Publié dans Culture

Romule Rabarivola - Une légende de la chanson d’antan

Publié le vendredi, 08 septembre 2017

Il était un homme respecté par les artistes de son époque ou encore par ceux de la nouvelle génération qui s’inspirent encore aujourd’hui de ses talents. Lui, c’est Romule Rabarivola, un des piliers du groupe « Kintana Telo ». On se souvient de lui et de sa générosité, un homme aimant le partage et étant sérieux dans la vie quotidienne, surtout dans la musique où il excellait très bien. Outre ses dons en matière de chant, il disposait également le talent de musicien et compositeur. Voilà maintenant 9 ans qu’il est parti rejoindre les firmaments, mais ses œuvres restent toujours dans le cœur des mélomanes, surtout les amateurs de chansons d’antan ou « Kalon’ny fahiny ». D’ailleurs, ses relèves, ou plus précisément ceux qui ont chanté avec lui pendant qu’il était encore parmi nous, continuent de fredonner ses compositions durant différents événements. Il s’agit de « Diarin’ny kintana », une formation ayant collaboré avec Romule et ayant été bercée par lui en personne. Le groupe donnera un concert au Ccesca Antanimena pour lui rendre hommage. Mais avant, rappelons-nous de ce grand artiste. Voici une petite biographie.

Amoureux de la musique
S’il était encore parmi nous, Romule Rabarivola aurait  83 ans car le chanteur est né en 1934. Sa famille témoigne que depuis son enfance, il a été amoureux de la musique. Cette discipline était d’ailleurs omniprésente dans la famille car ses parents étaient eux aussi des mélomanes. « Il était encore enfant quand ses amis et proches ont découvert le talent de Romule. Il avait une voix exceptionnelle qui se démarquait des autres. C’est à cette époque que son enseignant dans l’école des Frères lui a encouragé à se perfectionner dans la musique. Il figurait parmi les jeunes qui savaient lire les notes et les chanter. On lui a même attribué un rôle d’instituteur de musique dans son école », confie Nounou, une collègue et proche ayant travaillé avec lui depuis longtemps.
Cependant, Romule avait fait de cet art une simple passion et un passe-temps avant qu’il fasse connaissance avec Gabhy ou Gabriel Rabehasina. Ayant aperçu son talent, ce dernier lui avait proposé d’enregistrer avec lui à la Radio nationale. Finalement, ils avaient tous les deux intégré le groupe « Kintana Telo ». Durant son parcours artistique, Romule avait également rencontré diverses personnalités qui lui ont beaucoup aidé à se professionnaliser dans le monde musical. Il avait par exemple fait la rencontre de Louis Rasoanaivo. Il s’agissait d’un grand compositeur qui avait aussi marqué les années 60-70 ou encore 80.
Romule avait eu la chance de travailler avec ces genres de personnes, et bien d’autres encore puisqu’il était un nom connu dans la musique. Normal que les demandes de collaboration se sont multipliées. Il a même été coaché vocalement par Ramano et Ossy. « Romule était un homme à part. Son loisir était la couture. Il adorait coudre et était même un professionnel en matière de confection de mode. Il aimait aussi conduire les voitures, plus particulièrement un taxi. Il partageait le volant avec Louis Rasoanaivo… C’est même à cette époque que ce dernier l’a entendu chanter les morceaux de Barijaona et Ossy. Il était tout de suite devenu un grand fan de Romule. C’est en quelque sorte ce qui a marqué le commencement de leur collaboration. En effet, Louis Rasoanaivo a tout de suite proposé à Romule de venir chez lui un samedi, et cela, afin que ce dernier lui chante ses compositions. C’était en 1957, et la chanson la plus célèbre de l’époque était "O ! Raketaka"  », continue notre interlocuteur.
Par ailleurs, beaucoup se souviennent également de l’époque où il faisait encore des sérénades. A l’époque, il usait non seulement de son talent de musicien, mais il jouait aussi de la guitare et interprétait les tubes de Tino Rossi et Ossy. Il portait le surnom de Mily, une dénomination bien connu des gens de l’époque à l’ère des sérénades.
Collaborations
Comme les autres artistes, Romule avait aussi des choses ayant marqué sa vie parmi lesquelles, on peut citer le jour où il était monté pour la première fois sur scène pour affronter le public. « Il nous racontait toujours ce moment auquel il se souvenait très bien. C’était lors d’un concert dans le métro, devenu plus tard le cinéma "Ako". Il racontait qu’il avait la trouille à l’idée de rencontrer du monde pour une grande première. Mais dès que l’assistance avait commencé à applaudir, il était devenu bien à l’aise et s’est relâché tout en chantant. Les inconditionnels étaient aux anges, racontait-il et l’on peut dire que c’est une date que le regretté Romule se souvient le plus », confie encore Nounou. Mais le moment le plus heureux de sa vie était lorsqu’il s’était marié à Thaina Aimée Rajaona en 1963, c’est-à-dire 6 ans après qu’il eût vraiment décidé de se mettre au chant. Ils ont eu 4 enfants, 2 garçons et 2 filles. Ses garçons appelés Ndrema et Mbola seront justement présents durant le concert de ce dimanche.
Par ailleurs, on connaissait aussi Romule comme un grand interprète. Il avait déjà chanté les œuvres de plusieurs compositeurs de renom. On cite entre autres Rolland Raelison, lequel avait demandé à Romule de chanter ses chansons, à l’époque où il n’avait pas encore de groupe. Des noms sont aussi à retenir car ils avaient aussi travaillé main dans la main avec l’artiste comme Ramaroson Wilson, Odeam Rakoto, Fredy Raolifahanana, J.J. Tseheno, André Titys, René Stormy, Tseheno Pauline Rabehasy, Dany Ranoa et bien d’autres encore. Grâce à son talent, Romule avait également réussi à participer à de grands challenges et à remporter des prix comme celui de « Gala de chant » qui était organisé au Gymnase couvert de Mahamasina. Avec ses tubes comme « Naviguer dans tes yeux », « Valse d’amour » ou encore « Handao anao… », Romule était classé artiste numéro 1, soit le numéro 2. Il faut même croire qu’il faisait partie des meilleurs car c’étaient quand même des grosses pointures qui avaient été en compétition avec lui, à savoir le groupe Railovy, Henri Ratsimbazafy, Mr Razafy et encore d’autres.
« Kintana Telo »
Mais comment parler de Romule sans évoquer « Kintana Telo », un trio composé de lui bien sûr, ainsi que de Gabhy et Salomon. Il s’agissait du groupe dont il était membre et pilier de la formation. On se rappelle de leur première apparition en public. C’était en 1980 au cinéma Kanto, l’actuel Ccesca, durant un spectacle organisé par une association familiale baptisée « Ny Mahefa », dirigée par Aubry. « Ny kintana telon’i Madagasikara », tel était l’intitulé du show pendant lequel ils interprétaient les tubes des grands compositeurs de l’époque. Côté instrument, c’était Gérard Rakotoasimbola qui s’en était chargé. A la suite de ce succès, le public avait vu en eux un groupe pouvant jouer en parfait diapason. Ainsi, le trio avait décidé de continuer la route ensemble. C’est ainsi qu’était né le nom de « Kintana Telo ».
En outre, Romule avait aussi beaucoup voyagé. Il avait déjà parcouru la France, la Russie, l’île Maurice, La Réunion, la Corée et la Chine. Cette légende de la musique d’antan, avant de partir pour un monde meilleur, avait déjà reçu des médailles de la part du Gouvernement.
Hommage
Pour lui rendre hommage, la formation « Diarin’ny Kintana », comme il a été déjà dit supra, offrira un grand concert en son honneur le dimanche 10 septembre au Ccesca à partir de 14h 30. Une cinquantaine de chansons de Romule seront interprétées par le groupe, histoire de se remémorer du bon vieux temps. Pour l’occasion, Salomon, le seul vivant du groupe « Kintana Telo » sera invité, ainsi que les deux fils de Romule : Mbola et Ndrema. « "Diarin’ny Kintana" est en réalité une formation se spécialisant dans les chansons d’antan. Nous qui formons l’alliance, sommes des proches de Romule. Nous avons été même pris sous ses ailes pendant un bout de temps. Ce qui explique notre qualité que ce soit en matière de vocal ou de prestation scénique. Pour l’occasion, nous serons composés de Lili, Tantely, Lolona, Franck, Simon, Victor, Fidy, Soanaivo et moi », explique Nounou. La sonorisation et la lumière ne devront pas inquiéter les mélomanes car les organisateurs n’ont pas planifié les choses à moitié. Côté prestation, il faut aussi s’attendre à un grand spectacle. Ce sera un festival des bruits et des couleurs.  Les artistes se vêtiront comme à l’accoutumée, notamment en chic et classe, nœuds et costards pour les hommes et robes pour les femmes. La scène sera aménagée pour refléter une image bien nostalgique pour se remémorer du bon vieux temps.
Tahiana Andrianiaina

