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Publié dans Dossier

Lutte contre l’extrême pauvreté - Un millier de familles de Manakara et de Vohipeno s’en sortent

Publié le mercredi, 03 avril 2019

nviron 180 000 ménages dans l’extrême pauvreté, soit 5% des 52,7% de la population malagasy dans cette catégorie, ont bénéficié des activités de protection sociale mises en œuvre depuis 2016.  Les bénéficiaires ont pu améliorer leur niveau de vie grâce au projet « Filets sociaux de sécurité » (FSS). Ce dernier comprend 3 programmes à savoir le « Transfert monétaire pour le développement humain » (TMDH) incluant le « Vatsin’Ankohonana », le « Fiavota »  et « Ndao hianatra » (LUL), l’argent contre travail productif (ACT-P) ou encore les réponses aux crises. Parmi les 5 régions de mise en œuvre de ce programme, les résultats sont palpables pour Vatovavy Fitovinany. Des centaines de familles de Manakara et Vohipeno s’en sortent, après 3 ans de formations, de nouvelles techniques, de mesures d’accompagnement et surtout de pratique. Certains d’entre ces bénéficiaires en témoignent dans ce reportage.  Avec l’appui de la Banque mondiale et de l’Unicef, plus de 70 millions de dollars ont été investis dans le projet FSS pendant ses 3 ans de mise en œuvre avec le Fonds d’intervention pour le Développement (FID). L’extension du projet nécessite toutefois un financement de 443 millions de dollars, soit 1419 milliards d’ariary. 90 millions de dollars provenant de la Banque mondiale sont déjà disponibles. Les bailleurs sont sollicités à s’investir afin d’atteindre 500 000 ménages dans l’extrême pauvreté, soit 15% des couches les plus vulnérables, d’ici 5 ans.


