Publié dans Dossier

Sciences - Le Maroc envoie son second satellite

Publié le jeudi, 15 novembre 2018

Un an après la mise en orbite réussie du premier satellite marocain d'observation dénommé Mohammed VI6 A, le Maroc s'apprête à envoyer le deuxième. Rendez-vous est donné le 20 novembre prochain à la base de Kourou en Guyane française. L'envoi de ce second satellite a été annoncé depuis 2017.

Le satellite Mohammed VI - B est un satellite d'observation de la Terre réalisé par le consortium Thales Alenia Space en tant que mandataire et Airbus en co-maîtrise d'oeuvre au profit du Royaume du Maroc. Il servira notamment aux activités cartographiques et cadastrales, à l'aménagement du territoire, au suivi des activités agricoles, à la prévention et à la gestion des catastrophes naturelles, au suivi des évolutions environnementales et de la désertification ainsi qu'à la surveillance des frontières et du littoral. Les deux satellites MOHAMMED VI - A & B seront complémentaires et permettront d'assurer une couverture plus rapide des zones d'intérêts. . Une fois mis en orbite, ces appareils sont capables de capturer environ 1 000 images par jour avec une précision de moins de 1 m. En lançant son premier satellite l'année dernière, le Maroc a rejoint le cercle des nations africaines possédant leur propre satellite d'observation. Il s'agit entre autres de l'Afrique du Sud, de l'Egypte, du Nigéria, et de l'Algérie. Quelques mois plus tard le Ghana et l'Angola ont eux aussi emboité leurs pas. Le magazine Jeune Afrique dans une des ses parutions a évoqué l'engouement de certains pays africains à tourner vers les étoiles. Il a narré le début et l'évolution de l'aventure africaine pour l'accès à l'espace.
« L'Afrique du Sud reste le pays africain aux avancées les plus concrètes. Le premier Africain à être allé dans l'espace est même un citoyen de la nation Arc-en-Ciel_: Mark Shuttleworth, entrepreneur blanc connu pour avoir développé le système d'exploitation informatique Ubuntu, s'est offert en avril 2002 un voyage de « touriste » d'une durée de dix jours à la Station spatiale internationale, via la mission russe Soyouz TM-34, pour la somme de 20 millions de dollars et après un entraînement de sept mois à la Cité des étoiles, au nord-est de Moscou. Trois ans auparavant, le 23 février 1999, le pays avait mis en orbite son premier microsatellite, Sunsat, construit par des étudiants de l'université de Stellenbosch et lancé depuis la base militaire américaine de Vandenberg. Une agence spatiale (la South African National Space Agency, Sansa) est finalement créée en décembre 2010.
Des États pionniers
Le Nigeria est aussi un pionnier avec la création, dès 1999, soit plus de dix ans avant l'Afrique du Sud, de la National Space Research and Development Agency (NASRDA). Opérationnelle depuis le 1er août 2001, elle a mis en orbite son premier satellite deux ans plus tard_: NigeriaSat-1, construit en collaboration avec l'entreprise britannique Surrey Satellite Technology Limited (SSTL, filiale d'Airbus), pour un coût de 30 millions de dollars. Objectifs affichés_: prévenir les catastrophes naturelles et surveiller la désertification dans le nord du pays.
En 2006, le gouvernement nigérian met en place un programme spatial avec le projet, in fine, d'envoyer un homme dans l'espace - 2016 était la date butoir - et sur la Lune d'ici à 2030, avec l'aide de la Russie et de la Chine. Mais, pour l'instant, la technologie satellitaire reste l'activité principale de la NASRDA, qui a, depuis, lancé trois autres appareils, dont celui d'observation NigeriaSat-X, exclusivement fabriqué par des ingénieurs locaux. Abuja a pour autre ambition de lancer un satellite par ses propres moyens en 2018. Le pays bénéficie en effet d'un emplacement géographique - près de l'équateur - propice à la construction d'une base spatiale de lancement.
Quelques pays africains, dont l'Afrique du Sud, le Nigeria, le Ghana ou encore l'Égypte, sont en mesure de fabriquer leurs propres satellites. Mais aucun n'a la capacité de les mettre en orbite. « Cela demande un gros effort financier, explique Fatoumata Kebe. C'est dommage, car acquérir des satellites et savoir exploiter l'espace rendraient ces États encore plus indépendants. » « Rappelons, poursuit-elle, que le système de géolocalisation GPS a été mis en place par et pour l'armée des États-Unis et qu'il est sous son contrôle. Cette dépendance a incité l'Union européenne à élaborer son propre système de géolocalisation, Galileo, dont le financement dépasse le milliard d'euros. » Le continent pourrait élargir les capacités satellitaires à bien d'autres activités. À l'orée des années 2000, l'Agence spatiale européenne (ASE) a par exemple lancé avec l'Unesco le programme BEGo (Build Environment