1 Commentaire

  • Posté par Richardmah
    dimanche, 10 septembre 2017

    help for cocaine addiction
    alcohol rehab facilities
    cocaine addiction symptoms withdrawal
    rehab addict
    marijuana rehab

    Rapporter

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Fil infos

  • Séjour irrégulier à Madagascar - L'Etat joue avec le feu
  • Ambanja - Recrudescence de vol de vanille immature
  • Affaire « Villa Elisabeth » - Plusieurs individus auditionnés par le Bianco
  • Salon international de l'habitat - Evolution du professionnalisme des acteurs de la construction
  • Antsakabary - L'exaction policière filmée
  • Coliseum Antsonjombe - La Première dame snobe les collégiens
  • Commune urbaine d’Antananarivo - Vivement le contrôle du Bianco et de l’Ige, selon le deuxième adjoint au maire
  • Etablissements scolaires publics - Rajaonarimampianina infantilise le peuple
  • Analamahitsy - Tentative d'assassinat sur un ressortissant français
  • Avant -projet de Code électoral - Des partis politiques maintiennent leur pression sur le gouvernement

La Une

Editorial

  • Et ça continue !
    La série noire continue ! Elle s'aggrave même ! Antananarivo rejoint le triste record des violences, à mains armées, de certaines villes latino-américaines. Kidnappings, rapts et règlements de compte entre factions rivales font, ces derniers temps, le quotidien de la Capitale.Madagascar, une plaque tournante des trafics dans l'océan Indien et un passage obligé des grands circuits internationaux, risquerait fort d'être transformé en champ de bataille où les luttes, sans merci, d'influences entre les grandes puissances feraient rage.

A bout portant

AutoDiff