Bénéficiaires de l’ACT-P
« J’ai pu améliorer
mon niveau de vie grâce à la pisciculture »
1390 bénéficiaires du programme « Argent contre travail productif » ou ACT-P pour Manakara. Pierrette Ranorosoa, une mère de 6 enfants, en fait partie. Elle s’est lancée dans la pisciculture depuis maintenant 5 ans, outre la culture de pistache, de pois de bambara et de manioc. « J’ai pu améliorer mon niveau de vie, notamment grâce à la pisciculture. Cela rapporte assez pour assurer de la scolarité de mes 2 enfants dans le collège ainsi que pour notre survie au quotidien. Avec les recettes tirées lors de la vente des poissons, j’ai pu acheter des volailles, un cochon et 2 bœufs. L’élevage se développe peu à peu, comme l’agriculture. Depuis la mise en œuvre de l’ACT-P, l’on  nous a appris des nouvelles techniques agricoles et piscicoles. Les résultats sont déjà concrets pour l’agriculture. J’attends avec impatience ceux de la pisciculture », témoigne cette paysanne.
 « J’ai pu planter des maniocs jusqu’à 2m de hauteur »
Un homme âgé de 80 ans, résident au village d’Andramenta Manakara. Bonaventure a pu améliorer la capacité de résilience de sa famille, surtout en période de soudure, grâce aux nouvelles techniques inculquées grâce à l’ACT-P. « J’ai pu planter des maniocs jusqu’à de 2 m de hauteur, plus de 10 kg de produits par pied », s’est-il félicité. Mais vu son âge, il envoie son fils pour lui représenter durant les travaux et bénéficier des formations, pour ensuite appliquer les techniques partagées. En fait, les nouvelles techniques permettent aux bénéficiaires de profiter d’un maximum de récolte, puisque la production d’un pied de manioc arrive à couvrir les besoins de 4 à 5 jours d’une famille. Auparavant, les besoins d’une journée ont été couverts par la production de 10 à 15 pieds de manioc, à en croire Delphin Randrianirina, agronome du FID Manakara. Pour sa part, Bonaventure arrive à assurer les frais de santé de sa femme, outre la survie de sa famille.
 « Ma pépinière porte ses fruits »
Benja, un père de famille habitant dans le village de Marofarihy Manakara, fait également partie des bénéficiaires des nouvelles techniques inculquées grâce à l’ACT-P. « Auparavant dans une situation de pauvreté extrême, j’ai pu développer une pépinière. Il s’agit d’une activité très rentable puisqu’en 2018, j’ai écoulé 700 plants de girofle et de café à 500 ariary la pièce. Ma vie de famille s’est nettement amélioré depuis puisque mes enfants sont scolarisés et nous arrivons à manger à notre faim. Je compte pérenniser cette activité génératrice de revenus, surtout avec la forte demande de mes clients », témoigne ce père de famille.  Pour information, les bénéficiaires de l’ACT-P gagnent 4000 ariary par jour par ouvrier pendant 40 jours de travaux, payé en 3 tranches. A cela s’ajoutent les nouvelles techniques agricoles et piscicoles ou encore les rendements récoltés dans les sites de démonstration. Leur niveau de vie s’est amélioré, pour une meilleure résilience.
Herfine Rasoamihaja « Ma vie familiale se porte mieux… »
Une jeune mère de 24 ans. Herfine Rasoamihaja et son mari habitent dans le village de Mangaika, Fokontany d’Andranovolo Vohipeno. Elle fait partie des 136 familles bénéficiaires des programmes
« Vatsin’Ankohonana » et « Ndao hianatra » ou « Let us learn » (LUL) dans cette Commune. « Nous avons eu du mal à survivre pendant des années. Mon mari travaille dans les champs tandis que je fais de la vannerie, mais l’argent que nous gagnons reste largement insuffisant par rapport à nos besoins. Mais depuis que nous sommes choisis pour bénéficier du « Vatsin’Ankohonana », notre vie familiale se porte mieux », se réjouit cette mère de 3 enfants, âgés respectivement de 4 ans, 2 ans et demi et 6 mois. « Nous touchons un soutien financier de 30 000 ariary par mois. Une partie de cet argent est destiné pour le paiement des frais de scolarité de mon aîné, lequel est inscrit dans un établissement privé. Une autre partie sert à faire des provisions pour les nourritures et une autre pour acheter des vêtements, notamment pour les petits. Dernièrement, nous arrivons même à économiser un peu d’argent », explique Herfine. Elle n’a pas manqué de faire part des changements de comportement de son mari. « Mon époux semble ravi de rentrer à la maison, avec les bons petits plats que je prépare pour ma famille, en pratique des démonstrations culinaires lors des
« Sehatra mahasoa » (espace de rencontre et de bien-être). De plus, il contribue aux tâches ménagères, ce qui m’a étonné au début », nous confie la mère de famille. Cette dernière se dit prête à opter pour la planification familiale, parmi les thématiques inculquées lors des « Sehatra mahasoa ». « Je suis en train de convaincre mon mari à accepter la contraception, vu sa réticence. En fait, il veut qu’on ait un 4è enfant avant de s’y lancer, mais je veux le faire dès maintenant. Je veux que mon benjamin soit un peu plus grand avant d’avoir un autre  bébé, le  dernier », ajoute t-elle.

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Editorial

  • Vilénies bestiales et monstrueuses !
    En phase à une grande et décisive mutation, le pays n’est toujours pas au bout de ces malveillantes surprises. En  attendant la publication des noms des heureux élus pour siéger au Gouvernement Ntsay Christian, des affaires datant du régime précédent débarquent et polluent l’environnement. En dépit du début encourageant d’une éclaircie de la vie nationale, les vilénies monstrueuses du régime déchu, celui de Rajao, continuent de vicier l’atmosphère. Les échos des barbaries bestiales dont les ex-barons aux cravates bleues passaient maitres ne cessent de choquer l’opinion.  

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