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Politique 2018 - Coup d'œil dans le rétroviseur

Publié le mercredi, 02 janvier 2019

L'année 2018 a été fortement marquée par une sphère politique bouillonnante en permanence. Etant une année électorale, l'actualité a été marquée par l'élection présidentielle.

Janvier

Le début de l’année 2018 est marqué par la rupture du silence de 4 ans d’Andry Rajoelina. Dans un bref discours prononcé à minuit dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier 2018, l'ancien président de la Transition a adressé des vœux d'espoirs aux foyers Malagasy. L’ancien président de la Transition signe définitivement son retour la sphère médiatique malgache lors de la présentation, le 26 janvier 2018, de son Initiative pour l’Emergence de Madagascar à Paris. Il s’agit une plateforme de concertation et d'action rassemblant des experts malgaches et internationaux, des partenaires stratégiques et financiers, dont l'objectif reste de permettre à Madagascar de combler son retard en matière de développement. 24 heures plus tôt, le président Hery Rajaonarimampianina a présenté à Antananarivo son plan « Fisandratana 2030 » pour tenter de mettre de l'ombre à celui de Rajoelina. De Hery Rajaonarimampianina, les observateurs se rappelleront surtout de l’oubli de la traditionnelle hausse des salaires pour les fonctionnaires lors de la cérémonie de présentation de vœux des corps constitués et du corps diplomatique le 05 janvier 2018.

Février

Le couple Rajoelina truste les devants de la scène au début de l’année. La femme de l'ancien président de la Transition Mialy Rajoelina a été élue présidente du « Pan African Ethanol Stoves and Fuel Alliance » pour un mandat de trois ans lors du Forum africain qui s'est tenu les 5-6 février à Accra, dans la capitale du Ghana. Un évènement historique pour le Continent africain, car l'ancienne Première Dame malgache est la première femme élue à la tête de cette alliance. Cette élection constitue la suite logique des actions menées par Mialy Rajoelina et son Association FITIA depuis plusieurs années. Le 17 février, son époux organise une conférence-débat sur l'IEM à l'Arena Alarobia dont l'un des moments forts aura été sans conteste celui où il a présenté ses excuses à la population pour avoir  œuvré pour l'élection de l'actuel Chef de l'Etat à l'occasion de la première présidentielle de cette quatrième République.

Mars

Au début du mois de mars, l'ancien président de la Transition fait son retour dans l’arène au sens propre. Dans le cadre de l’IEM, l'ancien homme fort du pays a effectué une descente dans le District d'Ambilobe. Pour son premier meeting, il fait le plein pour son premier meeting. Après quatre ans de discrétion politique, Andry Rajoelina prouve que la population ne l’a pas oublié. Un succès qui restera visiblement en travers de la gorge des dirigeants au sein du régime Rajaonarimampianina. Le 30 Mars, Andry Rajoelina est empêché de se rendre à l'un de ses meetings organisés, le 30 mars, dans la ville de Mahajanga, au nord ouest du pays. Les deux avions qui doivent l'emmener vers la capitale du Boeny sont interdits de décoller de l'aéroport d'Ivato, suite à des ordres venant d'en haut lieu, selon les explications de l’ancien Président de la Transition.

Avril

Outre la béatification de « ramose » Lucien Botovasoa, le mois d’avril aura surtout été marqué par l’adoption des lois électorales contestées. Des textes qui favorisent, à l'approche de l’élection présidentielle, le candidat du pouvoir en place. Aucune des recommandations émises par le comité consultatif qui a réuni tous les acteurs politiques pendant plusieurs mois en 2017 n'a été retenue, regrette l'opposition. En outre, l'adoption des textes est entachée de forts soupçons de corruption. Lors d’une « session de travail » avec certains membres du gouvernement, des enveloppes, pouvant contenir jusqu'à 50 millions d'ariary, auraient été échangées avec des députés, selon la presse malgache, pour éviter la moindre révision des textes devant l'Assemblée. A l’appel de 73 députés, des milliers de partisans de l'opposition descendent sur la place du 13 mai, au cœur de la capitale, Antananarivo. Interdite par le régime HVM, le rassemblement a très vite basculé dans un face-à-face brutal avec les forces de l'ordre. Les heurts ont fait deux morts et plusieurs dizaines  de blessés. Les manifestations deviennent quotidiennes et dureront plusieurs semaines. Les manifestants exigent la démission du chef de l'État Hery Rajaonarimampianina. Madagascar pénètre dans une nouvelle crise politique.