for Gorilla), qui vise à la protection des gorilles en Afrique centrale. « Ce programme montre bien l'intérêt qu'aurait l'Afrique à gagner en indépendance, relève une source de l'ASE. Le projet est assuré par des Européens, mais l'usage est africain. » Des rangers du Rwanda, de la RD Congo et de l'Ouganda utilisent maintenant des cartes qui permettent un suivi précis des déplacements et des changements d'habitudes de cette espèce protégée. Autre exemple_: le Conseil des ministres africains chargés de l'eau (AMCOW) a décidé d'épauler, aux côtés de l'Union africaine, le projet Tiger, lui aussi porté par l'ASE. Tiger, lancé en 2002, est un programme d'observation spatial permettant une meilleure gestion des ressources hydriques du continent.
Échange de données
Le président gabonais, Ali Bongo Ondimba, a lui annoncé en 2015 le lancement opérationnel du programme de Surveillance de l'environnement assistée par satellite (SEAS). À ses côtés, Ségolène Royal, alors ministre française de l'Environnement.
SEAS consiste avant tout en une antenne imposante qui permet une réception directe d'images satellitaires de vingt-trois pays africains capturées depuis l'espace. Lorsqu'un satellite passe au-dessus, il peut se décharger sur l'antenne située au Gabon. Fini le temps des estimations annuelles et imprécises, terriennes ou maritimes, de l'état des plateformes pétrolières ou de la situation des forêts. Le Gabon a même lancé son Agence d'études et d'observation spatiales. La situation du pays, traversé par l'équateur, intéresse par ailleurs Paris. « Depuis les années 1990, une station au Gabon permet de prendre le relais lors du suivi du vol des fusées françaises qui décollent de Kourou, en Guyane française, et qui échappent pendant un court laps de temps à nos regards », confie une source au sein d'une agence européenne. « En échange, les Gabonais ont vite demandé un retour d'ascenseur avec la formation d'ingénieurs. Mais aussi avec de l'échange de données », poursuit cette source sans aller plus loin.
Une résolution de l'Union Africaine
L'Union africaine a-t elle pris la fusée en vol_? Un groupe de travail y a bien été établi par la Conférence des ministres chargés de la science et de la technologie (Amcost), en 2010, en vue de développer la politique et la stratégie spatiales de l'Afrique.
Aussi, parmi les résolutions adoptées par le sommet de janvier 2016 figurait l'institutionnalisation d'un programme spatial africain, tel qu'énoncé dans l'Agenda 2063. L'Égypte s'est d'ailleurs portée volontaire pour accueillir une agence africaine. Ce groupe de travail est soutenu par la commission des ressources humaines, de la science et de la technologie, dirigée par la Camerounaise Sarah Anyang Agbor, élue en juillet 2017. Mais à part ça, rien de bien concret. Surnommé « le bâtisseur » dans son pays, l'architecte sénégalais Pierre Goudiaby Atepa n'a pas attendu que l'UA se décide pour proposer un projet d'envergure régionale. Il envisage la mise en orbite de satellites de télécommunications depuis la Côte d'Ivoire, via Atepa Satellite Applications, filiale de son groupe. En février 2015, l'ancien conseiller du président Abdoulaye Wade a présenté son projet au successeur de ce dernier, Macky Sall, en mettant en avant l'apport de la technologie satellitaire dans le développement de la médecine, de l'éducation, de l'agriculture ou encore de la sécurité.
Négociations en cours
Si le président sénégalais s'est d'abord montré frileux, il a fini par annoncer l'adhésion du Sénégal au projet, peu après la Côte d'Ivoire. « Nous disposons d'un partenariat technique et financier avec le groupe chinois China Great Wall, qui est en mesure de construire et de lancer nos satellites », précise Pierre Goudiaby. Le groupe China Great Wall devrait assurer 85 % des 300 millions de dollars nécessaires au lancement du premier satellite. Les 15 % restants seront pris en charge par la Côte d'Ivoire via un fonds géré par le groupe Atepa. Pierre Goudiaby aimerait y associer l'Organisation régionale africaine de communications par satellite (Rascom), afin que les pays membres de l'Uemoa et de la Cemac profitent des applications de ces satellites : e-médecine, e-santé, e-agriculture, e-education. Des négociations sont déjà en cours avec ces deux organisations sous-régionales. Atepa Satellite Applications se penche aussi sur le lancement de satellites de télédétection pour aider au renforcement de la sécurité sous-régionale, toujours avec les pays membres de l'Uemoa, de la Cemac, mais aussi avec le Nigeria. Nous sommes loin des années 1970, lorsque les dirigeants africains se voyaient en conquérants de l'espace »

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  • Indétrônable
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