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Publié dans Dossier

Rajaonarivony Rabarison Holitiana - « Les gens confondent encore psychiatre et psychologue, d'où cette grande réticence à nous consulter »

Publié le dimanche, 07 avril 2019

Dans cette interview, Rajaonarivony Rabarison Holitiana, psychologue clinicienne et psychothérapeute, diplômée de l’université de Paris Descartes, va apporter des explications voire des éclaircissements concernant le métier de psychologue. Œuvrant depuis 3 ans à Madagascar, à la Polyclinique d’Ilafy, elle s’est imprégnée dans ce milieu que la plupart des Malagasy considèrent comme un monde de fous.
La Vérité (+) : C’est quoi un psychologue ? Quel
parcours faut-il suivre pour devenir psychologue ? 
Holitiana Rajaonarivony Rabarison  (-) : Le psychologue est un expert du comportement, des émotions et de la santé mentale. Il intervient auprès des personnes qui éprouvent de la détresse ou des difficultés psychologiques. Chaque psychologue a réalisé au moins 5 années d’études universitaires
en psychologie.



(+) : Le travail d’un psychologue consiste à faire quoi ?
(-) : Le travail du psychologue consiste à évaluer le fonctionnement psychologique et la santé mentale de la personne. Il détermine également les interventions qui pourraient aider son patient et procéder aux interventions qu’il est habilité à faire, par exemple la psychothérapie. Si le psychologue estime que la personne a besoin de médicaments, il lui recommande de consulter un médecin généraliste ou un psychiatre.

(+) : Est-ce qu’on peut nourrir une famille et subvenir à ses besoins en étant psychologue à Madagascar ? Le tarif d’une consultation et/ou des séances s’élève à combien ?
(-) : Certainement, le métier de psychologue est déjà viable à Madagascar. La consultation varie entre 20 000 et 120 000 ariary. Toutefois, un psychologue fonctionnaire peut recevoir gratuitement des patients. Les consultations se passent à l’ex-Institut d’hygiène sociale à Analakely.

(+) : Le nombre de psychologues à Madagascar est-il suffisant ? Quels caractères faut-il avoir et / ou adopter pour être un psychologue ?
Le nombre de psychologues à Madagascar n’est pas suffisant car nous ne sommes que 20 psychologues membres de l’Ordre national des psychologues de Madagascar et exerçons tous à Antananarivo malgré une forte demande dans les autres Provinces. Pour être psychologue, il faut être curieux, à l’écoute, empathique. Pendant nos interventions, on se doit aussi de se décentrer de nos valeurs, de nos principes, d’éventuels jugements afin de pouvoir accompagner efficacement nos patients.

 (+) : Pour quelle raison les Malagasy et/ou vos patients en particulier ont recours à votre service ? Est-ce les personnes ayant des problèmes mentaux qui se rendent auprès d’un psychologue ?
(-) : Nous recevons de nombreuses personnes avec des problématiques diverses, à savoir les problèmes de couple, familiaux, identitaires, santé, relationnels, harcèlement au travail, dépression, stress chronique,... Par contre, les personnes confondent encore psychiatre et psychologue, d’où cette grande réticence à nous consulter. Le psychologue ne s’occupe pas seulement des problèmes mentaux et ce ne sont pas les « fous » qui viennent nous voir. Nous recevons aussi des gens bien portants qui désirent tout simplement entamer une psychothérapie, de même que des personnes vulnérables au niveau psychique.

(+) : Les clients s’intéressent-ils aux services offerts par les psychologues, le nombre de consultations par jour et l’intérêt porté à votre intervention ?
(-) : Les clients commencent de plus en plus à s’intéresser aux services que nous leur offrons. En moyenne, je reçois une trentaine de consultations  par  mois. C’est très variable d’un jour à l'autre car il y a des créneaux fortement demandés comme les demi-journées où les enfants ne vont pas en classe et peuvent nous consulter. J’interviens également dans les entreprises et dans les établissements scolaires dans le cadre de la dispense de formation, d’« écoles de parents » ou de séances d’information sur une problématique liée à la psychologie. J’en conclus alors que les Malagasy commencent à porter un intérêt à nos interventions.

(+) : Quelle sont les difficultés rencontrées par les psychologues à Madagascar ?
(-) : La méconnaissance du métier ? je dirais. Et aussi le fait qu’il y ait des usurpateurs du titre de psychologue qui nous donnent une mauvaise image.

 (+) Etre psychologue vous procure quoi dans la vie ?
(-) : Comme tout métier qui est aussi une passion, être psychologue me rappelle que c’était un rêve de petite fille que j’ai pu réaliser et que je réalise encore chaque jour, surtout quand le changement désiré par le patient, à travers sa psychothérapie, est très palpable et très rapide.

 (+) : Pouvez-vous me raconter une anecdote qui vous a marquée au cours de votre exercice ?
 (-) : Cela sera assez difficile pour moi, étant moi-même soumise au secret professionnel. Toutefois, je vais vous relater un cas très général et pas une situation particulière. Ce qui me marque et me marquera toujours, ce sont les accompagnements psychologiques de fin de vie dans le cadre de soins palliatifs. C’est très coûteux psychiquement et pas toujours facile d’instaurer une bonne distance thérapeutique avec les patients et leurs familles malgré les expériences que j’ai déjà pu avoir avec cette population.
 Propos recueillis par Kanto Rajaonarivony

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Editorial

  • Jouissances populaires
    Que la fête commence !  Les festivités entrant dans le cadre de la célébration de la Fête nationale battent leur plein. A Antananarivo, la Capitale de Madagasikara, c’est l’effervescence. Dans tous les quartiers des six Arrondissements, différentes animations pour tous les âges et pour tous les goûts sont prévues (kermesses, mini-podiums, etc). Sur l’Avenue de l’Indépendance, le podium central surchauffe l’ambiance. A Betongolo, la Fête de l’Armée reprend ses droits avec des attractions diverses (stands de tir, baby-foot, etc). En cette fin de journée, le clou de la Fête, ce sera un grand show de feu d’artifice à Anosy. Bref, c’est la fête populaire dans la Ville des Mille ! Des jouissances populaires auxquelles tous, sans distinction de religion ou de régions ni de niveau de vie encore moins de responsabilité du haut de l’échelle de l’Etat jusqu’au plus bas de l’étage, sont conviés. Dans les provinces, l’ambiance populaire est également au…

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