Mai

Trois dates marqueront le mois de mai 2018. Le 20 mai, le pape François annonce les noms des quatorze évêques nouvellement élevés cardinaux. Dans la liste figure le nom d'un malgache, celui de monseigneur Désiré Tsarahazana, archevêque de Toamasina. Huit ans après, Madagascar a donc de nouveau son cardinal. Il a été élevé au pourpre le 29 juin 2018 au Vatican. Le 25 mai 2018, suite à une saisine par les députés d'opposition pour destituer le Président Hery Rajaonarimampianina quelques semaines plus tôt, la HCC émettra un avis négatif mais donne dix jours au Chef de l'Etat pour nommer un gouvernement d'union nationale, devant respecter le résultat des législatives de 2013, et qui sera chargé de préparer une élection présidentielle anticipée sans attendre l'échéance initiale de novembre.

Dans le même temps, Andry Rajoelina a organisé les 24-25 mai le premier forum international axé sur la présentation de l'IEM. Mis à part des opérateurs économiques et investisseurs nationaux, ainsi que les partisans du Mapar, des experts nationaux et internationaux sont venus à l'hôtel Carlton Anosy pour l'évènement.

Juin

Un premier pas important vers la sortie de crise est franchi au mois de juin. Le Premier ministre Olivier Mahafaly Solonandrasana annonce sa démission pour se conformer à l’avis de la Haute Cour constitutionnelle qui exige la nomination d'un « Premier ministre de consensus » afin de sortir de la crise politique. Présenté par le MAPAR, le parti majoritaire à l’Assemblée nationale, l’ancien Directeur du bureau pays de l’Organisation internationale du Travail à Madagascar, Christian Ntsay est nommé Premier ministre. Chargé de former un gouvernement de consensus, il s’exécute le 11 juin, avant d'annoncer le 29 la date de la présidentielle fixée au 7 novembre, pour le premier tour et le 19 décembre pour le second tour. Le nouveau Premier ministre réinstaure également lors de ce mois de juin la plaque rouge pour les véhicules administratifs.

Juillet

Malgré les attaques de ses détracteurs, l'ancien Chef d'Etat Andry Rajoelina prend une avance sur ses concurrents éventuels à l’élection présidentielle. Il multiplie les descentes dans le cadre de l'Initiative pour l'Emergence de Madagascar. L'occasion pour lui de s'enquérir des besoins et des problèmes des populations de la base. Face à tous ces problèmes, « Zandrikely »  fait un « velirano » avec le peuple. Un « contrat social » par lequel il s'engage à traduire l'IEM en actions concrètes au bénéfice de la population. Au mois de juillet, alors que la Commission électorale nationale indépendante s’attèle aux préparations de l’élection présidentielle, dans les écuries politiques c’est le branle bas. Chacun fourbit ses armes en prévision de l’élection présidentielle.

Août

Le premier août 2018, Andry Rajoelina annonce de manière officielle sa candidature à l'élection présidentielle lors d'un meeting au Palais des Sports. Il est le premier à faire déposer son dossier de candidature à la HCC. 45 autres prétendants à Iavoloha déposeront leurs candidats à la greffe d'Ambohidahy jusqu'à la date limite de réception des dossiers de candidatures le 21 août ; Ce chiffre de 46 candidats est ramené à la baisse par la HCC. Quelques jours plus tard, après avoir vérifié les dossiers, les juges constitutionnels valident 36 candidatures. Parmi lesquelles figurent celles de 4 anciens Chefs d'Etats, Didier Ratsiraka, Marc Ravalomanana, Andry Rajoelina et Hery Rajaonarimampianina ainsi que d'ex-Premiers ministres.

Septembre

Après les différents et successifs échecs de ses tentatives de se maintenir le plus longtemps possible au pouvoir, Hery Rajaonarimampianina se conforme aux prescrits constitutionnels et démissionne de son poste de président pour pouvoir participer au scrutin présidentiel le 7 septembre 2018. Rivo Rakotovao, président du Sénat, prend l'intérim à la tête de l'Etat. Le début de la fin pour le parti HVM miné par des scissions et des divisions. Le 18 septembre 2018, Andry Rajoelina présente officiellement son ouvrage autobiographique intitulé « Par Amour de la Patrie », le 18 septembre à la Librairie « Les Guetteurs du Vent » dans le 11e Arrondissement de Paris. Le 26 septembre, le gouvernement de Madagascar obtient le retrait du sondage sur les intentions de vote des électeurs en vue du scrutin présidentiel de la fin de l'année devant être publié dans le magazine Politikà et commandé par Friedrich Ebert of Stiftung. Une interdiction motivée par une volonté de préserver l'ordre public.

