Publié dans Culture

« Mi-art-dia » - L'artisanat promeut le savoir-faire des personnes en situation de handicap et nécessiteux

Publié le lundi, 17 juin 2019

S’il est parfois un mur à franchir, le handicap prouve, sous bien des aspects, qu’il est aussi une fenêtre d’opportunité et d’évolution pour le monde du travail, un trait d’union indispensable pour la société. Dans l’artisanat aussi, la reconnaissance et l’intégration du handicap deviennent de réels enjeux. Formation, accompagnement, maintien dans l’activité… Des associations et organisations font en sorte que les personnes en situation de handicap, mais aussi les personnes vulnérables trouvent leur place dans la société en les réinsérant dans de cadres plus professionnels.

Parmi ces associations figurent l’Association pour la réinsertion de famille en grande précarité (ASA) ainsi que Zanaka qui est le parrain de la coopérative « Talentan’ny sembana » qui ont toutes les deux leur siège à Andrainarivo. Celles-ci s’activent dans la réinsertion  des personnes en situation de handicap et des sans abri dans le milieu professionnel du travail en leur offrant des formations dans plusieurs métiers de l’artisanat.

Deux centres de formation

 L’ASA existe depuis maintenant treize ans et appuie les nécessiteux. « Nous avons plusieurs activités dans notre association notamment l’aide aux plus démunis à travers des donations de matériels agricoles pour qu’ils puissent cultiver en  milieu campagnal. Mais aussi, nous disposons d’un Centre de formation en artisanat, le CFA, où nous donnons des formations aux jeunes et moins jeunes pendant un an », explique Rabiasoa Sarah, chef de projet de l’association ASA. En effet, ces jeunes pris en charge au sein du CFA de l’ASA sont généralement issus de milieux défavorisés qui n’ont pas les moyens de poursuivre leurs études mais qui cherchent à se professionnaliser dans des domaines spécifiques comme les métiers de l’artisanat.

Pour ce qui est de Zanaka, l’association agit pour que les personnes en situation de handicap à Madagascar puissent améliorer leurs conditions de vie et  échapper à la marginalisation. Elle dispose également de son centre de formation depuis 2007 et donne des formations en artisanat pour les personnes handicapées. Seulement, en 2012, des artisans vanniers issus du centre de formation se sont  regroupés en coopérative d’où la naissance de « Talentan’ny Sembana ». Cette initiative leur permet de travailler dans des conditions adaptées à leur handicap, de valoriser un artisanat de qualité à un prix juste et de s’assurer un emploi régulier.

 Projet en commun

Depuis l’année dernière, les deux centres de formation à l’instar du CFA et la coopérative « Talentan’ny Sembana » ont uni leur force toujours dans la promotion de l’artisanat et du travail de ces personnes défavorisées et en situation de handicap. Ceci à travers un projet intitulé « Mi-art-dia » ou Miara-dia en langue d’Andrianampoinimerina signifiant « Main dans la main » qui consiste à l’ouverture d’un magasin de vente des produits de ces deux ateliers. « En effet, ce projet appuyé par l’Ambassade de France nous permet de développer la commercialisation de ces produits en local. Les produits variés des deux centres de formation sont vendus au magasin se situant à droite sur la route du Mausolée national, après le Foyer de Vie Andrainarivo », confie Raharimbola Elia de Talentan’ny Sembana. Les produits sont effectivement variés et de bonne qualité, c’est en tout cas la première impression au premier coup d’œil. Pour  « Talentan’ny sembana », que des magnifiques œuvres réalisées avec amour par des handicapés comme des fleurs, sacs, corbeilles, nappes de table, dessus de plats et bien d’autres produits à base de raphia et de vrille. Et se spécialise également dans la décoration d’intérieur, l’art de la table et la mode. Cependant, rien n’est figé, la forme et lesdits produits peuvent aussi dépendre de la  demande des clients. Quant au CFA, il dispose d’ateliers se spécialisant, entre autres, dans la broderie, la maroquinerie, la vannerie et corne. Les produits varient selon les ateliers de production. Il y a donc lieu de dire que les créations de ces handicapés et nécessiteux n’ont rien à envier à celles des autres galeries.

Made in Madagascar

Ils sont cependant confrontés à des problèmes. « Etant donné que nous travaillons avec des personnes handicapées, nous avons quelquefois un souci de production. Elles ne peuvent pas travailler comme des ouvriers normaux avec  leur infirmité. Néanmoins, nous tenons toujours à garder les produits de bonne qualité. Aujourd’hui, nous commençons à être connus par le grand public puisque si avant nous n’avions pu participer qu’à des événements comme la célébration de la Journée internationale des personnes handicapées, bazar de Noël ou les foires des lycées français ou écoles américaines, actuellement, nous avons ce magasin où nous exposons et vendons nos produits. Nous voulons quand même inciter les amoureux de bons produits à consommer le Vita Malagasy de bonne qualité et venir visiter Mi-art-dia Andrainarivo. En achetant ces produits, on assure la longévité de la carrière de ces personnes en situation de handicap », conclut Raharimbola Elia.

Tahiana Andrianiaina

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Editorial

  • Maudits délestages !
    Les coupures d’eau et d’électricité reviennent au galop. Supposées être disparues dans les travées de la vie quotidienne des Malagasy, elles réapparaissent. Tel un oiseau de mauvais augure, les coupures intempestives ne présagent, en rien, un avenir meilleur et elles continuent de sévir durement. Décidément, les délestages s’acharnent sur nous, aveuglément et sans distinction, et créent des vagues de révolte. A l’allure où vont les choses, le risque d’explosion sociale est à craindre. Les souvenirs douloureux des périodes sombres du régime HVM hantent les esprits. Les pauvres usagers n’en peuvent plus. On aurait l’impression que le courroux des dieux s’abat sur le pays.

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