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Circoncision à l’américaine - Les adultes aussi en ont recours…

Publié le vendredi, 24 juin 2016

Non seulement les bébés, les enfants et les jeunes garçons. Des adultes se font circoncire également et contrairement à ce à quoi nous nous attendions, les hommes de plus de trente ans sont nombreux à être circoncis « à l’américaine » dans la Capitale. 

Comment ? Pourquoi ? Quelles sont les raisons qui ont fait que ces hommes n’ont pas été circoncis dès la naissance comme le voudrait la culture malagasy ? Le docteur Rahaja Rafalimanana, inventeur de la circoncision à l’américaine et qui opère depuis 25 ans dans le domaine, nous parle de cette pratique médicale plutôt inhabituelle. 

La Vérité (V) : Docteur, pouvez-vous nous expliquer ce qu’est la circoncision à l’américaine ? 

Docteur Rahaja (Dr) : D’abord, il faut noter que quel que soit le type de la circoncision, celle-ci signifiera toujours une excision 

du prépuce. Ce qui différencie la circoncision à l’américaine de la pratique traditionnelle malagasy, c’est la méthode utilisée. Pour la méthode traditionnelle, l’opération est très rapide et dure deux secondes. Il faut allonger le pénis et couper le prépuce au couteau. La plaie est ainsi ouverte, du sang en sort, et la guérison prend plusieurs jours, d’où la pratique de l’opération en période d’hiver pour une guérison plus rapide. Pour la circoncision à l’américaine, on utilise un appareil spécialisé pour enlever le prépuce, et ce, grâce à un système de compression entre deux cloches. L’opération dure une minute et trente secondes. La plaie est fermée, aucun sang ne sort du pénis et la guérison est très rapide. Avec cette méthode à l’américaine, toutes les saisons sont favorables pour une circoncision. Il faut souligner que le choc psychologique est énorme chez quelqu’un qui a été circoncis selon la méthode traditionnelle, mais moins marquant chez une personne qui a été opérée à l’américaine. Cependant, il faut utiliser un système d’anesthésie aux normes. J’ai adapté moi-même mes appareils pour que ceux-ci puissent effectuer des circoncisions selon les exigences de la culture malagasy. Ceux-ci ont été importés d’Amérique, d’où le nom de la méthode que j’ai moi-même mise au point. 

V : Y a-t-il une différence à l’effectuer chez les jeunes garçons et les hommes adultes ?

Dr : Oui, il y en a certainement. Les enfants doivent être tenus et accompagnés. Mais les hommes adultes n’ont pas besoin d’être tenus. Et chez nous, ils viennent seuls, la plupart du temps. Le tarif est évidemment différent, puisque les appareils utilisés ne sont pas les mêmes pour les petits que ceux pour les grands.

V : Est-il vrai que s’il n’y a pas de sang, l’homme ne peut pas donner d’enfant ?

Dr : Cette affirmation est totalement fausse. Un pénis n’est pas fait pour que du sang en sorte. C’est la méthode de circoncision traditionnelle qui a entraîné cela. A l’américaine, aucun sang n’en sort. Et cela n’a jamais eu de conséquences comme la croyance populaire raconte puisque dans des pays d’Europe et dans plusieurs pays du monde sur d’autres continents, beaucoup d’hommes ne se font pas circoncire et donnent bel et bien naissance à des enfants. Toutefois, si la personne opérée veut absolument que du sang en sorte, cela est possible, même dans la circoncision à l’américaine.

V : D’après les consultations et opérations effectuées dans votre cabinet, quelles sont les raisons qui ont fait que des hommes adultes n’aient pas été circoncis dans leur enfance ?

Dr : Les raisons sont nombreuses. En premier lieu, la peur des parents qui les ont persécutés par des mythes sur la circoncision et ils en ont peur. En second lieu, le fait d’attraper des maladies quand ils étaient petits a empêché la circoncision.

V : Qu’est-ce qui les convainc de se faire opérer à un âge assez avancé ?

Dr : Beaucoup de femmes refusent de se marier avec des hommes non-circoncis, à cause des différents mythes comme quoi « un homme circoncis ne donne pas d’enfant » ou d’autres, très célèbres dans les provinces. L’homme se décide alors de se faire opérer. Parfois, ce sont vraiment des couples qui viennent nous consulter, et affirmer que l’homme n’est pas en très bonne santé. Cette catégorie est composée d’hommes ayant plus de 35 ans dans la plupart des cas. Pour ceux âgés de 50 ans à 70 ans, il s’agit surtout d’une tradition. Des familles n’acceptent pas que les hommes non-circoncis soient enterrés dans le tombeau familial. Ne voulant pas être inhumés à part, ils se font circoncire. Cependant, les jeunes hommes de moins de 35 ans sont eux aussi nombreux. Mais les effectifs dans ces trois catégories sont assez équivalents.

V : La méthode à l’américaine est-elle meilleure que celle traditionnelle ?

Dr : Il ne s’agit pas de comparer laquelle est la meilleure des deux méthodes. La méthode traditionnelle est bien. Seulement, si celle-ci n’est pas maitrisée, elle peut causer des maladies ou même la mort, puisque la bonne hygiène n’est pas assurée, notamment la propreté du matériel utilisé et d’autres paramètres. La méthode à l’américaine a été conçue pour améliorer celle traditionnelle, mais le concept reste le même. 

V : Comment la méthode a été accueillie par le public, au début ?

Dr : Au début, il a été très difficile de convaincre les gens à se faire opérer à l’américaine. La peur des nouvelles technologies qui pourraient tuer les hantait, notamment chez les gens qui n’avaient pas de quoi vivre. Je me rappelle que nous avions lancé un appel pour circoncision à l’américaine gratuite à mes débuts. Nous visions les gens qui n’avaient pas de quoi payer l’opération, mais ce sont les bourgeois tananariviens qui sont arrivés en masse.

V : N’y a-t-il pas de risque de maladie ou de mortalité pour la circoncision à l’américaine, que ce soit pour les enfants ou les adultes ?

Dr : Au contraire. Le taux de mortalité pour la circoncision à l’américaine est de zéro. Cela fait 25 ans que je pratique cette méthode, et je n’ai jamais entendu parler que quelqu’un en était mort, d’autant plus que s’il a été opéré dans mon cabinet. D’autre part, la méthode est reconnue dans toute l’île. Des étrangers viennent même se faire circoncire ici, ce qui démontre que la fiabilité des matériels utilisés et de la méthode est assurée, de même que le patient ne fera nullement confiance à un docteur qui ne sait pas ce qu’il fait.

V : Pour conclure, Docteur, comment se présente le fait d’opérer des adultes ?

Dr : Contrairement aux enfants, cela est plus facile, puisque la taille du pénis est plus grande, ce qui le rend difficile à opérer. 

Quand j’avais commencé il y a 25 ans, j’avais vraiment peur de circoncire les petits. Si l’on ne faisait pas attention, ils auraient pu se faire couper plus que le prépuce. Ce qui est impossible chez les grands.

Tiasoa Samantha

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