Publié dans Dossier

Eboulement à Tsimialonjafy Mahamasina - Les proches des victimes en parlent…

Publié le mardi, 22 janvier 2019

Dans cet article, nous allons parler avec la famille des victimes et les rescapés de ce drame qui a  frappé le Fokontany de Tsimalonjafy la nuit du samedi 19 janvier.

 

« Je dois rester fort ! »

Parfois, la vie nous joue des tours… C’est justement ce qui était arrivé à Rakotoherinirina Angelo, le seul survivant de la famille dont la maison a été anéantie après l’éboulement de samedi dernier.  Agé seulement de 16 ans, il a perdu en un clin d’œil son père Herinirina Jean-De Dieu, sa mère Ranaivo Marie Ange Olga, sa sœur Herisoa Tsiferana Maryolla ainsi que sa petite nièce Ralambolanana Harenasoa Mégane. Le jeune homme raconte : « Avant que le drame ne se produise, il y avait une petite dispute familiale, c’était entre moi et mes parents. J’étais donc en colère et j’ai décidé de rester dans ma chambre qui se situe en haut pour regarder un film, histoire d’oublier la dispute. Arrive ainsi l’heure de manger, et on m’appelait pour descendre. Je ne faisais qu’à ma tête et je refusais de descendre, j’étais concentré sur mon film. Après, ma petite nièce pleurait dans l’autre chambre à côté de moi et ma sœur est montée l’allaiter. Seulement après quelques minutes, j’ai entendu un gros son d’explosion suivi d’un tremblement de la maison. Un court-circuit a ensuite endommagé mon ordinateur et j’ai enlevé la prise. A ce moment, je savais que la maison allait s’effondrer et j’ai couru à l’extérieur, plus précisément sur l’escalier pour regarder ce qui se passait ». Une grande surprise pour le jeune homme à  la vue un grand éboulement à l’extérieur emparant à toute vitesse sa maison. « J’ai donc eu le reflexe d’aller chercher le plus vite possible ma nièce qui se trouvait à l’étage supérieur, mais dès que j’étais arrivé en haut de l’escalier, la maison s’était déjà écroulée. Heureusement, je me trouvais à cet endroit, étant donné que les bétons s’écroulaient en dessous, j’avais un espace qui m’a permis de sauter à travers une tôle qui servait à séparer notre maison de celle de notre voisin. C’est ainsi que j’ai pu appeler au secours, malheureusement, il n’y avait plus rien à faire, ils étaient sûrement déjà morts quelques minutes après l’effondrement », explique le jeune homme très traumatisé par la situation. La dispute l’avait donc sauvé ou c’était tout simplement ce que le grand Dieu voulait. En tout cas, le jeune homme doit rester fort face à la situation. Il a ainsi perdu une mère qui travaillait au Conseil du fampihavanana malagasy (CFM) au Complexe Ampefiloha et un père retraité qui conduisait un taxi. Par ailleurs, Angelo affirme qu’il doit continuer à vivre et à se relever pour être la fierté de leurs parents et sa sœur là où ils sont. « Je suis actuellement étudiant au Lycée technique commercial (LTC) Ampefiloha et je vais essayer de tout faire pour réussir à réaliser mon rêve : devenir magistrat financier. Je dois rester fort ! », conclut-il. Battante, mais affaiblie par la situation, sa famille a tenu à lui faire savoir qu’elle sera toujours là pour lui. A noter que jusqu’à l’heure où nous écrivons cet article, les corps de ses parents n’ont pas encore été retrouvés.