Octobre

Ouverte le 8 octobre, la campagne est marquée par le blocage des autorisations d'utilisation des hélicoptères des candidats Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana par l'Aviation civile de Madagascar. Le duel à distance entre ces deux candidats marquera la suite de la campagne.. En parallèle un collectif de candidats surnommés les zérovirguliens tentent leur va-tout pour faire reporter le scrutin. Le 19 octobre, un accord politique pour la tenue d'une conférence nationale souveraine a été adoptée à Nanisana par une vingtaine de petits candidats à la présidentielle. Des demandes dont les objectifs in fine sont de reporter la tenue du scrutin présidentiel et d'instaurer une nouvelle période transitoire dans le pays. Tenue au CCI d'Ivato, la conférence nationale souveraine débouche sur une convention nationale souveraine qui « ordonne » entre la réouverture de la liste électorale. Le mouvement ne parvient toutefois pas à donner de force exécutoire à sa demande. Par ailleurs, la Communauté internationale, le Chef de l'Etat par intérim et le Premier ministre affichent leurs oppositions à une réouverture de la liste électorale. En outre, la CENI fait auditer la liste électorale par l'OIF qui donne son feu vert.

Novembre

Le premier tour de l’élection présidentielle a lieu le 7 novembre 2018. A l’issue d’un scrutin qui n’a pas connu d’anomalies majeures, la CENI proclame les résultats provisoires de l'élection présidentielle. Andry Rajoelina était crédité de 1.949.851  voix soit 39,19% par la CENI et Marc Ravalomanana avec 1.755.885 voix soit 35,29% se retrouvent en pôle position pour un second tour. Le 28 novembre, la HCC confirme la tenue d'un second tour entre les deux protagonistes principaux des évènements de 2009. Le promoteur de l'IEM Andry Rajoelina termine premier avec 1.954.023 voix soit 39,23% devant le patron du TIKO avec 1.760.837 voix, soit 35,35%. Hery Rajaonarimampianina troisième, président de la république sortant est officiellement éliminé de la course à la présidentielle, en n’obtenant même pas 10% des suffrages exprimés.

Décembre

Les débats constituent les moments chauds de cette campagne pour le second tour ouverte le 4 décembre. Andry Rajoelina, plus incisif, prend l'avantage sur son concurrent direct, jugé trop brouillon lors du premier acte. Durant le second face-à-face télévisé, Andry Rajoelina ne cède aucun terrain à son adversaire et se retrouve en pôle position dans la course à Iavoloha. L'année se termine en apothéose pour l'ancien chef d'Etat Andry Rajoelina. Les premières tendances confirment les résultats du premier tour. En attendant le verdict de la HCC et la proclamation des résultats officiels définitifs, il est déclaré vainqueur du second tour de la présidentielle avec 55,66% contre 44,34% pour Marc Ravalomanana, selon les résultats de la CENI publiés le 27 décembre. Nonobstant des appels au respect des institutions lancées par la Communauté internationale, alléguant des fraudes massives, les partisans du leader du TIM descendent sur le parvis de l'hôtel de ville d'Analakely. 

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Editorial

  • Le chemin du filet
    Les grandes formations européennes de football s'affrontent, en ce moment, dans les phases éliminatoires des coupes tant au niveau national qu'européen. En France, les équipes de la Ligue 1 disputent à mort les meilleures places pour  la fameuse et légendaire Coupe de France. Et on y va de grosse surprise à la débâcle. Quand un PSG se fait étriller par 5 buts à 1 par une « équipe de province » Lille, il y a de quoi s'étonner ! En Europe, à l'UEFA, les âpres matches éliminatoires  comptant pour le championnat européen battent leur plein et arrivent à leur terme. En général, la hiérarchie est respectée. Les grandes équipes comme les Barça ou les Ajax trouvent toujours l'opportunité de faufiler pour se frayer un itinéraire vers le chemin du filet.

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