Publié dans Dossier

Les enfants face aux dangers…- Vulgarisation de l’internet- Facebook

Publié le mardi, 12 février 2019

Une mine d’opportunités pour les uns, une source de dangers pour les autres. L’internet, notamment les réseaux sociaux comme Facebook, commence à être vulgarisé à Madagascar, avec les diverses offres attrayantes et à la portée de toutes les bourses. Pourtant, cette situation n’est  pas que bénéfique, notamment pour les enfants et adolescents. Certains d’entre eux sont ou ont déjà été victimes de l’utilisation d’internet, où les risques restent présents à tout moment. Les confidences des mineurs et parents en témoignent. Raison pour laquelle de nombreux acteurs œuvrant dans la promotion des droits de l’enfant, dont l’UNICEF et partenaires ainsi que les autorités compétentes comme La Police nationale, la Gendarmerie, le ministère de la Justice, etc., ont étendu leurs activités dans la protection des enfants en ligne. Des étapes ont déjà été franchies depuis 2015, y compris la mise en place de la Division cybercriminalité auprès de la Police nationale, mais beaucoup reste à faire, dont l’identification des enfants derrière leurs écrans…

Dangers de Facebook Des victimes en parlent

Certains harcelés en permanence, d’autres abusés. Alors que l’inscription sur Facebook devrait se faire seulement pour les personnes majeures, des enfants âgés à partir de 8 ans y disposent des comptes. Ces mineurs sont les plus exposés aux dangers qu’internet et les réseaux sociaux peuvent entrainer, faute de capacités de discernement. Pour certains, ce sont même les parents qui en ouvrent des comptes, sans penser aux risques que cela puissent englober. Deux jeunes collégiens et une lycéenne nous parlent de leurs activités et mauvaises expériences sur Facebook, sans pour autant déposer plainte auprès des autorités. Leurs cas ne sont toutefois pas isolés puisque d’autres mésaventures ont couté la vie, la virginité ou la dignité des victimes.

Nonosy (nom d’emprunt), collégienne de 12 ans en classe de 5è

…C’est une camarade de classe qui a ouvert un compte en mon nom, en 2018. A l’origine, un garçon de mon collège me  courait après. Il était en classe de 4è et moi en 6è à l’époque. Un jour, il m’a demandé si j’avais un compte Facebook et j’ai répondu non. Il ne m’a pas cru et pensait que je me foutais de lui, c’est pour ça que j’ai demandé à mon amie d’en ouvrir un pour moi. Le garçon en question a changé d’école mais on était resté en contact sur FB. Puisque je n’ai pas d’encore de téléphone, je vais au cyber une ou 2 fois par semaine pour parler avec lui, sans que mes parents le sachent. Je ne suis pas fière de leur avoir menti mais je n’ai pas d’autres choix d’autant plus qu’ils m’interdisent d’avoir un phone, de « tchater » ou d’avoir un copain… 

Mi (nom d’emprunt), lycéenne âgée de 15 ans en classe de seconde

…Mes parents m’ont acheté un téléphone et m’ont autorisé à ouvrir un compte Fb après le BEPC. Par contre, ils m’interdisent d’emmener le phone en dehors de la maison. J’ai pu respecter leurs règles jusqu’à ce que mes amies m’inscrivent dans un groupe pour les jeunes célibataires. Depuis, je n’arrive plus à m’en passer, au point de multiplier les rencontres avec les « mecs » qui me plaisent. J’ai pu en rencontrer 4 en quelques semaines, dont un qui sort avec moi en ce moment. Un jour, j’ai failli me faire violer puisque le mec m’a emmené en moto dans un endroit presque isolé du côté d’Ilafy. Il m’avait fait des avances jusqu’à me forcer à avoir un rapport sexuel avec lui. J’ai refusé et il s’est énervé jusqu’à m’agresser. J’ai pu quand même m’échapper et demander de l’aide à temps. Des passants m’ont secouru en me ramenant en ville, après avoir cherché le jeune qui a pu s’enfuir. Depuis, je n’ose plus faire des « pro » (programmes) avec des inconnus. Mes parents ne sauront jamais que j’ai vécu cela, même si je suis encore traumatisée, tout simplement parce que je refuse de leur en parler…

SAF (initiales), collégien de 13 ans dans l’Atsimondrano

Je passe la majeure partie de mon temps à télécharger des jeux sur Facebook, et non à tchater. Seuls les membres de ma famille et quelques camarades de classe sont amis avec moi. Des fois, je passe du temps à aimer ou à commenter leurs photos ou publications, sans pour autant faire des rencontres. D’ailleurs, mes parents contrôlent tout ce que je fais sur Facebook et ça m’arrange, je n’ai rien à leur cacher. La seule fois où j’avais peur c’est quand un faux compte a piqué quelques photos de moi pour ensuite les utiliser à draguer des filles ou à publier des trucs honteux dans certains groupes. Heureusement que ma famille et amis les ont signalés. Depuis, je préfère poster des photos de paysage, d’animaux ou d’œuvres que j’aime au lieu de mes photos directes. Si l’on m’en demande, je les envoie en « mp » (messages privés). Bref, Facebook est plutôt une plateforme d’amusements et de communication avec mes proches et non un endroit pour me défouler…

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Editorial

  • Enfin, du changement !
    Le verdict est tombé ! Le pouvoir sous la direction de Rajoelina Andry Nirina abrogea, ce mercredi 14 août 2019, en Conseil des ministres le décret n°2017-096 du 26 avril 2017 portant nomination du directeur général de la Compagnie nationale Jiro sy Rano Malagasy (JIRAMA) Olivier Jaomiary. Nommé il y a deux ans et quatre mois de cela, le 26 avril 2017, sous le régime HVM, Jaomiary Olivier n’a pas réussi à convaincre ni le pouvoir en place, issu de la dernière élection, ni l’opinion publique notamment les usagers. Un moment, se croyant être indéboulonnable de son poste, au-dessus de toute tentative de limogeage, le désormais ex-DG de la JIRAMA finit par se faire rattraper en raison de son incompétence à redresser la Compagnie, mission principale qu’on lui avait confiée.

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