositions et débats fusent de toutes parts, notamment faute de détails sur la hausse. A travers ce reportage, nous avons collecté les avis de quelques bénéficiaires, des représentants des syndicats et de l’Inspection du travail. Les employeurs et responsables d’entreprise n’étaient pas en reste, en sollicitant des mesures d’accompagnement face à cette décision.

Effective ce mois de mai, selon les prévisions. Après sa validation, la hausse du SME à 200 000 ariary attend actuellement la sortie d’un décret d’application, à en croire Hermann Tandra, directeur général du travail auprès du ministère de tutelle. Ledit décret, à passer au sein du Conseil national du travail, livrera tous les détails et les informations y afférentes à retenir. « Tous les employés régis par le Code du travail sont concernés par cette hausse du salaire minimum », souligne ce responsable. Normalement, les gens de maison tels que les domestiques, gardiens, chauffeurs particuliers, etc. devraient aussi en bénéficier. Toutefois, leur traitement s’avère différent des autres salariés vu qu’ils touchent d’autres avantages considérables, dont l’hébergement, la nourriture, la prise en charge médicale, etc. « Les calculs effectués par les experts du BIT (Bureau international du travail) estiment qu’une domestique pensionnaire devrait gagner au moins 95 000 ariary par mois, soit les 200 000 exemptés du loyer, des repas, des frais médicaux et autres », rapporte Rémi Henri Botodia, secrétaire général de la conférence des travailleurs ou SEKRIMA.
Des bénéficiaires enthousiastes
Reconnaissants. La plupart des employés qui vont bénéficier de la hausse du salaire de base à 200 000 ariary ont exprimé leur joie. C’est le cas de Hery R., agent de sécurité auprès d’une grande société sise en centre ville. « Cela fait maintenant 15 mois que je travaille auprès de cette société. Je touche chaque mois 180 000 ariary net, sans primes ni indemnités. C’est largement insuffisant par rapport aux tâches que j’accomplis ou encore mes besoins, mais je dois faire avec. Heureusement que le Président de la République a validé la hausse à 200 000 ariary. Cela compte pour les « petits » employés comme nous », avance ce père de famille ayant une épouse et un enfant à la charge. Véronique A., femme de ménage, partage cet emballement. « Pendant des mois, nous luttons pour l’augmentation de nos salaires, actuellement à 150 000 ariary, mais en vain. Notre patron va finalement le faire, qu’il le veuille ou non. Nous avons jubilé en étant informé de la hausse, soit 50 000 ariary de plus dans nos poches dès cette fin du mois », se réjouit-elle.
8h de travail journalier
Outre la hausse du SME, la rencontre tripartite à Ambohitsorohitra a été une occasion de rappeler le volume des heures de travail à 173h par an. « En général, aucun changement n’a été adopté à ce sujet puisque le Code de travail impose déjà cette durée légale. Son calcul part du fait qu’un ouvrier travaille 8 heures par jour pendant 5 jours ouvrables, soit 40h par semaine. Les 40h sont multipliés par 52 semaines (dans l’année) pour ensuite être divisés en 12 mois, ce qui donne 173,33h de travail », explique un contrôleur de travail. Les employés qui travaillent plus de 8h par jour doivent toucher des indemnités d’heures supplémentaires, comme le dicte le Code de travail.
Politique salariale par entreprise
La révision à la hausse du SME implique une augmentation linéaire du salaire des employés de toutes les catégories. Cette augmentation linéaire du salaire est légitimement obligatoire, d’après le Sg du SEKRIMA. Toutefois, cette hausse ne peut être imposée par une politique extérieure. Elle doit être faite sur une initiative personnelle des employeurs. Autrement dit, chaque entreprise devrait avoir sa propre politique salariale, selon ses moyens. « Dans tous les cas, l’application effective de cette hausse de salaire nécessite l’inculcation de la culture de dialogue entre les employeurs et les travailleurs. Cela reste rare au sein des entreprises malagasy, notamment faute de syndicats », constate notre source. Celle-ci recommande également la révision de la classification, laquelle devient caduque face à la hausse du SME.
Patricia Ramavonirina

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Editorial

  • Un challenger favori
    Maintenant c’est connu. L’IRD a choisi de placer en orbite un brillant opérateur économique de la place, Naina Andriantsitohaina, pour l’élection communale du 27 novembre à Antananarivo. En poste au ministère des Affaires étrangères en tant que ministre du Gouvernement Ntsay Christian II et III, Naina, pour les intimes, fait partie de la race des « entrepreneurs modernes » qui tentent de conjuguer la politique avec l’économie mais attention avec prudence. C’est un homme nouveau du microcosme politique local que la plateforme présidentielle mise pour rafler la cagnotte. Capitaine d’industrie, à la tête du Groupe Andriantsitohaina qu’il a hérité de son  grand-père, le patriarche Josoa Andriantsitohaina, et de son illustre père Jean-Charles Andraintsitohaina, Naina a pris la suite de l’empire en 2009 du vivant de son père. L’opérateur Naina Andriantsitohaina gère, à la fois quatre unités industrielles : l’imprimerie NIAG, l’usine de produits chimiques Prochimad, l’organe de presse Ultima-Média et la Banque BMOI…

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