Entre tristesse et souvenir

Ranaivo Marie Francine Irène, la sœur de Ranaivo Marie Ange Olga, parmi les victimes mortes raconte comment elle a vécu le drame. « Il était 19h30, heure où nous mangeons, j’étais dans ma cuisine, je n’ai pu avaler que deux cuillères et j’ai entendu un grand bruit de tonnerre suivi d’un autre bruit un peu plus fort et un tremblement. Je me suis dit que ce n’était plus la foudre donc j’étais sortie voir ce qui se passait, j’ai cru que c’était la grande statuette de Jésus qui s’est effondrée mais non. C’est en regardant de l’autre côté que j’ai pu voir que c’étaient des maisons qui se sont écroulées, seulement je n’étais pas encore consciente que celle de ma sœur était également atteinte par le drame. C’est Angelo qui nous avait prévenus en criant ». Malgré que toute la famille voulait faire de son mieux, plus rien n’a pu être fait. Elle ajoute que Maryolla n’habitait pas là-bas mais était sur place pendant l’accident. « En temps normal, c’est Angelo et ses parents qui habitent ensemble mais Maryolla avait déjà son mari et son enfant et vivaient aux 67ha. Seulement, ce jour, Maryolla et son enfant étaient venus rendre visite à sa famille », continue-t-elle. Sa sœur qui se souvient des beaux moments qu’elle a partagés avec elle. « Elle était stricte, directe mais très souriante…elle s’entendait avec tout le monde y compris son entourage. Elle était toujours de bonne humeur et aimait faire la fête … à chaque occasion comme les anniversaires, elle organisait toujours une fête et invitait toute la famille ».

Une petite battante rescapée

Une autre rescapée témoigne également  de ce qui se passait de son côté et comment elle a pu s’échapper au danger. Elle s’appelle Nirinantoanina Liantsoa, 11 ans et habite avec son grand-père. « Tout d’abord, il y avait une coupure de courant et on ne pouvait plus aussi rien entendre à cause de la pluie. Puis soudain, j’ai entendu que la maison s’effondrait petit à petit, mais j’avais le réflexe de m’attacher à une chaise. Puis la chute continuait, mais je ne pouvais pas bouger et je m’agrippais au meuble - d’ailleurs la maison tombait en pente - pendant ce temps, j’apercevais la lumière et je l’ai suivie. Enfin, j’ai grimpé à une tôle qui m’a permise d’arriver à l’extérieur et d’être sauvée », explique-t-elle. Cependant, le grand- père était piégé sous la boue et quelques matériaux et on ne voyait plus que sa tête. La jeune fille tentait donc de le sauver en le tirant dehors mais en vain. Elle a donc couru chercher de l’aide mais le temps qu’elle revienne, son grand-père a réussi à s’en tirer lui-même. Seule une partie du visage de ce dernier a été blessé mais il s’en est sorti après les  soins reçus à l’hôpital. A noter que les parents de la petite fille habitent à Tsiroanomandidy et elle habitait chez son grand- père. Heureusement qu’aucune vie n’a été perdue dans cette famille, le plus triste c’est qu’aucun de leurs biens n’a pu être récupéré. Néanmoins, la famille est toujours à la recherche d’une valise contenant leurs documents familiaux.

« Je n’ai jamais rencontré un homme aussi gentil que lui »

Une jeune fille dénommée Raharinandrasana Lucie Andrea, trouvée sur les lieux nous a également confié ses souvenirs de Rafidison, parmi les morts dans  l’accident. Elle habitait avec ce dernier depuis plus de 5 ans « Rafidison était un homme gentil. Il aimait surtout partager ses savoirs avec ses amis qu’il rendait souvent visite. Nous ne sommes pas de la même famille mais je le considère comme mon grand frère étant donné qu’on vient de Mananara. Dès qu’on était arrivé à Tanà, c’est lui qui nous prenait en main et  nous aidait même financièrement. Il m’a surtout aidé dans mes études, sans rien demander en retour ». Selon toujours son explication, Fidy avait un DEA en Agro-Management et a suivi un cursus de gestion à l’Université. Par ailleurs, il a également déjà enseigné dans plusieurs universités comme dans les écoles catholiques comme MTC, ASJA Antsirabe et bien d’autres encore. Fondateur de l’association des universitaires de Mananara, membre actif et fondateur de l’association « Fikambanana masina des jeunes universitaires de Dauphin De Frère Raphael Louis Rafringa », sa disparition causera certainement un grand vide envers ses proches et sa famille mais surtout ses collègues de toujours et les associations dont il est membre.

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Editorial

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