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Les quatre « Vérité » de Paul Rabary, ministre de l’Education nationale

Publié le lundi, 24 avril 2017

Les réformes adoptées dans le calendrier scolaire font partie de l’actualité de la semaine. Pour l’enseignement privé, les contrôles effectués auprès des établissements s’enchaînent. Le ministre de l’Education nationale (Men) en la personne de Paul Andrianiaina Rabary nous a livré plus de détails à travers cette interview. 

Les réformes adoptées dans le calendrier scolaire font partie de l’actualité de la semaine. Pour l’enseignement privé, les contrôles effectués auprès des établissements s’enchaînent. Le ministre de l’Education nationale (Men) en la personne de Paul Andrianiaina Rabary nous a livré plus de détails à travers cette interview.

 

La Vérité (+) : Le calendrier scolaire connaîtra un grand changement d’ici 3 ans. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Paul Rabary (*) : Le chevauchement de l’année scolaire (2017-2018) à Madagascar handicape non seulement sur le fonctionnement des écoles publiques, à cause des problèmes financiers, mais cela impacte surtout sur la qualité de l’éducation et les résultats scolaires. Le Plan sectoriel de l’éducation (Pse) vise à remédier cette situation, à travers l’unification de l’année scolaire (2018) qui va se faire de mars en décembre selon l’objectif. D’un autre côté, les grandes vacances seront réduites à 2 mois ou 2 mois et demi, tandis que la présence en classe deviendra 39 semaines au lieu de 36. Les trimestres seront toutefois allégés par des pauses entre 6 ou 7 semaines de cours.

(+) : Certains parents et enseignants s’opposent à cette réforme à adopter. Comment le Men procédera-t-il pour persuader les parents récalcitrants ?

(*) : Ce changement ne se fera pas dans l’immédiat. Une phase de transition aura lieu pendant 3 années avant d’atteindre l’objectif, tout en respectant l’inclusion et la progressivité. Contrairement aux reproches de certains parents et enseignants, cette réforme sera bénéfique pour les élèves. Bon nombre d’entre eux ne seront plus contraints de suspendre les cours pendant les cyclones faute de salles de classe. Beaucoup d’infrastructures sont endommagées par les vents et les eaux durant cette saison, en plein 2e trimestre. Quant aux reproches des parents sur l’absence des élèves à leurs activités génératrices de revenus, ils doivent savoir que le droit d’être scolarisé prime pour les enfants.

(+) : La vidéo montrant les violences perpétrées par une enseignante envers une lycéenne de « La Croyance » a fait le buzz au début de ce mois. Qu’en est-il de cette affaire actuellement ?

(*) : Après avoir vu cette vidéo sur les réseaux sociaux, les responsables du Men ont aussitôt fait une descente sur place pour obtenir plus d’informations. Lever la main sur un élève s’avère intolérable de nos jours, c’est pourquoi le ministère a décidé de retirer l’autorisation d’enseigner de l’auteur des violences. En constatant de visu l’environnement déplorable dans lequel les élèves suivent des cours, nous avons également ordonné le retrait d’autorisation d’ouverture du préscolaire et du lycée auprès de cet établissement privé. Concernant l’emprisonnement de l’enseignante, le ministère en tant qu’autorité administrative n’a rien à voir avec sa poursuite pénale.

(+) : Les responsables continuent de faire des contrôles auprès des établissements privés. Quelles seront les mesures à prendre pour ceux hors normes ?

(*) : Depuis l’affaire « La Croyance », nous avons reçu de nombreuses plaintes dénonçant des irrégularités auprès des établissements privés. Je tiens à souligner que l’autorisation d’ouverture est un contrat que chaque établissement doit respecter. Ceux qui ont failli à cet engagement doivent régler leur situation. Dès le début de cette année scolaire, l’Office national de l’enseignement privé (Onep) a fait part que 600 établissements œuvrent dans l’irrégularité, et environ 150 d’entre eux doivent impérativement normaliser leur situation, notamment en matière d’infrastructures. Dans le cas contraire, ils risquent d’être privés de leur autorisation d’ouverture.

Propos recueillis par  Patricia Ramavonirina

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